Science & santé

Un docteur espagnol trouve un moyen d'éradiquer le pian

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 20.02.2015 à 7 h 35

Repéré sur The New England Journal of Medecine, El Pais, OMS

Pillules e-Magine Art via Flickr CC License by.

Pillules e-Magine Art via Flickr CC License by.

Si la variole a été la première maladie éradiquée de la surface de la terre par l'homme, le pian sera certainement la deuxième. Pour Oriol Mitja, un pédiatre espagnol dont l'étude a été publiée, le 19 février, par le New England Journal of Medecine, le pian pourrait avoir complètement disparu en 2020

Méconnu dans les pays développés, le pian est une maladie tropicale qui atteint la peau, les os et le cartilage. Elle se transmet par contact direct entre deux personnes. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette infection bactérienne apparentée à la syphilis –mais non vénérienne– peut être éradiquée puisque l'homme est son seul réservoir. Une campagne d'éradication, commencée dans les années 50, avait permis de réduire le nombre de cas de 95%, avant d'être stoppée. À ce jour, la maladie est endémique dans douze pays comme l'Afghanistan, le Nigéria ou le Pakistan, et touche 500.000 personnes.

En 2010, à l'âge de 29 ans, Oriol Mitja s'est installé sur l'île de Lihir (Papouasie Nouvelle-Guinée) en tant que médecin, raconte El Pais. Peu après son arrivée, il a dû soigner un enfant dont il ne connaissait pas la maladie: il s'agissait du pian. Deux ans plus tard, le docteur Mitja publiait une étude menée sur 250 enfants dans la revue The Lancet. Avec un seul cachet d'antibiotique, de l'azithromycine, le pian pouvait se guérir. Un traitement bien plus efficace que les piqûres de pénicilline pratiquées jusqu'alors, qui nécessitaient des équipes médicales et faisaient peur à la population.

Dans l'étude publiée par le New England Journal of Medecine, Oriol Mitja explique qu'entre 2013 et 2014, la proportion de cas de pian a diminué de près de 90% chez les habitants de de l'île de Lihir, grâce à l'antibiotique qui leur a été administré. Contacté par El Pais, il affirme:

«Nos résultats démontrent que, techniquement, cette stratégie pourrait éradiquer la maladie en 2020.»

Mais il admet aussi que:

«La difficulté fondamentale pour éradiquer le pian sera d'aller jusque dans les zones les plus isolées.»

Médecins sans frontières a administré le remède à 17.500 pygmées dans un effort d'éradication de l'infection. Mais ce n'est pas suffisant: beaucoup de pygmées qui vivent dans la forêt congolaise sont nomades et passent de la République Centrafricaine à la République Démocratique du Congo, faisant circuler la maladie. 

Mitja conclut son étude en disant:

«Si cette stratégie est aussi efficace dans d'autres communautés (que celle de Lihir), si un haut niveau d'alerte est maintenu parmi la population et les équipes médicales et si des aides politiques et financières arrivent, le contrôle et l'éradication potentielle du pian sont possibles.»

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