Monde

Si Barack Obama est si cool, c'est aussi parce que les journalistes ne peuvent pas le prendre en photo

Repéré par Cécile Dehesdin, mis à jour le 16.02.2015 à 12 h 15

Repéré sur Making-of

Barack Obama et son photographe officiel Pete Souza, dans le Maryland, le 15 mars 2012.  REUTERS/Larry Downing

Barack Obama et son photographe officiel Pete Souza, dans le Maryland, le 15 mars 2012. REUTERS/Larry Downing

Comment photographier un homme entouré en permanence d'agents des services secrets? Avec des appareils télécommandés, explique le photojournaliste Saul Loeb dans un billet sur l'excellent blog Making Of de l'AFP.

Le photographe de l'agence de presse, accrédité à la Maison Blanche, estime que lui et ses confrères «sont confrontés à un grand nombre de restrictions ayant trait aux moments et aux endroits où ils peuvent photographier le président des Etats-Unis».

Ils contournent le problème entre autres via «des appareils télécommandés aux endroits où nous ne pourrons nous trouver physiquement»: dans un coin, sur l'estrade où le président parle, derrière la tribune présidentielle...

Saul Loeb ne se plaint pas de la situation, estimant qu'«il serait très étrange de voir un reporter perché au sommet d’une échelle derrière le président pendant une conférence de presse et le Secret Service n’apprécierait pas». En même temps, comme il le note:

«Nos mouvements sont limités, et du coup cela limite aussi nos choix pour prendre des images.»

Le manque de liberté de mouvements et donc d'images des photojournalistes de la Maison Blanche n'est-il rien d'autre que le pendant de l'accès open-bar au quotidien de l'homme le plus puissant du monde qu'il nous offre via son photographe officiel?

L'aura de cool absolu qui entoure Barack Obama doit en effet beaucoup –voire tout– à Pete Souza.

Le photographe officiel canarde le président américain partout –dans son bureau, dans ses voyages, quand il va embrasser des bébés et manger des hot-dogs– et fournit en instantané sa légende iconographique. Les photos sont mises à disposition du public et des médias par la Maison Blanche, sous une license Creative Commons, pour qu'elles soient mieux partagées.

Grâce à Pete Souza, on a l'impression d'être dans la vraie vie de Barack Obama, alors que rien n'est plus construit que ses photos. C'est d'ailleurs un des gros reproches que font à la Maison Blanche les journalistes accrédités, comme le racontait Tangi Quemener dans un autre billet du blog de l'AFP fin 2013. 

L'Association des correspondants à la Maison Blanche avait alors publié une lettre ouverte et énervée au porte-parole Jay Carney:

«Les restrictions imposées par la Maison Blanche, suivies par la publication routinière de photographies faites par des employés gouvernementaux de ces mêmes événements, est une contrainte arbitraire et une interférence injustifiée aux activités légitimes de récolte d'informations. Dans les faits, vous remplacez du photojournalisme indépendant par des communiqués de presse visuels.»

Les photographies de Pete Souza inondent les réseaux sociaux, et leur «caractère immédiat [...] et leur qualité technique impeccable, font parfois oublier au grand public qu'elles sont partie intégrante de la communication présidentielle», analysait Tangi Quemener. La Maison Blanche avait rapidement invité le pool de photojournalistes à une séance imprévue de photos de Barack Obama signant une loi. Evidemment, Pete Souza était là lui aussi, et il avait choisi de faire une photo... intéressante:

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