Culture

J’ai vu les 60 films nommés aux Oscars 2015

Joe Reid, traduit par Bérengère Viennot, mis à jour le 22.02.2015 à 15 h 49

Et je les ai classés pour vous.

Des chocolats en forme d'Oscar, le 21 février 2013, en Californie. REUTERS/Mario Anzuoni

Des chocolats en forme d'Oscar, le 21 février 2013, en Californie. REUTERS/Mario Anzuoni

Vous vous souvenez du moment dans Interstellar (cinq nominations aux Oscars, mais pas dans la catégorie Meilleur film) lorsque Matthew McConaughey, Anne Hathaway et le fidèle robot CASE partent pour la planète à la grosse vague, et qu’ils laissent David Gyasi à bord du vaisseau pour plus de 20 années de solitude avec juste un petit coup de main de la relativité? Lorsqu’ils reviennent et que sa barbe a vaguement grisonné, ils lui demandent ce qu’il a fait pendant tout ce temps, et entre autres recherches spécifiques il leur dit en gros qu’il a beaucoup lu. Quand j’ai vu ça je me suis dit Mais quel crétinpourquoi n’a-t-il pas regardé des films?

J’aime regarder des films. J’aime parler des films que j’ai vus. Quand des gens parlent de films que je n’ai pas vus, je deviens jaloux. Alors je regarde beaucoup de films, je fais des listes de films plus anciens qu’il faut que je regarde, et je fais des projets. Les nominations pour les Oscars du cinéma permettent d’échafauder des projets géniaux, que beaucoup de gens entreprennent. Les amateurs essaient de voir tous les films nommés dans la catégorie Meilleur film. Certains visent plus haut et tentent de regarder tous ceux qui relèvent de la catégorie Meilleur acteur. Il y a deux ans, j’ai pris une décision encore plus noble, encore plus chimérique: j’allais regarder tous les films nommés. Les documentaires, les courts métrages, les films étrangers, l’atroce film d’action nommé dans la catégorie Meilleur mixage de son. Tout.

Comment j’y suis arrivé? Le fait de vivre à New York (et à l’ère d’Internet) (et d’avoir accès à des agents qui envoient parfois des screeners, juste pour être honnête car ces privilèges des screeners existent vraiment) m’a offert des possibilités que je n’avais jamais eues auparavant. Mais cela n’en reste pas moins compliqué. Un rapide calcul le jour de l’annonce des nominations des Oscars a révélé que, alors que j’avais passé mon année à assister aux avant-premières et à un grand festival de cinéma, il me restait neuf films et 14 des 15 courts métrages nommés à voir. Ce jour-là, en sortant du travail, j’ai acheté une place pour Le Hobbit: la bataille des cinq armées, parce que si je ne le faisais pas ce jour-là, alors je ne le ferais peut-être jamais.

J’ai beau me plaindre des bulldozers dans le genre du Hobbit, je continue d’essayer de voir tous les films nommés parce que c’est terriblement bon pour ce que j’ai. Cela me rappelle que même si nous râlons (et je ne m’en prive pas) en apprenant qui est nommé et qui ne l’est pas, surtout dans les grandes catégories, quand on regarde la nomenclature des Oscars comme une simple liste de films—sans prendre en compte les catégories ou le nombre de nominations—on constate que c’est un échantillon plutôt intéressant de l’année cinématographique écoulée. Il n’y a toujours pas assez de films indépendants ou de films américains par (et sur) des gens de couleur, mais cet assortiment de films étrangers, de documentaires, de courts métrages, de blockbusters nommés dans les catégories techniques—tout cela forme un mélange plutôt intéressant, pour le meilleur et pour le pire.

Et regarder les 60 films nommés aux Oscars cette année m’a rappelé que l’intérêt de la chose ne se limite tellement pas aux œuvres nommées dans la catégorie Meilleur film. Les films plus risqués, plus audacieux, plus singuliers n’arrivent généralement à grappiller qu’une ou deux nominations. Cela m’a donné envie de lire un classement de tous les films nommés, rédigé par un spectateur intrépide qui les aurait tous vus. Alors le voici.

60. Le Hobbit: la bataille des cinq armées. Voici, dans l’ordre, le total des nominations des cinq précédentes adaptations par Peter Jackson de l’œuvre de J.R.R. Tolkien: treize, six, onze, trois et trois. Et tout cela s’achève par une triste nomination pour celle qui est sans conteste la pire des six. Par Elbereth et Luthien la Belle, qu’on en finisse une bonne fois. 

