Économie / France

La France a un sérieux problème de formation de sa population

Temps de lecture : 2 min

Des lycéens à Nantes le 16 juin 2011. REUTERS/Stephane Mahe
Des lycéens à Nantes le 16 juin 2011. REUTERS/Stephane Mahe

Dans sa dernière chronique pour Le Point, l’économiste Patrick Artus revient sur une des raisons des difficultés économiques de la France qui n’est pas souvent mise en avant contrairement au niveau trop élevé de la dépense publique et de la pression fiscale et à la rigidité du marché du travail, c’est la question du manque de qualification de la population dans son ensemble.

«Le problème central… est probablement la faiblesse des compétences de la population active (repérée par l'enquête PIAAC de l'OCDE) qui explique la difficulté qu'ont les entreprises à moderniser leur capital, d'où la faiblesse du niveau de gamme, le faible développement des nouvelles technologies dans les entreprises, le transfert des emplois vers les services peu sophistiqués, la faiblesse des gains de productivité et de la croissance potentielle et le désajustement entre les offres et les demandes d'emploi, la durée élevée du chômage… La réforme la plus importante dans ces pays serait donc celle du système de formation, qui devrait passer avant toutes les autres… », écrit Patrick Artus.

Un constat partagé par Les Echos qui rappellent que 200 000 jeunes quittent l'école en France chaque année sans aucun bagage éducatif (20% d'une classe d'âge) et que selon l’étude PIAAC de l’OCDE sur la compétence des adultes, près de 22% des adultes ont une qualification très insuffisante.

L'enquête PIAAC montre que parmi les 33 pays étudiés les compétences de la population active (compréhension écrite, mathématiques, utilisation des nouvelles technologies) sont plus faibles en France que dans la quasi-totalité des pays comparables du Japon à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Corée, les Pays-Bas, la Belgique… Seule l’Italie a une population active dont les compétences sont inférieures à celle de la France.

Pour Patrick Artus, cela expliquerait la difficulté des «entreprises à moderniser leur capital, puisqu'elles ne trouvent pas une main-d'oeuvre suffisamment qualifiée pour utiliser un capital sophistiqué». Et il prend pour preuve la faiblesse de l'investissement en robots industriels et en nouvelles technologies des entreprises françaises.

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Une autre illustration du manque de qualification de la population active française se trouverait dans «le transfert des emplois vers les services peu sophistiqués (distribution, hôtels-restaurants-loisirs, services à la personne, transports) où le niveau de qualification exigé est en moyenne faible…».

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