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«Barbie Stasi», la poupée qui espionne les enfants (mais son vrai nom est «Hello Barbie»)

Temps de lecture : 2 min

«Barbie Stasi»: c'est ainsi que la presse allemande surnomme la nouvelle création de Mattel, qui porte en réalité le nom bien neutre de Hello Barbie. Cette poupée capable de dialoguer avec les enfants, grâce à un logiciel de reconnaissance vocale comparable à Siri, l'assistant vocal développé par Apple pour ses smartphones, devrait être commercialisée avant la fin de l'année, mais seulement aux Etats-Unis, d'après la version allemande du Huffington Post. La poupée aux proportions irréelles honnie par les féministes «ne menace cette fois-ci pas l'image de soi mais la sphère privée des enfants», écrit l'hebdomadaire Stern:

«Pour que cela fonctionne, elle enregistre en permanence l'ensemble des sons émis dans son environnement. S'il elle reconnaît que quelqu'un est en train de parler, la poupée enregistre ce qui est dit et le transmet à un serveur Mattel. La langue est analysée là-bas et une réponse adéquate est générée.»

Pire, les centres d'intérêts des enfants devraient également être analysés par la poupée, poursuit l'hebdomadaire:

«Comme si l'idée d'une Barbie IM [abréviation de Inoffizieller Mitarbeiter, c'est-à-dire collaborateurs officieux, nom donné autrefois par la Stasi à ses indicateurs] n'était pas suffisamment inquiétante, Mattel veut également enregistrer les goûts des enfants. Cela sert soi-disant à donner des réponses adéquates. On imagine aisément la valeur que représente pour un fabricant de jouets une base de données utilisable qui recense les goûts des enfants. Peut-être que ce n'est qu'une question de temps pour que Hello Barbie ne commence à demander un cheval ou une voiture.»

Avec cette poupée connectée, Mattel espère reconquérir les chambres d'enfants, car les ventes de poupées Barbie sont en baisse depuis plusieurs années, face à la concurrence d'autres poupées comme les Monster High et les Bratz, moins lisses, certes, avec leurs looks trash et leur dégaine street, mais tout aussi maigrichones et hyperféminines que leur aïeule blonde au sourire figé. L'influence négative de ces poupées sur les petites filles est de plus en plus pointée du doigt, comme en témoigne le flot de critiques qui a accompagné la sortie de Barbie ingénieure informatique en 2014 ou le tumblr d'une Australienne qui «démaquille» et désexualise ainsi les poupées Bratz, dont l'action a suscité l'enthousiasme de nombreux parents.

Il existe même désormais des alternatives à ces poupées, qui sont souvent le fait d'initiatives individuelles, telles la «Barbie normale» ou plus récemment les «Barbie acné» et «Barbie cellulite».

Slate.fr

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