Nomination: Meilleur montage de son

59. Le jugeParce que les catégories permettent au jury de distinguer leur amour des acteurs des films qu’ils représentent, de vrais déchets peuvent aisément s’insinuer dans les rangs des films nommés aux Oscars. Par exemple, vous le croyez, vous, que grâce à Stanley Tucci Lovely Bones a été nommé? Ou Patricia Clarkson pour Pieces of April? Ou Bette Midler pour For the Boys? (Qu’est-ce que je raconte? Evidemment vous vous souvenez de For the Boys). Quoi qu’il en soit, c’est sûrement ce qu’il s’est passé ici avec la nomination du tant aimé Robert Duvall dans le vraiment atroce film Le juge

Nomination: Meilleur second rôle

58. Maléfique: Il y a peut-être des choses à dire sur le sexisme inhérent à une reconnaissance cantonnée aux jolis costumes plutôt que, par exemple, aux effets spéciaux, d’un blockbuster tournant entièrement autour des femmes. Il serait plus facile de se ranger du côté de Maléfique pour défendre un tel argument si ce film n’était pas une bouse totalement incohérente. 

Nomination: meilleure création de costumes

57. Invincible: Ce n’est pas parce que j’en veux à Angelina Jolie! Promis! Mais Invincible est un incontestable ratage, quel que soit l’angle sous lequel on l’envisage. Bien sûr, parfois lorsque d’incontestables ratages sont aussi de solides succès au box office produits par de grands studios et affichant des grandes séquences de batailles, ils ont droit à quelques lots de consolation. 

Nominations: Meilleure photographie, Meilleur mixage de son, Meilleur montage de son

56. American SniperEt nous voilà arrivés à notre candidat le moins bien classé de la catégorie Meilleur film. Il est assez tentant d’attribuer l’impressionnante présence d’American Sniper sur les listes des Oscars à son phénoménal succès dans les salles, mais la vérité est que ses six nominations datent d’avant son explosion dans les cinémas. Non, le plus probable c’est que le jury des Oscars n’arrive pas à lâcher Clint Eastwood. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur acteur, Meilleur scénario adapté, Meilleur montage, Meilleur mixage de son, Meilleur montage de son

55. Whiplash: Malgré ma piètre opinion du film en lui-même, je pense vraiment qu’il mérite une bonne moitié de ses nominations, tout particulièrement pour son montage dynamique et la prestation de J.K. Simmons, deux performances si spectaculaires qu’elles en escamotent presque une histoire pompeuse et grotesque. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur second rôle, Meilleur scénario adapté, Meilleur montage, Meilleur mixage de son

54. Foxcatcher: Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’une prothèse faciale. Ni celui de Bennett Miller, le nouveau Stephen Daldry de Hollywood. 

Nominations: Meilleur réalisateur, Meilleur acteur, Meilleur second rôle, Meilleur scénario original, Meilleurs maquillages et coiffures

53. Une merveilleuse histoire du tempsParfois je trouve que les Oscars sont injustement traités: les spectateurs se plaignent qu’ils récompensent des biographies empesées, des tragédies en costume et des films sur des sujets «importants» à l’exclusion de tous les autres. Mais est-ce que ces dernières années, avec leurs Django Unchained; leurs Black Swan et autres Toy Story ne suffisent pas à accorder aux membres du jury le mérite d’avoir élargi leur horizon, ne serait-ce que d’un cheveu? Et vlan, voilà qu’ils nominent un film comme Une merveilleuse histoire du temps..

Nominations: Meilleur film, Meilleur acteur, Meilleure actrice, Meilleur scénario adapté, Meilleure musique de film

52. Imitation GamePendant un moment, il y a vraiment eu des gens pour croire que Harvey Weinstein allait réussir à hisser ce film au rang des gagnants dans la catégorie Meilleur film, grâce à son mélange habituel de culot et de marketing au bulldozer. On lui souhaite meilleure chance (avec un meilleur film?) l’année prochaine. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur, Meilleur second rôle féminin, Meilleur scénario adapté, Meilleur montage, Meilleurs décors, Meilleure musique de film

51. The Reaper (La Parka): Les spectateurs peuvent généralement réduire chaque candidat de la catégorie Meilleur court métrage documentaire à un seul sujet. Dans ce cas, il s’agit de l’abattage du bétail, que le film nous montre de façon si détaillé qu’elle en est agressive. Vraiment écœurant. Et c’est fait exprès en plus. Nomination: Meilleur court métrage documentaire

50. White Earth: Si vous voulez vous ôter de la tête que les courts-métrages documentaires nommés aux Oscars sont tous des visions tristes de vies sordides racontées à travers un prisme de persévérance douce-amère, White Earth n’est probablement pas celui qu’il vous faut. Nomination: Meilleur court métrage documentaire

49. AyaUne confusion d’identité à l’aéroport va rapprocher un homme et une femme le temps d’un sombre trajet en voiture vers Tel Aviv, en Israël. Le charme de nombreux courts métrages est leur imprévisibilité, ce qui signifie que je n’ai pas arrêté d’attendre que ce film devienne plus noir, ou plus étrange. Mais non, rien. 

Nomination: Meilleur court métrage de fiction

48. Inherent ViceL’adaptation hallucinée, folle et complaisante par Paul Thomas Anderson du roman de Thomas Pynchon se serait sûrement écroulée entre les mains d’un autre réalisateur. Parfois elle s’écroule un peu dans les siennes. Mais quand Anderson écrit un scénario, il est souvent nommé aux Oscars: c’est la quatrième fois en sept films. 

