Sciences / Monde

Oliver Sacks est en train de mourir et il le raconte au New York Times

Temps de lecture : 2 min

Oliver Sacks, via Wikipedia, license CC.
Oliver Sacks, via Wikipedia, license CC.

Oliver Sacks est le genre de chercheurs tellement passionnants, tellement aptes à la vulgarisation, qu'ils arrivent à vous faire croire que les questions neurologiques sont aussi excitantes qu'un film de David Fincher. C'est bien pour ça que ses livres ont été des best-sellers internationaux, qui ont d'ailleurs plusieurs fois inspiré des fictions: L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau fut mis en scène par Peter Brook. L'Eveil est devenu une pièce d'Harold Pinter, puis un film avec Robin Williams et Robert De Niro.

Dans ses livres, il a évoqué les maladies étonnantes de ses patients: l'impossibilité de sentir (l'anosmie), les troubles de la vision, les hallucinations, le pouvoir thérapeutique de la musique... Mais il a aussi souvent parlé de lui, de son rapport aux patients, de sa maladie aussi: il est prosopagnosique, c'est-à-dire qu'il ne reconnaît pas les visages.

Oliver Sacks reparle de lui, encore une fois, dans le New York Times. Cette fois, pour dire qu'il va mourir. Dans un texte intitulé «Ma propre vie», l'écrivain explique:

«Il y a quelques semaines, j'ai appris que j'avais des métastases au foie. Il y a neuf ans, on a découvert que j'avais à l'oeil une rare tumeur, un mélanome oculaire. Bien que la radiation et le laser pour enlever la tumeur m'aient laissé aveugle de cet oeil, il n'est que très rare que ce genre de tumeur métastase. Je fais partie des 2% malchanceux.»

Dans ce texte du New York Times, il décrit son état d'esprit général, alors qu'il se retrouve «face à face avec la mort», sa réflexion sur sa propre vie et explique:

«Je me sens intensément en vie et je veux et j'espère, pour le temps qui me reste, approfondir mes amitiés, dire adieu à ceux que j'aime, écrire davantage, voyager si j'en ai la force, et atteindre d'autres niveaux de compréhension et de perception du monde.»

Surtout –et comme pour confirmer, tant qu'il le peut, la grandeur de son esprit, de sa narration, des messages qu'il porte depuis toujours– le chercheur se montre optimiste. Si loin de grands esprits qui meurent aigris –presque prêts, pour derniers mots, à souffler «c'était mieux avant»– Sacks lui, dit avoir le sentiment de laisser le monde «en de bonnes mains».

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