Monde

Je ne suis pas raciste car la mère d'Obama est blanche: la mauvaise réponse de l'ancien maire Rudy Giuliani

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 21.02.2015 à 17 h 49

Repéré sur New York Times, Slate.com

Rudy Giuliani 2012 REUTERS

Rudy Giuliani 2012 REUTERS

Quand un représentant politique est accusé d'avoir tenu des propos racistes, il tente en général de se défendre en évoquant ses amis noirs. En 2012, Nadine Morano avait cité sa copine tchadienne «plus noire qu'une Arabe», ainsi que son amour du couscous. Cette semaine aux Etats-Unis, c'est l'ancien maire de New York Rudy Giuliani qui tente de se dépêtrer d'une situation délicate, et comme c'est souvent le cas, il s'enfonce encore plus à chaque phrase prononcée.

Pendant une réception de levée de fonds pour le potentiel candidat à la présidentielle Scott Walker, Giuliani avait déclaré:

«Je sais que que c'est horrible à dire, mais je ne pense pas que le président aime l'Amérique. Il ne vous aime pas, il ne m'aime pas. Il n'a pas été élevé comme vous et moi dans l'amour de ce pays.»

Pour Ben Mathis-Lilley dans Slate.com, ce genre de phrase fait echos aux accusations selon lesquelles le president americain n'est pas vraiment chrétien, et peut être même pas né aux Etats-Unis. Cette façon de toujours ramener Obama à son statut «d'autre», «pas comme vous et moi» a été considéré comme raciste par certains démocrates.

Dans le New York Times, l'ancien maire républicain a essayé de se défendre de ces accusations, mais au lieu de parler de l'habituel «ami noir», il a parlé de la «mère blanche» du président:

«Certaines personnes ont trouvé ça raciste - ce n'est pas le cas dans la mesure où [Barack Obama] a été élevé par une mère blanche, un grand-père blanc, et qu'il a été dans des écoles blanches.»

Ce que l'ancien maire tente de dire, c'est qu'il n'impute pas le supposé manque de patriotisme d'Obama au fait qu'il soit noir - mais à des idées communistes venant notamment de son grand-père, comme il l'a expliqué sur Fox News.

Dans un titre particulièrement incisif, le New York Times a ainsi résumé cette bizarre tentative d'explication: «La mère d'Obama est blanche, donc je ne suis pas raciste.»

Dans l'émission de Fox News, Giuliani a réitéré qu'il ne «ressentait pas l'amour» du président envers le pays, et que même pour un démocrate, il trouvait Obama très réticent à parler de la grandeur de l'Amérique . 

En réponse, Slate.com a créé un montage vidéo de toutes les fois où Obama montre son «amour» pour les Etats-Unis, qu'il qualifie de «plus grande nation du monde».

Mais dans un autre papier sur Slate, le chroniqueur Jamelle Bouie précise que même s'il est absurde de remettre en question l'amour du président pour son pays, il y a un peu de vrai dans ce que dit Giuliani. Plus que d'autres présidents, Obama n'hésite pas à accompagner son patriotisme d'une dimension critique, comme il l'a fait récemment en évoquant comment le christiniamisme avait été utilisé aux Etats-Unis pour justifier l'esclavage.

«Obama est un noir américain, et les noirs américains ont une relation plus compliquée avec leur pays, explique Jamelle Bouie. C'est notre patrie mais ça a aussi été notre oppresseur: c'est un lieu de liberté et d'opportunité, mais aussi une source de violence et d'humiliation...En tant que président venant de l'Amérique noire, Obama porte cette histoire en lui, et cela se ressent dans sa façon mesurée d'aborder la grandeur du pays. Il aime son pays, mais il tempère son point de vue en évoquant aussi les heures sombres de notre histoire.»

 

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