Nominations: Meilleur scénario adapté, Meilleure création de costumes

47. Le sel de la terreUne belle mais superficielle exploration de la vie et de l’œuvre du photographe Sebastião Salgado par le réalisateur Wim Wenders. Jamais dans toute sa carrière ce dernier n’a eu peur d’avoir l’air prétentieux. Là il prend le risque! 

Nomination: Meilleur film documentaire

46. ParvanehL’histoire d’une jeune afghane réfugiée en Suisse. Un film charmant et généreux sans grand impact comparé à ses concurrents. 

Nomination: Meilleur court métrage de fiction

45. Le festin: Vous avez peut-être déjà vu ce court-métrage d’animation sur un adorable chiot et son appétit exigeant si vous êtes allé voir Les nouveaux héros au cinéma. Il correspond tout à fait aux courts métrages d’animation récents produits par Disney: charmant, muet, drôle mais principalement réconfortant. La magnifique animation réchauffe le cœur, comme dans les longs auxquels nous sommes accoutumés. Il n’est juste pas très aventureux. 

Nomination: Meilleur court métrage d’animation

44. Glen Campbell: I’ll Be MeAprès la grosse surprise de l’année dernière dans la catégorie Meilleure chanson avec Alone Yet Not Alone (finalement disqualifiée pour raisons d’entourloupes pendant la campagne), les spectateurs de la cérémonie des Oscars étaient prêts pour une nouvelle sélection venue d’ailleurs. Cette fois elle est issue d’un tout petit documentaire sur la légende de la country Campbell et son diagnostic d’Alzheimer. 

Nomination: Meilleure chanson originale

43. Night callTout comme avec Inside Llewyn Davis l’année dernière, les critiques se sont auto-convaincues que Night call moissonnerait une foule de nominations—alors qu’au final il n’en avait récolté qu’une poignée. Il a peut-être frôlé la nomination dans les catégories comme Meilleur film et Meilleur acteur. Ou peut-être que le jury n’a pas été sensible à son esthétique à la truelle et aux observations d’une folle originalité selon lesquelles les médias son fous et dépravés. 

Nomination: Meilleur scénario original

42. A Single Life: L’élasticité des styles que l’on retrouve chaque année dans les courts métrages d’animation en fait l’une des mes catégories préférées. A Single Life, vous raconte la charmante petite histoire d’une femme qui découvre qu’elle peut faire avancer ou reculer sa vie en même temps que le saphir d’un tourne-disque. Le film dans son intégralité dure deux minutes et demie. 

Nomination: Meilleur court métrage d’animation

41. Into the Woods, promenons-nous dans les bois: L’adaptation par Rob Marshall de la comédie de Sondheim procure beaucoup de bonheur et autant de déception. A en juger par le passif de Marshall aux Oscars il est mieux que le soporifique Nine mais pas aussi bien que l’énorme Chicago, Oscar du Meilleur film. Disons entre les deux, tendance basse. 

Nominations: Meilleur second rôle féminin, Meilleurs décors, Meilleure création de costumes

40. La planète des singes: l'affrontementLe filon des Meilleurs effets visuels de films d’Andy Serkis affichant les effets exagérés de la capture de mouvement—deux Seigneurs des anneaux, plus King Kong—s’est tari brutalement lorsqu’Hugo Cabret a battu La planète des singes: les origines. En attendant que l’académie des Oscar trouve le moyen de classer les performances de capture de mouvement dans la catégorie des acteurs, il semble juste de récompenser un travail de grande qualité comme celui de Serkis dans L’affrontement par un Oscar des meilleurs effets visuels. 

Nomination: Meilleurs effets visuels

39. X-Men: Days of Future Past: Saviez-vous que c’est le premier film de X-Men à être nommé aux Oscars? Est-ce que cela ne semble pas un peu cinglé quand on y pense? Pas de nomination maquillage pour la peinture corporelle bleue de Mystique. Pas de félicitations pour les effets visuels lorsque Magneto déplace le Golden Gate. Pas de nomination dans la catégorie Meilleur film pour X-Men 2 (si, il le méritait). J’imagine qu’il ne manquait qu’Evan Peters courant dans un laboratoire en écoutant Jim Croce pour capter l’attention du jury. 

Nomination: Meilleurs effets visuels

38. Le conte de la princesse KaguyaD’habitude, la catégorie film d’animation réserve une place à Pixar, une autre à Disney et une dernière à Dreamworks. On dirait que le Studio Ghibli y ait droit désormais depuis qu’il a réussi à choper des nominations pour Le vent se lève et Le château ambulant, sans oublier un Oscar pour Le voyage de Chihiro. Le premier film d’Isao Takahata depuis 14 ans est indéniablement beau, comme une aquarelle animée, mais au risque d’être taxé d’hérésie....il se traîne un peu. 

