France

Loi Macron: le 49-3 ne va pas seulement frustrer les frondeurs, mais aussi quatre députés UMP

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 17.02.2015 à 19 h 16

Repéré sur Le Figaro

Hervé Mariton à l'Assemblée nationale, le 5 février 2013. REUTERS/Charles Platiau.

Hervé Mariton à l'Assemblée nationale, le 5 février 2013. REUTERS/Charles Platiau.

Le gouvernement a donc décidé d'engager sa responsabilité sur la loi Macron. Ce mardi 17 février, le Premier ministre Manuel Valls «a décidé de ne prendre "aucun risque" et d'avoir recours à l'article 49-3 de la Constitution, qui engage la responsabilité du gouvernement», écrit Le Monde.


Les députés ne vont donc pas voter sur la loi, mais sur le fait de vouloir ou non faire chuter le gouvernement. Ce qui ne risque pas de changer grand-chose pour la majorité des députés de l'opposition, qui étaient contre l'adoption de ce texte. Mais cela va non seulement frustrer les «frondeurs» du PS, mais aussi une poignée de députés UMP qui vont probablement changer leur vote. Quatre d'entre eux avaient en effet laissé entendre qu'ils allaient voter en sa faveur.

Thierry Mariani estimait ainsi que tout n'était pas à jeter dans la loi:

«Celle loi n'est pas du tout susceptible de relancer l'économie, mais dans ce fourre-tout, il y a des mesures positives comme le travail du dimanche et la libéralisation des bus.»

Dans une interview accordée à L'Opinion, Olivier Carré expliquait que ce texte n'était pas une loi miracle mais qu'il contenait de bonnes choses:

«Les réformes proposées sont loin du grand soir, mais nous sommes sur une politique des petits pas qui vont à peu près tous dans le sens des mesures engagées précédemment par notre majorité. On essaye de reprendre un fil de reconstruction de l’économie, qui sur un certain nombre de points ne va peut-être pas assez loin, mais au moins va dans la bonne direction. Ce qui n’a pas toujours été le cas depuis deux ans. Et de loin! Je ne vois pas pourquoi j’irai contre cette dynamique.»

L'ancien candidat à la présidence de l'UMP Hervé Mariton avait lui annoncé dès décembre au Monde qu'il voterait la loi Macron:

«Les libéraux de l’opposition doivent être assez cohérents pour approuver ce texte. [...] Ce texte débloque plusieurs situations archaïques. Le libéral que je suis apprécie le renforcement du rôle de l’autorité de la concurrence; un nouveau mouvement de cession des participations de l’Etat, avec l’ouverture du capital des aéroports de province; la libéralisation du transport par autocars…»

Frédéric Lefebvre avait de son côté lancé un appel aux députés de l'opposition:

«Si je vote ce texte, c'est qu'il va dans le bon sens, qu'il permet de faire évoluer notre pays et que c'est une occasion à saisir. Je suis heureux de voir qu'une partie de mes collègues sont dans le même élan de sincérité que moi. Il y a un an, j'étais le seul à voter le pacte de responsabilité à l'UMP et je pense qu'aujourd'hui nos compatriotes veulent de la sincérité et quand cela les concerne, quand c'est concret –et c'est le cas de ce texte– de l'unité.»

En plus de ces quatre députés UMP, le centriste Meyer Habib (UDI) avait annoncé son soutien à ce projet de loi, rappelait le Figaro.

Ces quatre députés UMP vont donc être privés de la joie de voter le texte. Tout au plus, s'ils souhaitent manifester leur différence avec leur groupe, pourront-ils choisir de ne pas voter la motion de censure jeudi –sachant qu'une telle démarche n'aura qu'une visibilité moyenne, car seuls les votes en faveur de la motion de censure sont formellement retranscrits.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte