Monde / Santé

Comment des hôpitaux américains luttent contre la violence dans les ghettos

Temps de lecture : 2 min

Lors d'une manifestation contre la violence des jeunes, en 2006 à la Nouvelle-Orléans. REUTERS/Sean Gardner.
Lors d'une manifestation contre la violence des jeunes, en 2006 à la Nouvelle-Orléans. REUTERS/Sean Gardner.

Depuis le milieu des années 1990 aux Etats-Unis, plusieurs hôpitaux ont mis en place des programmes pour tenter de stopper le cycle de violence qui gangrène de nombreux quartiers urbains pauvres. Selon les docteurs à l'origine de ces initiatives, le moment où un jeune est hospitalisé pour blessure représente une bonne occasion pour débuter une intervention psychologique et sociale, pas seulement médicale, rapporte le magazine Pacific Standard.

Ainsi, au lieu de se contenter de guérir un individu (souvent blessé par balles) et de le renvoyer chez lui tout de suite, l'idée est d'approcher le patient de manière globale en lui proposant un large éventail de services et un suivi adapté.

Si on relâche tout de suite ce genre de patient, il va peut être rapidement rencontrer une autre personne qui lui voulait du mal dans le quartier, ou alors essayer de se venger, ce qui contribue à alimenter le cycle de violence. D'autant plus que le traumatisme d'avoir été attaqué violemment peut aussi contribuer à augmenter les comportements à risque.

Dans un hôpital de San Francisco, le programme Wraparound dispose d'une équipe de travailleurs sociaux qui peuvent aider un patient dans plusieurs domaines: en offrant des sessions de psychothérapie, des aides à la désintoxication, des formations éducatives et professionnelles et même parfois des services d'effacement de tatouages de gangs. Les travailleurs sociaux qui initient la relation avec le patient à l'hôpital effectuent ensuite un suivi de long terme en allant rendre visite à la personne à domicile.

D'autres projets similaires, une vingtaine dans le pays, sont rassemblés dans un réseau national des programmes d'intervention hospitalière contre la violence.

Une étude de 2006 portant sur un projet de prévention à Baltimore avait révélé que seulement 5% des personnes qui avaient été prises en charge par le programme revenaient ensuite avec une autre blessure, alors que pour ceux qui n'avaient pas participé, le taux de retour aux urgences était de 36%. Les auteurs avaient calculé que cette différence avait permis d'économiser 598.000 dollars en frais hospitaliers.

Une autre étude qui vient d'être publiée prend en compte les coûts en termes d'incarcération. Dans la mesure où ces interventions hospitalières empêchent non seulement un retour aux urgences, mais aussi souvent des arrestations et incarcérations futures, les chercheurs ont estimé qu'elles pouvaient permettre d'économiser 4 millions de dollars (environ 3,5 millions d'euros) en cinq ans.

Slate.fr

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