Nomination: Meilleur film d’animation

37. Crisis Hotline: Veterans Press 1: Pour une année où une poignée de courts métrages documentaires ne se conforment pas à la tradition, Crisis Hotline ne sort pas des sentiers battus. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas bon. Il raconte, avec sensibilité et une vraie curiosité pour le travail de ses protagonistes, une journée dans la vie de la seule hotline américaine de prévention des suicides destinée aux vétérans de l’armée. 

Nomination: Meilleur court métrage documentaire

36. The Phone CallDe temps en temps on a un court métrage avec de vrais morceaux de vedette dedans. C’est le cas ici avec Sally Hawkins, déjà nommée aux Oscars, et la voix de l’oscarisé Jim Broadbent, les deux prêtant leur talent à cette histoire de femme qui travaille pour un centre d’appel SOS détresse et reçoit un coup de fil vraiment perturbant. La présence d’une actrice aussi familière que Sally Hawkins est un énorme plus pour un film qui n’est finalement qu’une seule longue conversation téléphonique, même si le recours à un «grand nom» peut parfois passer pour un avantage injuste vis à vis des autres courts métrages. 

Nomination: Meilleur court métrage de fiction

35. Les nouveaux sauvagesSi Les nouveaux sauvages avait été un film anglophone, il n’aurait jamais eu la moindre chance d’être nommé aux Oscars. Cette série de portraits—la plupart teintés d’humour noir, la plupart tournant autour du thème de la vengeance—est du sous-Tarantino et aurait sûrement été expédié dans la catégorie film sympa et rien de plus. Mais dans une compétition pour le Meilleur film en langue étrangère où tant de candidats sont solennels, sérieux et lents, Les nouveaux sauvages offre un changement de rythme des plus rafraîchissants. 

Nomination: Meilleur film en langue étrangère

34. The Dam KeeperLe plus pictural de tous les films d’animation de cette année suit un adorable porcelet protecteur de son village. Excepté la narration du début, il n’y a aucun dialogue, ce qui donne à ce petit conte mélancolique une touche d’émotion supplémentaire. J’ai peut-être trop vu de ces courts métrage d’animation un peu tristes et un peu jolis, mais mon enthousiasme n’a pas montré le bout de son groin. 

Nomination: Meilleur court métrage d’animation

33. TangerinesLa nomination estonienne dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère, même si le film se déroule en Géorgie, où, nous dit-on, des Estoniens émigrèrent autrefois avant de revenir dans leur pays natal lorsque des conflits armés se mirent à ébranler les anciennes républiques soviétiques. Tangerines est un intéressant mélange de nouvelles tendances (vers des films plus durs et plus sombres) et d’anciennes (il se drape dans une fin poétique peut-être un tout petit peu téléphonée) dans la catégorie films étrangers. 

Nomination: Meilleur film en langue étrangère

32. Butter Lamp (la lampe au beurre de yack)Il faut un petit moment pour s’habituer à ce qui se passe dans Butter Lamp, qui montre un photographe organisant des photos de groupe de Tibétains devant diverses toiles de fond. L’émotion, l’humour et le sérieux des décors (la Grande muraille, Disney World) contribuent à en faire davantage un projet d’art conceptuel, qui évoque le bien plus lourd L’image manquante nommé dans la catégorie film en langue étrangère l’année dernière. 

Nomination: Meilleur court métrage de fiction

31. The Grand Budapest HotelEn tant que fan de toujours de Wes Anderson, sans parler de fan de toujours des Oscars, je suis perplexe en constatant que son plus grand succès aux Oscars de très loin lui vient de son film que j’aime le moins. Et ce n’est pas que le talent dont il fait preuve m’échappe; la direction artistique et le récit en poupées russes du film dépeignent magnifiquement un monde d’antan qui n’existe plus et qui n’a probablement jamais existé tel que nous l’imaginons. Mais les dialogues font débraillé, à mes yeux le ton est trop méchant pour un film de Wes Anderson et la distribution, pour la première fois (et ce n’est pas peu dire), donne une impression de complaisance. Etre le seul à penser cela me va très bien, et la vision de Wes Anderson tenant un Oscar me réchauffera le cœur; je me contenterai d’imaginer que c’est pour La famille Tenenbaum à la place. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure photographie, Meilleurs décors, Meilleure création de costumes, Meilleure musique de film, Meilleurs maquillages et coiffures

30. Beyond the Lights: Autre film dont j’applaudis le succès tout en souhaitant avoir été capable de mieux y rentrer. J’ai tout aimé dans la performance de Gugu Mbatha-Raw en pop-star Rihanna-esque essayant de survivre aux pièges de sa célébrité; j’ai adoré Minnie Driver en mère de star; j’ai été terriblement impressionné par l’attention portée aux détails. Certes, l’histoire d’amour au centre du film est plus maladroite qu’elle ne l’aurait dû, et s’appuie lourdement sur l’alchimie entre Gugu Mbatha-Raw et Nate Parker pour compenser quelques dialogues embarrassants et des intrigues secondaires peu judicieuses sur la politique locale. Mais j’aurais vraiment voulu que ce film attire l’énorme public qu’il mérite, parce que des films comme ça et des cinéastes comme Gina Prince-Bythewood sont essentiels. 

