Culture

Trente ans après, que sont devenus les cinq héros de «Breakfast Club»?

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 15.02.2015 à 8 h 34

John Bender traverse le terrain de football américain en avançant vers la caméra tandis que, en voix off, Brian Ralph Johnson récite, au son des premières mesures de Don't You Forget About Me de Simple Minds, la lettre que lui et ses camarades ont laissé au proviseur de leur lycée à l'issue de leur journée de colle:

«Cher M. Vernon,

Nous acceptons le fait d'avoir eu à sacrifier un samedi entier en retenue pour ce que vous croyez que nous avons fait de mal, mais nous croyons que vous êtes idiot de nous demander d’écrire sur ce que nous pensons que nous sommes. Vous nous voyez comme vous voulez nous voir, en termes simples et qui vous conviennent. Mais ce que nous avons découvert, c’est que chacun de nous est un surdoué, un athlète, une détraquée, une princesse et un délinquant. Est-ce que ça répond à votre question?

Sincèrement.»


Si vous n'avez pas reconnu le film, la signature vous donnerait la réponse: il s'agit évidemment de The Breakfast Club, de John Hugues, sorti il y a pile trente ans, le 15 février 1985. L'occasion de s'intéresser au destin de ses cinq acteurs, dont aucun n'a (contrairement à certains de leurs collègues du Brat Pack, comme Rob Lowe ou Demi Moore, qui jouèrent avec trois d'entre eux la même année dans un autre film générationnel, St. Elmo's Fire de John Schumacher) totalement réussi à dépasser leur rôle-culte du milieu des années 80

Molly Ringwald, «The Prom Queen»

Après avoir joué en trois ans dans trois teen-movies majeurs des années 80 (Sixteen Candles, The Breakfast Club, Pretty in Pink) puis l'année suivante dans un Godard longtemps invisible (King Lear), Molly Ringwald a ensuite vu sa carrière ralentir, refusant notamment les rôles principaux de Ghost et Pretty Woman, mais continue aujourd'hui de faire des apparitions sur le petit écran. Elle a publié en 2013 un album de chansons piano-jazz, Except Sometimes, et assure depuis septembre dernier une chronique de personal advice dans le Guardian.

A gauche: The Breakfast Club. A droite: photo officielle du Guardian.

Emilio Estevez, «The Athlete»

Le fils de Martin Sheen et frère de Charlie (et qui à connu à ce titre, l'honneur de faire une apparition dans la série de papa, A la Maison Blanche, et celle du frangin, Two and a Half Men) se consacre aujourd'hui essentiellement à sa carrière de réalisateur: depuis le milieu des années 90, il a sorti quatre longs métrages.

A gauche: The Breakfast Club. A droite: The Way (2010).

Ally Sheedy, «The Basket Case»

Comme ses collègues, sa carrière sur grand écran a eu du mal à survivre aux années 80, avec essentiellement, depuis, des rôles dans des films réalisés directement pour la télévision ou des séries. En 1998, année de son dernier succès critique, High Art, celle qui s'était exilée à New York critiquait de manière lapidaire Hollywood: «Los Angeles était dégoûtante».

A gauche: The Breakfast Club. A droite: Ally Sheedy, en 2011.

Judd Nelson, «The Criminal»

Judd Nelson tourne cette année dans le cinquième épisode de la saga Transformers, près de trente ans après avoir prêté sa voix à un personnage du film d'animation. Il a par ailleurs été victime d'une (peu) drôle de mésaventure à l'automne dernier quand un hoax l'a donné pour mort, le poussant à poser avec le journal du jour pour prouver qu'il était vivant.

A gauche: The Breakfast Club. A droite: Nurse 3D (2014).

Anthony Michael Hall, «The Brain»

Le plus jeune acteur du cast (il n'avait pas 17 ans au moment de la sortie du film, près de neuf de moins que Judd Nelson) a été vu depuis dans Edward aux mains d'argent de Burton (il interprète Jim, le petit copain de Winona Ryder), en héros de la série The Dead Zone et plus récemment dans The Dark Knight de Christopher Nolan, où il joue le journaliste Mike Engel, et Foxcatcher de Bennett Miller, où il joue un des bras droit de John DuPont.

A gauche: The Breakfast Club. A droite: Foxcatcher.

A ce rassemblement virtuel manquent deux personnes: Paul Gleason (le principal Vernon) est mort en 2006, à 67 ans; John Hugues l'a rejoint en 2009, à 59 ans. Quelques mois plus tard, quatre des cinq acteurs du film (sans Emilio Estevez) s'étaient rassemblés aux Oscars pour lui rendre hommage.

REUTERS/Lucy Nicholson.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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