Boire & manger / Santé / Sciences

Faire du yaourt avec de la flore vaginale, c'est possible

Temps de lecture : 2 min

...Mais ce n'est pas forcément une bonne idée.

Le vagin est formidable. Il y a quelques mois, Slate vous expliquait que l’organe génital féminin pourrait potentiellement produire des antibiotiques. Cette semaine, c’est Motherboard qui nous raconte l’histoire d’une étudiante qui a décidé de faire du yaourt à partir de son vagin.

L’idée est venue à Cecilia Wesbrook, une thésarde à l’Université du Winsconsin quand elle s’est rendue compte de l’existence de livres de recettes centrés sur le sperme, mais aucun sur les sécrétions vaginales. Or, comme l’explique Motherboard, le vagin est riche en micro-bactéries:

«Les vagins sont habités par des centaines de bactéries et d’organismes différents. Ces organismes produisent de l’acide lactique, de l’hydrogène peroxydé et d’autres substances qui gardent le vagin en bonne santé. La bactérie dominante s’appelle la lactobacillus et il se trouve qu’elle peut être utilisée dans la culture du lait du fromage et du yaourt.»

On connaissait déjà les propriétés bénéfiques des organismes présents dans les vagins. Comme l'expliquait le Journal du Médecin, «les bactéries commensales produiraient des centaines de molécules ayant des caractéristiques génétiques susceptibles de servir de base à de nouveaux médicaments».

La question reste de savoir quel goût a le yaourt à la flore vaginale? Motherboard à posé la question à Cecilia Westbrook:

«Sa première production avait un goût aigre, acide et presque piquant. Elle le compare à du yaourt indien et l’a mangé avec des myrtilles.»

En plus de ce goût particulier, Larry Forney, un microbiologiste à l’Université de l’Idaho, explique que la démarche n’est pas forcément une bonne idée:

«Quand vous prélevez des sécrétions vaginales, vous ne prélevez pas seulement des lactobacilles. Vous prenez tout. Il est possible que ce que vous utilisiez dans votre yaourt ne soit alors plus dominé par les lactobacilles mais d'autres bactéries, dont certaines pourraient être pathogènes.»

Le microbiologiste peut cependant se rassurer. Cecilia Wesbrook, après avoir tenté de faire du yaourt une deuxième fois, a décider d’arrêter l’expérience. Elle en tire cependant une conclusion positive:

«Dans un sens, c’est tellement évident. Bien sûr, vous pouvez faire du yaourt à partir de vos flores vaginales. Mais qui songerait à le faire. Et, bien sûr, la féministe en moi veut dire quelque chose sur la beauté qu’il y à a connecter votre corps à votre nourriture et d'explorer la puissance qu'a votre vagin.»

Slate.fr

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