France

Les serveurs parisiens sont désagréables, mais c'est ce qui fait leur charme

Temps de lecture : 2 min

Break Time/ https://www.flickr.com/photos/3059349393/4963589833 via Flickr CCLicense by.
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«Désagréables», «détestables» et «malpolis»… les garçons de café parisiens n’ont jamais eu très bonne réputation, que ce soit à l’étranger, en France ou même dans la capitale. On ne compte plus les articles qui les accusent d’être trop arrogants. Et pourtant, de façon inattendue, la journaliste Cristina Nehring a décidé de défendre ces «French waiters» dans le Wall Street Journal.

Cristina Nehring explique qu’elle a pendant longtemps été intimidée par les garçons de cafés parisiens, trop vifs et irritables pour l’expat américaine qui ne comprenait pas les us et coutumes des cafés parisiens. Mais elle a fini par changer d’avis:

«Avec le temps, j’en suis venue à reconnaître –et à apprécier– leur empressement, curieusement exprimé, à plaire; leur expertise; leur agilité, la beauté de ce qu'ils fournissent et la façon dont ils offrent leurs services.»

La journaliste note que si les «serveurs français» ont mauvaise réputation, c’est avant tout à cause «de différences culturelles». Par exemple, si un serveur corrige votre prononciation, c’est parce qu’il pense que vous voulez être corrigé. Votre serveur vous répond par monosyllabe? C’est parce qu’il est «fier» pas «arrogant» pour un sou.

Pourtant, la journaliste reconnaît elle-même que la municipalité tente d’améliorer le comportement des serveurs parisiens. Une initiative appelée «Do You Speak touriste?» avait même été lancée en 2013 par la chambre de commerce et d'industrie de Paris en partenariat avec le comité régional du Tourisme. Le but: rendre les serveurs moins malpolis et les faire parler un peu anglais. Pour l'instant, l'opération est loin d'être un succès.

L’intention de Cristina Nehring est louable, mais certaines parties de son article font se demander si elle a exploré une autre partie de Paris que l’île de la cité et Saint-Michel. On ne parlera même pas du reste de la France –pour la journaliste, les «french waiters» sont uniquement parisiens.

La journaliste américaine enchaîne les clichés: elle boit des kirs, mange des huîtres et défend le sexisme ambiant en citant Sartre. Tout est «So French !».

L’article coche même six cases de la grille du Bullshit Bingo que Slate avait publié à l'occasion d’un article de Newsweek, particulièrement critique, de la journaliste Janine di Giovanni sur «la chute de la France».

Cristina Nehring tombe parfois juste, notamment quand elle explique que demander une addition, c’est presque comme flirter:

«Ne criez pas "Garçon!" à travers la pièce et n’agitez pas vos bras pour attirer l'attention. Pour attirer l'attention de votre serveur, agissez comme si vous étiez en train de flirter furtivement avec quelqu'un de très occupé.»

Slate.fr

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