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Pourquoi la rumeur d'une «voiture Apple» est crédible

Will Oremus, traduit par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 14.02.2015 à 12 h 36

Après Google et Tesla, la marque à la pomme ne serait pas le premier géant de la Silicon Valley à mettre un pied dans le secteur automobile.

La technologie CarPlay d'Apple. REUTERS/Robert Galbraith.

La technologie CarPlay d'Apple. REUTERS/Robert Galbraith.

En janvier, j'ai écrit un article où j'affirmais que les voitures sont les nouveaux ordinateurs. J'y prédisais que, dans la high-tech, on se souviendrait de 2015 comme de «l'année de la voiture». Si les articles publiés vendredi par le Wall Street Journal et le Financial Times se vérifient, cela pourrait s'avérer plus vrai que je ne l'imaginais.

Au fil des années, Apple a construit des ordinateurs, des lecteurs MP3, des smartphones et des tablettes. Maintenant, selon le Wall Street Journal, il construit une voiture électrique –ou, pour être plus précis, un «véhicule de type minivan»:

«Apple fait travailler en secret plusieurs centaines d'employés sur la création d'un véhicule électrique vendu sous sa marque, selon des sources proches du dossier. Celles-ci disent que le projet, dont le nom de code est "Titan", a pour design initial celui d'un véhicule de type minivan, d'après une de ces sources.»

S'agirait-il de ce à quoi le PDG d'Apple Tim Cook faisait référence quand il disait, en septembre dernier, que son entreprise travaillait sur des produits «sur lesquels rien n'avait encore filtré»? Apple n'a pas souhaité commenter les informations de l'article auprès de Slate, pas plus qu'auprès du Wall Street Journal, affirmant qu'elle ne se prononcerait pas sur des rumeurs ou des spéculations.

Une première chose: quand vous fondez un gros scoop sur des «sources proches du dossier», vous finissez forcément avec une histoire partielle. Cela étant dit, le Wall Street Journal n'est pas le New York Post, et ne publie pas un article aussi important sans que beaucoup de ces journalistes ne soient convaincus qu'il reflète quelque chose. Cet article contient beaucoup de bémols, dont le principal est que «Apple pourrait décider de ne pas donner suite au projet». Il pourrait juste s'agir d'une idée que l'entreprise étudie.

Même si c'était le cas, cependant, il ne s'agirait pas de l'improvisation paresseuse d'un groupe à la recherche de son prochain coup. Le Wall Street Journal affirme que l'ingénieur de Ford Steve Zadesky est à la tête du projet, approuvé par Tim Cook il y a un an. 1.000 personnes ont été placées sous ses ordres pour travailler dessus. On ne forme pas une équipe de 1.000 personnes pour travailler sur un projet que l'on a pas au minimum un très fort espoir de concrétiser –même quand on est Apple, une des entreprises les plus riches de l'histoire.

De plus, le Wall Street Journal n'est pas la seule publication à s'être intéressée aux bruits de moteur émanant de Cupertino. Son article est arrivé après un autre, publié par le Financial Times, selon qui Apple a recruté des designers automobiles pour travailler dans «un laboratoire de rercherche nouveau et top secret». Parmi les nouvelles recrues se trouve un ancien patron de la recherche-développement de Mercedes-Benz.

Pour l'instant, les incursions d'Apple dans le secteur automobile se sont limitées à un logiciel qui transforme votre tableau de bord en un ordinateur de type iPhone. Appelée CarPlay, cette technologie embarquée est en compétition avec les produits du même type de Google et des constructeurs automobiles eux-mêmes. Le Financial Times reconnaît qu'il est possible que ce logiciel demeure au cœur de la réflexion d'Apple, mais ajoute que le parcours des nouvelles recrues du groupe incite à penser que quelque chose de beaucoup plus gros est en préparation:

«"Il y a trois mois, j'aurais dit que cela concernait CarPlay", a déclaré une personne qui a travaillé de près avec la marque pendant plusieurs années [...]. "Aujourd'hui, je pense qu'il s'agit d'une voiture".»

Apple ne serait pas le seul géant de la Silicon Valley à mettre un pied dans le secteur automobile. Google travaille depuis des années sur les voitures autonomes, et on affirme désormais qu'il est en négociation avec des grands constructeurs pour faire de ce projet une réalité. Pendant ce temps-là, Tesla a connu un énorme succès en construisant des voitures de luxe entièrement électriques, et a fait l'an dernier le choix audacieux de rendre ses brevets publics dans l'espoir d'encourager ses rivaux à se lancer sur ce créneau.

Si les informations autour d'Apple se vérifient, Tesla pourrait se retrouver avec une concurrence encore plus grande qu'il ne l'espérait. Les derniers articles surviennent un an après d'autres qui faisaient état de rencontres entre les deux groupes autour d'un possible accord, voire une fusion. Peut-être Apple a-t-il voulu explorer cette option avant de décider de construire son propre véhicule.

Construire une voiture à destination du grand public est un projet incroyablement complexe et cher. Il pourrait finalement s'avérer que les ambitions d'Apple sont plus modestes que cela, mais cela n'empêchera pas les secteurs high-tech et automobile de se demander à quoi pourrait ressembler un iVan. Voici quelques-unes des premières réactions:

«La voiture Apple n'a pas de frein. À la place, vous allez dans Réglages et appuyez sur "Mouvement réduit"»

«On ne pourra pas remplacer la batterie de l'Apple Car, à la place il faudra carrément acheter une nouvelle voiture.»

«Le packaging de l'Apple Car constituera la meilleure boîte jamais vue pour une voiture.»

 

Will Oremus
Will Oremus (151 articles)
Journaliste
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