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Si les ouïes des violons ont cette forme, c'est un accident

Repéré par Bénédicte Le Coz, mis à jour le 16.02.2015 à 15 h 05

Repéré sur CsMonitor, Telegraph, Economist

Violons David Sidoux via Flickr CC License by

Violons David Sidoux via Flickr CC License by

Les ouïes des violons auraient acquis leur forme en f accidentellement et non pas intentionnellement, relève une nouvelle étude conduite par Nicholas Makris et ses collègues du MIT et parue dans la revue Proceedings of the Royal Society A.

Les chercheurs ont constaté qu’entre le Xe siècle et le XVIIIe siècle les ouvertures dans la table des violons ont évolué, passant de simples cercles à la forme plus complexe et allongée du f. La tonalité et le son caractéristiques de ces instruments s’en sont trouvés améliorés.

Pourtant, les luthiers n’avaient initiallement pas cherché à perfectionner leur instrument. «La forme en f des ouïes, distinctive des violons, n’est pas le résultat de l’ingéniosité humaine, mais celui d’une séries de mutations aléatoires», soulève The Chritian Science Monitor.

En effet, couper dans du bois n’est pas une activité très précise, atteste Nicholas Makris cité par The CSMonitor. «Nous avons trouvé que si vous essayez de dupliquer une ouïe, vous commettrez toujours une petite erreur, de 2%» par rapport au plan initial. De petites erreurs répétées ont ainsi graduellement allongé les ouvertures des violons.

Leur son a d’ailleurs été amplifié grâce à ce nouveau contour. «Plus les ouïes sont allongées plus l’instrument peut émettre de son», explique le Telegraph. «La forme finale (en f) avait deux fois la puissance acoustique des trous circulaires», ajoute The Economist.

L'analyse de 470 violons produits par les dynasties de luthiers Amati, Stradivari et Guarneri entre les années 1560 et 1750 a permis aux chercheurs d'observer que le changement délibéré n'intervient qu'à la fin de la période, note The Economist.

Avant cela, les chercheurs ignorent dans quelle mesure les luthiers étaient conscients qu’en commettant d’infimes changements ils amélioraient progressivement le son et le volume de leurs instruments. Selon Nicholas Makris, «ils devaient écouter, choisir les éléments les plus efficaces, et sélectionner les bons instruments à reproduire. Nous ne pouvons pas dire s’ils avaient compris: "Oh, nous devons rendre les ouïes plus fines". Mais ils savaient quel instrument était le meilleur à dupliquer», cite le Telegraph.

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