Monde

Avant de torturer à Guantanamo, un détective avait utilisé des techniques similaires à Chicago

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 19.02.2015 à 8 h 04

Repéré sur The Guardian

A Guantanamo, en 2004. REUTERS/POOL New.

A Guantanamo, en 2004. REUTERS/POOL New.

Une enquête du Guardian révèle la trajectoire du lieutenant Richard Zuley, qui a torturé le détenu Mohamedou Ould Slahi, l'auteur des Mémoires de Guantanamo, que nous avions publiés. Avant d'utiliser ses techniques brutales d'interrogatoire dans la base militaire américaine à Cuba, ce détective de police avait affiné son style violent pendant 25 ans dans les quartiers pauvres du nord de Chicago, où il était connu pour sa capacité à obtenir des aveux. 

De nombreux suspects étaient menottés au mur pendant des heures et le détective menaçait leur famille. Dans un cas avéré, les interrogatoires de Zuley ont conduit à la condamnation d'un homme innocent. Latherial Boyd, un ancien dealer reconverti dans l'immobilier, a passé 23 ans en prison pour meurtre avant d'être libéré pour manque de preuves en 2013. Il fait maintenant un procès à Zuley, qu'il accuse notamment d'avoir utilisé une fausse preuve pour le faire condamner. 

Des procureurs locaux sont en train de réexaminer une deuxième condamnation supervisée par Zuley. Selon le Guardian, plusieurs détenus des prisons de Chicago disent avoir été condamnés à tort suite à de fausses confessions obtenues par la force lors d'interrogatoires menés par Zuley. Plusieurs mentionnent aussi le placement de fausses preuves.

Pour le journaliste Spencer Ackerman, «les actions de Zuley suggèrent une continuité entre la violence policière dans les villes américaines et les scandales de détention» à Guantanamo.  

Les interrogatoires de Mohamedou Ould Slahi, supervisés par Zuley, sont considérées comme parmi les plus brutaux de Guantanamo. En janvier, ils ont été publiés dans plus de vingt pays, dont la France, sous le titre Les Carnets de Guantanamo.

La police de Chicago a une histoire particulièrement trouble en matière de mauvais traitements envers les suspects afro-américains. Des années 1970 au début des années 1990, l'ancien commandant de police Jon Burge avait l'habitude d'administrer des chocs électriques et des brûlures aux suspects, ainsi que de les frapper avec des annuaires téléphoniques.

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