Monde

Peine de mort: l'Oklahoma envisage de légaliser les chambres à gaz

Repéré par Bénédicte Le Coz, mis à jour le 12.02.2015 à 14 h 27

Repéré sur Mashable, Sky

Gas Chamber Ken Piorkowski via Flickr CC License by

Gas Chamber Ken Piorkowski via Flickr CC License by

Mardi 10 février, en Oklahoma, les commissions judiciaires du Sénat et de la Chambre des représentants ont voté en faveur d’un projet de loi prévoyant d’instaurer l’inhalation d’azote sans oxygène comme méthode de mise à mort principale dans les prisons de l’Etat si l’injection létale est jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême, relate Mashable.

En d'autres termes, réintroduire l’usage de la chambre à gaz en Oklahoma, et à utiliser un nouveau gaz létal, l’azote. Les chambres à gaz utilisaient traditionnellement de l’acide cyanhydrique, note le WallStreetJournal.

Avant de devenir une loi et après le vote des comissions, un projet doit être examiné et validé par le Sénat et la Chambre des représentants dans leur intégralité. Puis les amendements doivent être votés par les deux assemblées, avant que le gouverneur d’Oklahoma donne son accord, est-il expliqué sur le site de la Chambre des députés d’Oklahoma.

Comment un projet de loi devient une loi en Oklahoma, tirée du site Stand.org

Si la loi passe, l'Oklahoma deviendrait le premier Etat fédéral des Etats-Unis à utiliser prioritairement cette méthode d’exécution, explique SkyNews. Actuellement quatres Etats autorisent l’utilisation de chambre à gaz –l’Arizona, la Californie et le Missouri et le Wyoming. Mais ils appliquent l’injection létale comme première méthode de mise à mort, selon le Centre d’information sur la peine de mort cité par ABCNews. «Aucun Etat n’a jamais utilisé le gaz d’azote pour exécuter un détenu», précise ABCNews et la chambre à gaz n'a plus été utilisée aux Etats-Unis depuis 1999, année de l'exécution de Walter LaGrand.

L’idée de réinstaurer la chambre à gaz faite suite à la décision du 23 janvier de la Cour suprême des Etats-Unis de se saisir de l’affaire de l’injection létale, un procédé considéré inhumain. En témoigne le cas de Clayton Lockett. «Condamné en 2000 pour le viol et le meurtre d’une jeune femme, il devait être exécuté le 29 avril 2014 par injection létale dans la prison de McAlester. Mais la procédure s’est mal passée et le détenu a mis plus de 45 minutes avant de mourir», relatait à l'époque FranceTvInfo.

En effet, «si l’anesthésiant est mal préparé ou mal dosé, il peut être inefficace», expliquait Le Monde.«Cela conduit à une souffrance très importante lors de la mise en action du deuxième produit, un dérivé du curare qui paralyse progressivement le condamné.»

En comparaison, le sénateur Anthony Sykes, républicain, auteur du projet de loi présenté au Sénat, soutient dans un communiqué de presse que la chambre à gaz est «l’une des méthodes d’exécution les plus humaines».

Un point sur lequel s’accorde Mike Christian, auteur du projet de loi présenté à la Chambre des représentants, qui ajoute que la chambre à gaz est «bien plus pratique» et «efficace». «Il n’y aura pas besoin d’un docteur pour mener l’exécution. Un médecin légiste suffirait», a-t-il expliqué à Associated Press (repris par Mashable).

Mais, parmi les autres méthodes d’application de la peine capitale aux Etats-Unis –l’injection létale, l’électrocution, le peloton d’exécution et la pendaison– la chambre à gaz est-elle la méthode la plus indolore? Pas si sûr. Le Centre d’information sur la peine de mort rapporte le cas de Caryl Chessman, détenu exécuté par gaz en 1960, qui avait indiqué aux journalistes assistant à sa mort qu’il hocherait la tête s’il souffrait. Chose que les témoins l’ont vu faire pendant plusieurs minutes.

Le 28 janvier, la Cour suprême a ajourné toutes les exécutions en Oklahoma. Elles n’auront lieu qu’une fois la décision prise concernant le statut constitutionnel ou non de l’injection létale. Si les prisons américaines ne peuvent plus avoir recours à l’injection, de nombreux Etats devront mettre fin à leur actuel protocole d’exécution, explique Politico.

Ainsi, «le Tennessee a adopté une loi l’année dernière pour réinstaurer la chaise électrique s’il ne peut plus utiliser l'injection létale, et l’Utah considère remettre en place des pelotons d’exécution», précise Mashable.

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