Nomination: Meilleure chanson originale

29. LéviathanLe plus impressionnant ici c’est qu’un film critiquant autant l’establishment russe—la manière dont la corruption gouvernementale dégouline et détruit la vie de familles bien et ordinaires—ait été sélectionné pour représenter officiellement la Russie aux Oscars. Le film en lui-même fait certainement grosse impression avec sa métaphore du squelette de baleine qui illustre comment la contamination croisée du gouvernement et des affaires engendre un monstre trop grand pour qu’on puisse s’y colleter. Je suis assez certain d’avoir tout compris. 

Nomination: Meilleur film en langue étrangère

28. Boogaloo and GrahamJ’éprouve une espèce de timidité coupable lorsque je me surprends à aimer un film où l’on voit des gamins mignons. Comme à l’instant, alors que je viens de me laisser avoir par le thème simplissime de la confiance. Boogaloo raconte la jolie histoire de deux frères d’Irlande du Nord à qui leur père offre deux poulets à élever. Des mômes mignons et des poulets et j’ai quand même aimé! Et oui, j’aimerais vraiment deviner où est l’as de pique. 

Nomination: Meilleur court métrage de fiction

27. Le chant de la mer: En 2009, tout le monde a été choqué par la nomination de Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore, mais après quelques années d’Une vie de chat, Ernest et Célestine et autres Chico & Rita, on s’attend à ce qu’un ou deux films d’animation pas forcément grand public soient nommés. Le chant de la mer est assez charmant dans le genre. 

Nomination: Meilleur film d’animation

26. Les gardiens de la galaxieL’été dernier, lorsque ce film explosait le box office et envoyait le public voltiger au paradis sur des petites feuilles de Groot, il était beaucoup question que les Gardiens finisse parmi les nommés dans la catégorie Meilleur film, et de ce que cela voudrait dire pour Hollywood et le système des récompenses si ce n’était pas le cas. Heureusement, comme tous les grands débats autour du thème le blockbuster de l’été va-t-il recevoir un Oscar, celui-là est mort avec le mois d’août. Cette charmante aventure fofolle et légère ne tiendrait pas si bien la route face à l’examen minutieux qu’engendrerait la plus grande des nominations. Mais d’un autre côté, regardez tous ces candidats à l’Oscar du Meilleur film loiiiiiiiiiin derrière les Gardiens sur cette liste. 

Nominations: Meilleurs effets visuels, Meilleurs maquillages et coiffures

25. Deux jours, une nuitJean-Pierre et Luc Dardenne n’ont jamais été nommés pour un Oscar du Meilleur film étranger. Pas même cette année. Mais grâce à une très intelligente non-campagne (chaque fois que Marion Cotillard ne venait pas à une avant-première, il y a toujours eu un critique pour écrire qu’il était honteux qu’elle soit ainsi ignorée), leur film a réussi à décrocher une mention dans une des quatre grandes catégories. Ce n’est pas mal du tout. Espérons que cela poussera davantage de gens à aller voir ce film à la fois tranquille et puissant sur une femme qui fait du porte à porte dans sa ville pour essayer de sauver son emploi. 

Nomination: Meilleure actrice

24. VirungaCe film mêlant deux sortes de documentaires militants est à la fois un plaidoyer pour appeler à la sauvegarde de la réserve abritant les derniers gorilles de montagne du monde et un exposé sur les conflits militaires en République démocratique du Congo. Le fait qu’aucune de ces deux histoires ne nous prenne pour ce que nous ne sommes pas, et que leur association ne soit pas discordante est à mettre au crédit du réalisateur Orlando von Einsiedel. 

Nomination: Meilleur film documentaire

23. Our CurseJ’adorerais être capable de parler en détail de ce film court, aperçu d’un couple de jeunes parents dont l’enfant est atteint d’une maladie rare et qui doit être branché sur respirateur toutes les nuits pour ne pas qu’il arrête de respirer et meure, mais si j’y pense trop longtemps je vais me remettre à sangloter. Le misérabilisme des courts métrages documentaires est souvent en butte aux moqueries; certaines années la liste semble se résumer à «cancer, Holocauste, suicide, euthanasie et encore un petit Holocauste pour la route.» Les nommés de cette année pourraient sans nul doute remplir le même genre de liste. Mais ce film crève-cœur rappelle que réduire ces films à leur sujet est un excellent moyen de rater un moment de cinéma aussi intime que désarmant. 

