Tech & internet

Beaucoup de gens ne croient pas utiliser Internet quand ils vont sur Facebook

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 10.02.2015 à 14 h 47

Repéré sur Quartz, The Guardian, SmithsonianMag, The Wall Street Journal

Et c'est un problème.

Facebook. REUTERS/Dado Ruvic

Facebook. REUTERS/Dado Ruvic

«Non, j'utilise pas Internet. Par contre, Facebook, j'adore!»

Le site Internet américain Quartz a mené une drôle d'étude dans deux pays, repérée par Reader. Il a commandé un sondage pour savoir si les Indonésiens et les Nigérians utilisaient Internet et Facebook. Et, comme Quartz l'indique sur son site, 9% des Nigérians et 11% des Indonésiens interrogés ont dit utiliser Facebook mais pas Internet.

Ces résultats rejoignent ceux de Christoph Stork en Afrique et ceux de Helani Galpaya qui avait effectué le même type de recherches, en Indonésie, trois ans plus tôt.

«Il semblait que dans leur esprit, l'Internet n'existait pas. Il n'y avait que Facebook.»

Et cela, Facebook l'avait plus ou moins prédit. Un article du blog Digits du Wall Street Journal du 20 janvier dernier racontait ainsi comment Facebook pensait s'étendre dans les pays en voie de développement. Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook expliquait alors:

«Les gens rentreront dans des magasins de téléphonie et diront "Je veux Facebook". Certaines personnes confondent Facebook et Internet, dans certains endroits.»

Si Quartz rappelle qu'il serait stupide de tirer des conclusions à partir d'échantillons aussi petits (seules 500 personnes ont été interrogées à chaque fois), le site explique également comment, pour certains, Facebook est devenu Internet.

Le site d'information fait le lien avec internet.org, «un partenariat mondial entre leaders dans le domaine technologique, organismes à but non lucratif, communautés locales et experts qui collaborent pour offrir Internet aux deux tiers de la population mondiale qui n’y a pas accès». Largement porté par Facebook et son patron Mark Zuckerberg, internet.org permet au passage au réseau social de conquérir de nouvelles parts de marché, qui n'existaient pas jusque-là. Et surtout, de les contrôler.

«L'application disponible dans une demi-douzaine de pays offre seulement un accès gratuit à Facebook, Facebook Messenger et quelques autres services (la liste précise varie selon les pays). La plupart de ces services sont bien intentionnés et liés au développement: les droits des femmes, l'emploi, les informations sur la santé des futures et jeunes mamans, une FAQ sur Ebola. Les seules concessions au Web plus large sont Wikipedia et le moteur de recherche de Google. Mais pour cliquer sur un lien Google, il faut un abonnement –et ça c'est l'utilisateur qui le paie.»

On se retrouve donc dans une sorte d'Internet fermé. Pour ces utilisateurs, Facebook est donc Internet et comme l'expliquait l'un des inventeurs du World Wide Web, Tim Berners-Lee, au Guardian en janvier dernier, c'est un problème. Voici ce que concluait l'auteur de l'article, John Naughton:

«Le but des politiques publiques partout dans le monde devrait être d'augmenter l'accès à Internet –à tout ce foutu Internet, pas à une alcôve contrôlée par une entreprise– pour autant de personnes que possible.»

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