Allemagne

Pour de nombreux Allemands de l'Est, la Réunification a été un «traumatisme»

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. REUTERS/Fabrizio Bensch

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. REUTERS/Fabrizio Bensch

Vingt-cinq ans après la Réunification, les deux moitiés de l'Allemagne ne sont toujours pas recollées, si on les compare au prisme de divers indicateurs économiques. Mais la majorité des Allemands, qu'ils vivent dans les Länder de l'Ouest ou de l'Est, voient l'unité allemande de manière positive. D'après une étude commandée par le gouvernement allemand, intitulée «Sommes-nous un peuple?» et dont les résultats ont été rendus publics en ce mois de février, quatre Allemands sur cinq estiment aujourd'hui que la Réunification a été profitable à l'ensemble du pays.

Les Allemands de l'Est sont les plus enthousiastes, fait remarquer le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, qui titre «Unis mais pas d'accord»: 77% des Allemands de l'Est estiment que la Réunification leur a été profitable, alors que les Allemands de l'Ouest sont seulement 62% à penser en avoir eux aussi profité. Ces derniers sont 79% à penser que les Länder de l'Est en sont les grands gagnants. «C'est surtout à l'Ouest qu'il semble y avoir une certaine frustration», commente le quotidien.

Les premières années de la Réunification ont pourtant été vécues comme un traumatisme à l'Est et ont fait de nombreux perdants, fait remarquer le quotidien de gauche Die Tageszeitung, se référant aux propos tenus par Iris Gleicke (SPD), déléguée du gouvernement allemand chargée des nouveaux Länder fédéraux, dans une interview à l'agence de presse allemande DPA à l'occasion de la publication de l'étude. Interview que l'on peut consulter sur le site officiel de la déléguée, dans laquelle elle tire un bilan très négatif de l'action de la Treuhandanstalt, l'organisme qui a été chargé de privatiser les entreprises de la RDA à la Réunification. Au lieu d'aider les entreprises est-allemandes à devenir compétitives et de sauver ainsi des postes et d'en créer d'autres, celle-ci «a nettoyé le marché», estime Iris Gleicke:

«La Treuhand a occasionné des expériences traumatiques chez de nombreux, si ce n'est pas chez la plupart des Allemands de l'Est. Elle est considérée à l'Est non pas comme le symbole d'une économie de marché sociale fonctionnant bien, mais comme le symbole d'un capitalisme brutal, désordonné, associé à la désindustrialisation et au chômage massif. Tout cela a durement ébranlé la confiance en le nouvel Etat et conduit à une déception incroyable, dont nous continuons à percevoir les séquelles.»

Une déception palpable dans l'étude: si 82% des Allemands de l'Est et 90% des Allemands de l'Ouest interrogés estiment aujourd'hui que la démocratie est «le meilleur régime politique», seule la moitié des premiers déclare «se sentir chez soi sur un plan politique» en Allemagne, contre les trois-quarts chez les seconds.

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