Nomination: Meilleur court métrage documentaire 

22. IdaIl arrive souvent qu’un film étranger ait tellement de succès qu’il réussisse à glaner des retombées dans d’autres catégories. Et si la photographie noir et blanc d’Ida est pleine de charme, j’aurais aimé que ce film marche sur les traces d’Amour et moissonne une nomination dans la catégorie Meilleure actrice pour ses deux principales actrices, Agata Kulesza et Agata Trzebuchowska. C’est leur performance—l’une toute en curiosité cachée, l’autre soûlarde, lasse et sage—qui rend ce film si particulier. 

Nominations: Meilleur film en langue étrangère, Meilleure photographie

21. Still AlicePendant toute la saison des récompenses, ce film n’a été traité que comme le véhicule de Julianne Moore. Limousine avec chauffeur. Qui vient la chercher à l’aéroport pour la conduire directement à l’Oscar de la Meilleure actrice qu’elle mérite si pleinement. Dommage que le reste du film n’ait pas récolté quelques miettes d’amour, pour sa façon intelligente et sensible de raconter son histoire, ou pour les excellents seconds rôles de Kristen Stewart et d’Alec Baldwin. Certes, Julianne Moore domine le film, mais il n’en est pas moins fort dommage que l’académie des Oscars n’ait pas réussi à regarder plus loin. 

Nomination: Meilleure actrice

20. Me and My MoultonL’absolument charmant Me and My Moulton, qui parle d’une jeune Norvégienne qui tente de gérer la honte d’avoir des parents non-conformistes, ressemble à un livre d’images animé. La grande variété des styles narratifs et d’animation des cinq nommés de cette catégorie justifie que je ne me plaigne jamais des petites catégories des Oscars auxquelles soi-disant personne ne s’intéresse. Tant que les Oscars continueront d’accorder un minimum d’attention aux courts métrages et que ceux-ci attireront une poignée de spectateurs dans les cinémas qui les projettent pendant le mois des Oscars, alors cela en vaudra la peine. 

Nomination: Meilleur court métrage d’animation

19. Dragons 2: Le premier Dragons était un film merveilleux et remarquable qui aurait décroché l’Oscar du Meilleur film d’animation s’il n’avait pas été en compétition avec Toy Story 3. (Certains d’entre nous sont d’avis qu’il aurait dû gagner quand même). La suite n’est pas aussi magique, mais elle est tout à fait appréciable et parfaitement excitante, et si elle figure parmi les lauréats cette année, ce sera l’un des Oscars de rattrapage les plus mérités depuis longtemps. 

Nomination: Meilleur film d’animation

18. Last Days in VietnamLe plus traditionnel des candidats dans la catégorie documentaires, à la fois en termes de sujet et de structure, n’en est pas moins un film qui fait ouvrir les yeux sur la chute de Saigon et qui ne dévie jamais de sa question centrale: en avons-nous fait suffisamment pour évacuer tout le monde? La tendance semble pencher davantage vers des documentaires moins traditionnels—ce qui explique pourquoi Citizenfour est le nommé de cette année qui a le plus attiré l’attention. Jusqu’à présent, Faites le mur! et Act of Killings sont restés à la porte. Il semble que pour la première année, des documentaires traditionnels comme Last Days ne vont pas réussir à les tenir à distance. 

Nomination: Meilleur film documentaire

17. Gone GirlMais comment diantre Gone Girl a-t-il pu se retrouver avec une seule nomination? Blockbuster légitime, dirigé par un habitué des Oscars, joué par un acteur tellement chéri par l’académie que ses membres en ont passé toute la cérémonie de 2012 à s’excuser de ne l’avoir nommé qu’une fois... Est-ce le côté grand public du matériau original de Gillian Flynn qui a repoussé les membres du jury? Les dissensions du débat «est-ce bon pour les femmes» qu’il a suscité? Honnêtement je ne sais pas ce qui est allé de travers ici. 

Nomination: Meilleure actrice

16. Les nouveaux hérosD’accord, il est prévisible. Mais c’est aussi un des films les plus exubérants, inventifs et profondément sincères de l’année. 

Nomination: Meilleur film d’animation

15. InterstellarLe fait que personne ne proteste contre l’injustice d’avoir laissé Christopher Nolan en dehors des principales catégories laisse penser qu’il est tombé de son piédestal érigé par Dark Knight—ou bien que nous nous sommes tous habitués à ce que les membres du jury des Oscars considèrent ses films comme valant moins que la somme de leurs parties. C’est vraiment dommage—il nous faut des réalisateurs aux ambitions démesurées. 

Nominations: Meilleurs décors, Meilleure musique de film, Meilleurs effets visuels, Meilleur mixage de son, Meilleur montage de son

14. A la recherche de Vivian MaierPour un documentaire sans prétentions sur une mine de photos cachée, œuvre d’une photographe oubliée, ce film est curieusement fascinant. Et loin de trouver ennuyeuse la présence du réalisateur John Maloof dans l’histoire de Maier, j’ai trouvé que cela ajoutait au sentiment que le public prenait une part active dans la découverte de ses secrets. Nous nous retrouvons brusquement complices de l’exposition de l’œuvre d’une artiste, peut-être contre sa volonté. Cela semble osé. 

