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Paris, automobile et pollution, les mesures en trompe l’oeil d’Anne Hidalgo

Des Renault miniatures. REUTERS/Philippe Wojazer

Des Renault miniatures. REUTERS/Philippe Wojazer

Améliorer la qualité de l’air et réduire la pollution à Paris et en région parisienne, notamment aux particules fines, est une nécessité. Pas moins de 194 villes dans neuf pays européens dont Londres, Berlin, Stockholm, Lisbonne, Milan, Amsterdam… ont déjà mis en place des plans pour protéger de la qualité de l’air avec des zones dites à «basses émissions».

La mairie de Paris a donc fait adopter le 9 février un plan de restructuration de circulation automobile. Le problème est qu’il est inefficace et inutile et que c’est une étude réalisée en 2011-2012 par l’Atelier parisien d’urbanisme qui dépend de la Mairie de Paris et de la région et a travaillé avec plusieurs agences spécialisées (Airparif, DRIEA, Stratec ) qui le démontre…

Citée par Le Point, l’étude souligne que «pour être réellement efficace, la mise en place d'une politique antipollution ne produirait d'effet significatif que si elle concernait un large périmètre comprenant Paris et les autres territoires (76 communes) intra-A86». Comme le nuage de Tchernobyl en son temps, les particules fines qui se trouvent dans l’atmosphère à Paris viennent de l’ensemble de la région parisienne et ne s’arrêtent pas au périphérique. Et le problème se situe même avant tout à l’extérieur de Paris puisque seulement 16% des personnes habitant Paris intra muros utilisent leur voiture pour se rendre sur leur lieu de travail contre 43% dans l’ensemble de la région Ile-de-France.

Conclusion: une politique d’amélioration de la qualité de l’air ne peut être efficace que si elle concerne l’ensemble de la région parisienne. Problème, cela nécessiterait une refonte totale du plan de transport dans la région et la mise en place ambitieuse d’équipements et de moyens pour remplacer les automobiles. «Une interdiction [de circulation] portant sur un tel périmètre aurait posé problème en termes d'absorption des flux de voyageurs amenés à se reporter sur les transports en commun» écrit l’Atelier parisien d’urbanisme.

La décision de la Mairie de Paris est donc inutile et elle l’est d’autant plus qu’elle cible l’automobile, pour des raisons assez clairement idéologiques, qui ne représente que 20% des rejets de particules fines contre 80% pour l’industrie, le chauffage urbain et la climatisation.

Plus dérangeant encore, les voitures dites propres, électriques notamment, émettent également des particules fines puisque plus de 40% des particules rejetées par les automobiles proviennent des pneumatiques, des plaquettes de freins et des frottements avec la chaussée . Les véhicules électriques ont des pneus, freinent et roulent sur le bitume…

Enfin, les personnes ayant des véhicules, notamment diesel, trop anciens et polluants et qui devront à l’avenir pour se déplacer à Paris emprunter le RER ou le métro prendront des risques trois à quatre fois plus élevés pour leur santé qu’en étant resté dans leur véhicule. Selon les relevés d'Airparif, le réseau souterrain émet en moyenne trois à quatre fois plus de particules fines que l'anneau routier du périphérique (300 mg/m3 pour les quais du métro et jusqu'à 500 mg/m3 sur les quais du RER, contre 52 mg/m3 aux abords du périphérique).

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