Allemagne / Monde

En Allemagne, Pegida semble à bout de souffle

Temps de lecture : 2 min

Manifestation de Pegida à Francfort, le 26 janvier 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Manifestation de Pegida à Francfort, le 26 janvier 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Après avoir mobilisé ces derniers mois des foules toujours plus nombreuses de citoyens allemands mécontents, Pegida paraît désormais être au bord du gouffre, au vu du faible nombre de participants qu'a attiré cette semaine la manifestation à Dresde, le bastion du mouvement anti-islam.

À peine 2.000 personnes ont défilé lundi soir dans les rues de la capitale saxonne, rapporte l'hebdomadaire Die Zeit. Au début de l'année, ces marches hebdomadaires rassemblaient jusqu'à 17.000 personnes à Dresde, rappelle l'hebdomadaire Der Spiegel, pour qui «Pegida fait partie au passé», et qui publie pour l'occasion une photographie plutôt macabre de Kathrin Oertel, ancienne figure de proue du mouvement.

Il s'agissait de la première manifestation à Dresde depuis l'annonce de la démission de Kathrin Oertel fin janvier, en réaction au scandale provoqué par la diffusion sur les réseaux sociaux d'un selfie de Lutz Bachmann, l'autre leader du mouvement anti-islam, sur lequel celui-ci posait grimé en Hitler. La dissidente Oertel a depuis créé une nouvelle organisation, Direkte Demokratie für Europa (Démocratie directe pour l'Europe), qu'elle présente comme étant «à droite de la CDU», rapporte Die Zeit.

Le premier rassemblement autour de cette nouvelle formation a lui aussi fait «un flop» dimanche dernier à Dresde, pour reprendre les mots du tabloïd Bild: seulement 500 personnes ont répondu à l'appel de Kathrin Oertel, au lieu des 5.000 personnes annoncées par les organisateurs.

Der Spiegel estime toutefois qu'il ne faut pas feindre d'ignorer Pegida maintenant que le mouvement perd de sa force, mais d'en retenir trois enseignements: ces manifestations ont permis de révéler des ressentiments présents dans la société allemande qui jusque-là étaient tus, l'ampleur des contre-manifestations a montré que le racisme n'est pas en train d'augmenter, et la classe politique, après avoir ignoré ou condamné Pegida, s'est finalement montrée avisée, en dialoguant avec les sympathisants du mouvement.

Annabelle Georgen Journaliste

Newsletters

Comment le KGB gérait les couples d'espions

Comment le KGB gérait les couples d'espions

Un manuel des forces soviétiques de 1974 recense de nombreux conseils à destination des instructeurs.

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Après avoir perdu sa sœur jumelle dans le camp d'extermination de Treblinka, il n'eut de cesse de se venger. Il participa à diverses actions de sabotage, fomenta des attentats et commit plusieurs assassinats.

Le sidérant fan-club d'Hitler

Le sidérant fan-club d'Hitler

Le dictateur nazi faisait l'objet d'un véritable culte de la personnalité de son vivant. Un historien allemand a retrouvé des dizaines de milliers de lettres envoyées par ses concitoyens: déclarations d'admiration, poèmes à sa gloire, cadeaux à gogo... et courrier du coeur.

Newsletters