Nomination: Meilleur film documentaire

13. Capitaine America 2, le soldat de l’hiver: Désolé, je sais que je suis censé considérer les films Marvel comme des illustrations du déclin du cinéma. Mais je n’ai pas envie de diaboliser un film qui se consacre à ce point à apporter une expérience narrative ambitieuse et multicouches au grand public. Les «popcorn blockbusters» sont généralement traités par les Oscars comme des plateformes jetables pour innovations dans le domaine des effets spéciaux; difficile de commencer brusquement à apprécier des mégafilms pour la qualité vivifiante de leurs récits lorsqu’on ne l’a encore jamais fait. Mais je crois que Le soldat de l’hiver le mérite. 

Nomination: Meilleurs effets visuels

12. BirdmanChaque fois que je pense à Birdman, je m’énerve. Je suis agacé par l’auto-agrandissement d’Alejandro González Iñárritu, par ses vagissements opératiques au nom des artistes géniaux harcelés par la critique. Je suis agacé par le fait que Birdman prétende traiter du théâtre alors qu’il ne veut que parler du monde du cinéma. Le sous-titre m’agace aussi. Et je suis agacé à l’idée qu’un film qui ne dit en réalité que la moitié de ce qu’il pense sur l’art puisse tout à fait remporter un Oscar du Meilleur film. Mais dans mon agacement, j’oublie souvent que ce film est éblouissant à vivre et à regarder; que c’est un film d’un humour sombre et saugrenu, deux qualités auxquelles j’attache beaucoup de prix au cinéma et que les membres du jury des Oscar ont tendance à mépriser; qu’il est filmé de façon exquise et joué par un groupe d’acteurs talentueux; que Birdman pourrait inspirer d’autres projets que j’aimerais bien davantage. Je serai quand même agacé s’il gagne l’Oscar du Meilleur film. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur, Meilleur second rôle, Meilleur second rôle féminin, Meilleur scénario original, Meilleure photographie, Meilleur mixage de son, Meilleur montage de son

11. La grande aventure LegoEst-ce qu’on peut commencer à se demander quel genre de problème les animateurs ont avec Phil Lord et Christopher Miller? Non seulement ce fil a été exclu de la catégorie Meilleur film d’animation, mais les films Tempête de boulettes géantes l’avaient été aussi, et ce malgré leur popularité (et leur splendeur). Au moins l’élément exceptionnel du film, la chanson insidieusement accrocheuse «Everything Is Awesome,» a-t-il eu la reconnaissance qu’il mérite. 

Nomination: Meilleure chanson originale

10. TimbuktuCette année mon film préféré en compétition pour l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère vient de Mauritanie, premier candidat du genre dans la catégorie. Voir cette dernière s’élargir et quitter le pré carré de la France, de l’Italie et de la Suède pour couvrir une vision un peu plus complète des films étrangers est encourageant. Timbuktu, qui raconte l’histoire d’une prise de pouvoir des islamistes en Afrique de l'Ouest, ne pourrait être plus fondamental. Le fait qu’il raconte une telle histoire sans extravagance et en se concentrant soigneusement sur ses personnages mérite que l’Oscar lui soit attribué, ce qui n’arrivera probablement pas. 

Nomination: Meilleur film en langue étrangère

9. JoannaDes deux courts métrages documentaires polonais extrêmement dévastateurs sur d’adorables familles pâtissant des caprices fantaisistes d’un Dieu impassible, celui-ci est mon préféré. Joanna est légèrement moins accablant que Our Curse, en partie parce que sa caméra opère plus discrètement que dans aucun autre documentaire que j’aie jamais vu. Aucune prétention de réalisation de film ici, il capture donc des moments spontanés d’une incroyable intimité que vivent ses sujets, une famille aux prises avec un cancer en phase terminale. 

Nomination: Meilleur court métrage documentaire

8. New York MelodySans avoir reçu l’accueil chaleureux de son prédécesseur, la suite de Once, par l’auteur-réalisateur John Carney, est nommée exactement dans la la même catégorie. (La chanson «Lost Stars» ne va probablement pas gagner, contrairement à «Falling Slowly»). J’ai passé une grande partie de ce film à m’émerveiller de ne pas être plus agacé par cette histoire de producteur au tapis (Mark Ruffalo) qui découvre une auteure-compositrice triste (Keira Knightley) dans un bar et décide de produire son disque. Le film tente un difficile numéro d’équilibriste entre sentimentalisme et comment faire de la musique en sortant des sentiers battus, et parvient à trouver au passage une douceur brute. Egalement époustouflant: la chanson nommée est vraiment géniale alors qu’elle est interprétée par Adam Levine. 

