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Finalement, Saddam Hussein avait bien des armes de destruction massive

Temps de lecture : 2 min

Borak rockets US Army
Borak rockets US Army

C’est une idée admise aujourd’hui presque unanimement. L’invasion en mars 2003 de l’Irak par les Etats-Unis s’est faite sous un faux prétexte. Contrairement aux affirmations de l’administration Bush, Saddam Hussein n’avait pas caché des armes de destruction massive et les preuves mises en avant par le gouvernement américain, notamment devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, étaient fabriquées.

Alors bien sûr, quelques munitions chimiques ont bien été découvertes ici où là, mais il s’agissait de petites quantités, anciennes, et pas de stocks dissimulés et prêts à l’usage que Saddam Hussein aurait gardé par tous les moyens.

Un article publié il y a quelques jours par le New York Times et passé presque inaperçu raconte pourtant une toute autre histoire. Après l’invasion de l’Irak, en 2005, la CIA (Agence centrale de renseignement) a acheté auprès d’un intermédiaire non identifié pas moins de 400 têtes de roquettes Borak de 122mm (de type Katioucha) remplies de gaz sarin, un neurotoxique mortel.

«L’analyse des échantillons de sarin de 2005 montre que la pureté du gaz atteignait 13% -plus élevée que le sarin de faible qualité et instable produit en Irak dans les années 1980» a indiqué une source officielle au New York Times. «Les échantillons de sarin retrouvés en 2004 avaient une concentration qui ne dépassait pas 4%. Les nouvelles données ont été une source d’inquiétude. «Les roquettes Borak sont plus dangereuses qu’estimé auparavant», soulignait un rapport interne de la CIA. Il ajoutait une mise en garde: l’utilisation d’une roquette Borak comme bombe improvisé pourrait disperser du gaz sarin.» Et un rapport interne toujours, de 2006 cette fois-ci, faisait était «d’une pureté du sarin allant jusqu’à 25%».

Le sarin est l’un des gaz neurotoxiques les plus dangereux. Une dose comprise entre 1 et 10 millilitre sur la peau peut être fatale.

Le fameux rapport Duelfer qui avait conclu en 2004 que le régime de Saddam ne possédait pas d’armes de destruction massive mais avait l’intention de relancer son programme d’armes chimiques, biologiques et nucléaires après la levée des sanctions internationales ne pouvait faire mention des têtes de roquettes au gaz sarin. Elles ont été récupérées en 2005.

Certains estiment que les roquettes étaient en fait de veilles armes fabriquées avant 1991 et la première guerre du Golfe. Mais ces munitions semblent d’une autre nature. Elles n’étaient pas dispersées ou oubliées dans des dépôts abandonnés. Une seule personne a été capable d’en fournir 400 ce qui prouve qu’elles étaient stockées en connaissance de cause et au même endroit. Enfin, un groupe terroriste islamiste en possession de ces munitions aurait pu faire de considérables dégâts.

Cela ne change rien au fait que l'invasion de l'Irak en 2003 a été à la fois une manipulation et une catastrophe dont on mesure encore aujourd'hui les conséquences. Mais il semble que Saddam Hussein s'était bien gardé quelques armes de destruction massive pour effrayer ces nombreux ennemis.

Slate.fr

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