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En Allemagne, Pegida semble à bout de souffle

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 12.02.2015 à 10 h 32

Repéré sur Der Spiegel, Die Zeit

Manifestation de Pegida à Francfort, le 26 janvier 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Manifestation de Pegida à Francfort, le 26 janvier 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Après avoir mobilisé ces derniers mois des foules toujours plus nombreuses de citoyens allemands mécontents, Pegida paraît désormais être au bord du gouffre, au vu du faible nombre de participants qu'a attiré cette semaine la manifestation à Dresde, le bastion du mouvement anti-islam.

À peine 2.000 personnes ont défilé lundi soir dans les rues de la capitale saxonne, rapporte l'hebdomadaire Die Zeit. Au début de l'année, ces marches hebdomadaires rassemblaient jusqu'à 17.000 personnes à Dresde, rappelle l'hebdomadaire Der Spiegel, pour qui «Pegida fait partie au passé», et qui publie pour l'occasion une photographie plutôt macabre de Kathrin Oertel, ancienne figure de proue du mouvement.

Il s'agissait de la première manifestation à Dresde depuis l'annonce de la démission de Kathrin Oertel fin janvier, en réaction au scandale provoqué par la diffusion sur les réseaux sociaux d'un selfie de Lutz Bachmann, l'autre leader du mouvement anti-islam, sur lequel celui-ci posait grimé en Hitler. La dissidente Oertel a depuis créé une nouvelle organisation, Direkte Demokratie für Europa (Démocratie directe pour l'Europe), qu'elle présente comme étant «à droite de la CDU», rapporte Die Zeit.

Le premier rassemblement autour de cette nouvelle formation a lui aussi fait «un flop» dimanche dernier à Dresde, pour reprendre les mots du tabloïd Bild: seulement 500 personnes ont répondu à l'appel de Kathrin Oertel, au lieu des 5.000 personnes annoncées par les organisateurs.

Der Spiegel estime toutefois qu'il ne faut pas feindre d'ignorer Pegida maintenant que le mouvement perd de sa force, mais d'en retenir trois enseignements: ces manifestations ont permis de révéler des ressentiments présents dans la société allemande qui jusque-là étaient tus, l'ampleur des contre-manifestations a montré que le racisme n'est pas en train d'augmenter, et la classe politique, après avoir ignoré ou condamné Pegida, s'est finalement montrée avisée, en dialoguant avec les sympathisants du mouvement.

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
Journaliste
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