Nomination: Meilleure chanson originale

7. The Bigger Picture: Souvent, la catégorie Meilleur court métrage d’animation peut être un genre de salon des techniques d’animation innovantes et non-commerciales. Parfois, les courts métrages peuvent raconter le genre d’histoire qu’on verrait rarement dans des films d’animation. Avec The Bigger Picture, les deux sont vrais: le mélange de peinture et de stop-motion permet à l’histoire d’une mère vieillissante et de ses deux fils adultes de se développer dans la veine impressionniste. A la fois accablante et révolutionnaire, il serait vraiment honteux que cette œuvre ne vaille pas à Daisy Jacobs et Christopher Hees de venir sur scène. 

Nomination: Meilleur court métrage d’animation

6. Mr. Turner: La miraculeuse série Secrets & Lies mise à part, les films de Mike Leigh ne croulent jamais sous les nominations—mais ils figurent presque toujours parmi les meilleurs films quel que soit la promo. Ainsi, sur les talons de Vera Drake, Be happy et Another Year vient Mr. Turner, portrait modeste mais infailliblement beau des dernières années du peintre J.M.W. Turner. Et si ni Mike Leigh ni Timothy Spall, dans le rôle de Turner, n’a été distingué individuellement, l’académie a eu le bon goût de mettre en vedette la superbe et picturale photographie de Dick Pope (maintenant que nous avons tous ri de bon cœur à la gaffe de Cheryl Boone Isaac le matin des nominations [qui a prononcé son nom Dick Poop, soit Dick Caca]) qui constituera l’héritage oscarisé durable du film. 

Nominations: Meilleure photographie, Meilleure musique de film, Meilleure création de costumes, Meilleurs décors

5. Citizenfour: Ce n’est pas simplement la prouesse journalistique d’avoir eu accès à Edward Snowden alors qu’il informait le monde des agissements de la NSA qui rend le film de Laura Poitras si fascinant. L’approche simpliste et sur le terrain de son tournage est parfaitement trouvée, car elle montre comment les choix faits sur le moment—par Snowden, par Glenn Greenwald, par Poitras elle-même—allaient avoir de vastes ramifications. C’est l’histoire en train de se faire, le film le sait—et il est à la hauteur. 

Nomination: Meilleur film documentaire

4. Les Boxtrolls: La raison pour laquelle ce troisième film des studios d’animation Laika (après Coraline et L’étrange pouvoir de Norman) a reçu l’accueil le plus tiède est un mystère. Non seulement il concourt dans la catégorie Meilleur film d’animation, mais s’il n’en tenait qu’à moi je le proposerais aussi pour l’Oscar du Meilleur film tout court. L’animation, mélange de stop-motion traditionnel et de numérique, est fantastiquement espiègle et grotesque. Et l’histoire est à la fois empreinte d’ironie, de sincérité et de délire; le genre de conte de fée dégageant à la fois modernité et sagesse sans jamais céder au racolage. C’est un film charmant, et j’espère que les spectateurs qui l’ont laissé passer lui donneront une deuxième chance. 

Nomination: Meilleur film d’animation

3. Wild: Ne vous inquiétez pas, il n’est pas trop tard pour piquer une colère parce que Wild a été snobé par la catégorie Meilleur film ou par une foule d’autres récompenses qu’il aurait plus que mérité. Il n’est pas difficile de comprendre comment le métarécit autour du film a été réduit à Reese Witherspoon, sa personnalité, son «retour» et à son flair en termes de production. Mais le film est tellement plus que cela, de l’adaptation intelligente des mémoires de Cheryl Strayed par Nick Hornby à l’exigeante photographie, en passant par le montage plein d’intuition et la vision du réalisateur Jean-Marc Vallée. 

Nominations: Meilleure actrice, Meilleur second rôle féminin

2. Boyhood: Un certain fil de critiques reproche à Boyhood de ne pas raconter d’histoire—de n’être qu’une séquence tranquille d’événements auxquels personne n’aurait prêté attention si le tournage n’avait pas eu l’originalité d’avoir duré douze ans. Mais dans Boyhood, la forme influence le fond. Le passage du temps est simplement un élément en plus avec lequel joue Richard Linklater, et il le fait magnifiquement. Si l’académie des Oscars élit Boyhood Meilleur film de l’année, elle prendra une des meilleures décisions de ces derniers temps. 

Nominations: Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur second rôle, Meilleur second rôle féminin, Meilleur scénario original, Meilleur montage

1. Selma: Le film d’Ava DuVernay sur le combat de Martin Luther King pour le Voting Rights Act a été nommé deux fois aux Oscars mais pourrait, et devrait, être nommé pour bien plus. Son approche réfléchie de l’histoire réussit à donner vie à tout un tableau de personnages sans s’appuyer sur les classiques des biopics. Plaignez-vous tant que vous le voulez sur la dilatation de la catégorie Meilleur film, elle a quand même réussi à trouver une place au meilleur film de l’année, et ça c’est quelque chose. 

Nominations: Meilleur film, Meilleure chanson originale

Joe Reid
Joe Reid (1 article)
Auteur
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte