Sports

Vidéo de supporters chantant «on est raciste»: Chelsea vit encore avec ses vieux démons

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 18.02.2015 à 13 h 59

Repéré sur Guardian, The Independent

Une demi-douzaine de supporters anglais ont empêché un homme noir de monter dans une rame du métro parisien mardi 17 février, en fin d'après-midi, avant le huitième de finale aller de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et Chelsea.

Sur cette vidéo tournée par un expatrié britannique, et publiée par le Guardian, on peut voir plusieurs fans anglais chanter leur amour pour le club de Londres, avant de repousser un homme qui essayait de monter dans le métro et de proférer ensuite:

«Nous sommes racistes, nous sommes racistes, et c'est très bien comme ça!»

La vidéo a très vite circulé, forçant le club anglais à réagir:

«Un tel comportement est immonde et n'a aucune place dans le football ou en société. Nous soutiendrons toutes les actions judiciaires contre les personnes impliquées et s'il était démontré qu'il y avait parmi eux des abonnés ou des membres du club, le club prendra les actions les plus dures contre eux.»

C'est loin d'être la première fois que des supporters de Chelsea agissent de façon raciste. Lors de la saison 2011/2012, le club s'était déjà illustré, comme l'expliquait l'International Business Times à l'époque. Le CFC était le club avec le plus de supporters arrêtés pour des chants racistes ou indécents lors de cette saison (5 sur 16 en première division anglaise), selon des statistiques du ministère du Home Office. Un an plus tard, ce chiffre était tombé à un, puis zéro lors de la saison dernière.

Paul Canoville racontait dans sa biographie sa première apparition sous le maillot des Blues (qui est aussi celle du premier joueur noir à jouer pour Chelsea), à Crystal Palace, en 1982:

«Quand John Neal [l'entraîneur de l'époque] m'a dit d'aller m'échauffer, je me suis dit "Yes!".  [...] Alors que je courais le long de la ligne, j'ai entendu les premières insultes. "Sale --- noir. Rentre chez toi, sale nègre." Je m'attendais à entendre ça dans la rue, pas dans un stade professionnel. Quand j'ai enlevé mon survêtement, les insultes ont redoublé. Il y avait beaucoup de fans de Chelsea qui m'insultaient, qui se moquaient, qui lançaient des bananes. Au moment où je suis rentré, je vous jure que je voulais déjà sortir.»

Dans une interview à la BBC, il racontait la réaction des supporters après un de ses buts:

«Je me souviens avoir marqué et avoir entendu certains fans qui ne voulaient pas de ce but parce que c'était un joueur noir qui avait marqué. Ca ne comptait pas, donc ils disaient qu'on avait perdu et pas fait match nul.»

Il faut d'ailleurs noter que le club lui-même est loin d'être irréprochable. Quatre ans et demi après son arrivée à Chelsea, Paul Canoville s'est battu avec un coéquipier ivre qui l'avait insulté de «noir de ***», racontait le Daily Mail:

«Ce n'était pas un incident isolé, mais on lui a conseillé de ne pas donner de noms dans son livre. "Ce sont des gens que vous connaissez", admet-il. La réaction de Chelsea fut de convaincre Canoville d'accepter un transfert de 50.000 livres (67.700 euros) à Reading, même s'il lui restait encore trois ans de contrat.»

En 2012, Anton Ferdinand, un joueur des Queens Park Rangers avait accusé John Terry, un joueur emblématique des Blues d'avoir proféré des insultes racistes. Et comme le racontait alors Clément Guillou sur Rue89:

«Chelsea s’est rangé derrière son joueur : président, entraîneur, joueurs, tout le monde s’est porté garant de la hauteur de vue de John Terry. Sauf Drogba, Anelka, Malouda, Obi Mikel : quatre joueurs noirs des Blues.

Terry a continué à jouer pour Chelsea malgré les accusations et repris son poste juste après la suspension. Quelques semaines plus tôt, des agents de sécurité du club qui avaient accidentellement abimé le trophée de la Ligue des Champions avaient été démis de leurs fonctions.»

Mise à jour: Un première version de cet article indiquait que John Terry avait proféré des insultes racistes envers Anton Ferdinand. Ceci a été rectifié. Dans l'affaire qui l'opposait à Anton Ferdinand, le juge reconnaissait qu'il avait utilisé les mots «Fucking black cunt», mais qu'il était possible que ce ne soit pas une insulte et qu'il ne faisait que répéter sur un ton saracastique ce qu'Anton Ferdinand avait prononcé.

 

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