Rentrée 2009: lettre ouverte à mes nouveaux parents d'élèves
Avant d'être des parents d'élèves, vous êtes des parents d'enfants. La part qui vous revient dans leur réussite scolaire est cruciale.
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Mesdames, Messieurs,
Il est rare qu'un agent du service public de l'éducation nationale, prenant part à l'interminable débat sur l'école, s'adresse directement aux parents. Le plus souvent, la communication sur ce sujet procède de deux attitudes qui la maintiennent en vase clos. Le corporatisme, d'abord : les profs n'aiment pas qu'on se mêle de leurs affaires - même si les affaires en question sont...les vôtres, au premier chef. La démagogie, ensuite: il arrive que tel ou tel ministre de (la réforme de) l'éducation nationale vous associe - ou, pire, vos enfants - à ses initiatives, en multipliant les consultations et autres carrefours participatifs, tout en sachant que le schmilblick n'en sera point avancé pour autant, car, comme le disait Pierre Dac, «le schmilblick ne sert absolument à rien, il peut donc servir à tout, car il est rigoureusement intégral».
En réalité, cette mise à l'écart n'est pas très grave. Je conçois qu'elle vous agace, surtout si vous payez des impôts et craignez - avec raison - qu'ils soient en partie gaspillés. Mais l'enjeu essentiel de l'éducation est ailleurs, vous le savez bien. N'oubliez pas, à l'heure où s'ouvre une nouvelle année scolaire, qu'avant d'être des parents d'élèves, vous êtes des parents d'enfants. Mieux, même: les parents de vos enfants. Autrement dit, la part qui vous revient dans la réussite scolaire de ces derniers est cruciale. Elle dépasse très largement le cadre de l'école.
Ou plutôt, elle dépasse le cadre de l'éducation nationale. Car école et éducation nationale ne sont pas des synonymes. L'école recouvre un champ très vaste, celui du savoir, du savoir-être, du savoir-faire, du faire savoir et du faire faire. L'éducation nationale, elle, désigne l'ensemble des institutions affectées à la transmission, au perfectionnement et à l'élargissement du savoir et des savoir-faire. L'école vise deux fins: la noblesse et l'efficacité de l'existence; tandis que l'éducation nationale a pour seul objet l'efficacité de l'existence.
Soyons clairs: la mission première de l'éducation nationale n'est pas de «servir l'esprit» mais de permettre aux enfants de trouver, une fois adultes, les moyens de subvenir à leurs besoins fondamentaux: se nourrir, se vêtir, s'abriter, se divertir, se défendre, se créer un réseau de relations, s'estimer soi-même, etc...
En somme, si vos enfants sont confiés à l'éducation nationale, ils sont d'abord et avant tout à votre école - au sens où l'on dit de quelqu'un qu'il a été à bonne (ou à mauvaise) école. Allons même plus loin: ils s'épanouiront d'autant mieux dans le cadre de l'éducation nationale qu'ils auront cultivé, à votre école, certaines dispositions intellectuelles, psychologiques et mentales. Comment et lesquelles?
Inutile de s'embarrasser de mille résolutions - l'ardeur des étés indiens ne résiste pas longtemps aux premières pluies de la Toussaint... Restez réalistes. Pour rendre vos enfants plus efficaces tout au long de l'année, appliquez, sous une forme un peu détournée, le conseil de Saint Augustin à ses disciples : «Aime et fais ce que tu veux». Pour vos enfants, cela devient: «Travaille et fais ce que tu veux.»
Que veut dire «travailler», pour un enfant ou un adolescent? En premier lieu, un impératif simple: exécuter à la lettre ce que demande le professeur, c'est-à-dire écouter en classe, apprendre ses leçons, faire ses exercices, réviser pour les contrôles. Ni plus, ni moins. C'est la règle. Et, comme disaient les moines d'autrefois: «La règle, rien que la règle, mais toute la règle.»
Ensuite, de l'ordre. L'ordre n'exclut pas le nombre. On peut faire des tas de choses, et les faire bien. De même qu'il y a une case «Sommeil», une case «Divertissement», une case «Copains/Copines», une case «Facebook», une case «Repas», une case «Douche», il est indispensable qu'il y ait une case «Travail scolaire».
En outre, travailler signifie cultiver ses dons et ses passions. Le moment venu, ils pourront constituer une perspective d'orientation professionnelle. C'est en particulier valable pour tous ces jeunes qui s'adaptent difficilement au système scolaire classique. Très souvent, leur secours vient de leurs centres d'intérêt. Votre fils passe tout son temps libre devant son ordinateur? Invitez-le à découvrir les métiers de l'informatique, qui sont si variés. Votre fille est une fashion-victim? Encouragez-la à devenir styliste, attachée de presse, vendeuse de mode, couturière... En suivant leurs rêves, les jeunes acquièrent un savoir en vue d'un savoir-faire, démarche mille fois plus motivante - et donc plus efficace - que l'absorption du savoir à l'état pur.
Enfin, conseillez à vos enfants de vivre avec leur temps: l'époque n'est plus au bling-bling, mais au «modeste chic» prôné par Karl Lagerfeld. Mille ans avant lui, Hugues de Saint-Victor l'expliquait déjà, dans son De Studio Legendi : «Le bon étudiant devra donc être humble, doux, loin des désirs de la vanité et des apparats de la volupté, diligent, soucieux d'apprendre à étudier une question à fond avant de juger.» L'humilité, voilà la vertu à honorer en ce début d'année. Elle disposera l'élève à l'émerveillement devant le savoir et permettra ainsi au professeur...d'avoir la paix en classe!
Matthieu Grimpret
Essayiste et professeur dans l'enseignement secondaire
Image de Une: Cour de récréation Charles Platiau / Reuters
Mis à jour le 01/09/2009 à 6h27














































Que voilà une tribune bien gentillette ("écouter en classe, apprendre ses leçons, faire ses exercices, réviser pour les contrôles"). M. Grimpret enseigne probablement à des élèves qui suivent ses recommandations mais elles ont un gros défaut (qu'un enseignant ou un parent vérifie chaque jour): il ne suffit pas de demander quelque chose à un enfant pour qu'il le fasse. En tant que parent, je dirai que l'éducation, c'est l'apprentissage de la prise en charge de soi-même. En France, le système est fait pour les bons élèves. On le voit d'ailleurs dans les conseils de classe où les professeurs passent bien plus de temps à se féliciter d'avoir de bons élèves qu'à imaginer des solutions pour ceux qui rament. Quand je suis en rogne je finis par leur dire "mais vous savez, s'il est bon vous n'y êtes pas pour grand chose"; ces élèves appliquent seulement les conseils de M. Grimpret naturellement. Ce qui m'intéresse moi ce serait plutôt de savoir ce que propose M. Grimpret pour ceux qui n'appliquent pas ces conseils et là on rentrerait dans le rôle véritable de l'éducateur.
Tout a fait d'accord avec JBoss, j'ajouterai que ce qui est valorisé dans ce comportement souhaité, c'est la docilité au système scolaire, prélude à la docilité dans l'entreprise et la sociéte pour le plus grand bonheur du patronat et des bien pensant en général. Surtout que rien ne change pour les nantis du système ! Avec cet objectif en tête, il est fondamental de "rémunérer" la docilité à l'école et d'éliminer les récalcitrants par tous les moyens et au plus vite. Ce que l'éducation nationale fait fort bien d'ailleurs!
Bon courage aux récalcitrants pour cette rentrée scolaire. Il en faut beaucoup pour supporter ce système 6 heures par jours.
Non Monsieur Grimpet n'est pas un gros naif idéaliste. Monsieur Grimpet aimerait seulement faire le boulot pour lequel il est payé à savoir transmettre, souvent avec passion, des connaissances pour élever nos enfants vers les terres dans lequelles ils s'épanouiront humainement et professionnellement.
Maintenant, Monsieur Grimpet regrette que dans le temps qui est impartit aux professeurs, il faille gérer beaucoup d'autres choses que d'autres auraient pu traiter en prenant tout leur rôle.
les parents en premier chef, qui, pour le bonheur de leurs chères têtes blondes confondent souvent éducation et épanouissement voire qui interviennent à tout bout de champ pour juger l'action des enseignants, donnant autant d'arguments aux enfants pour aller contre les contraintes qu'ils détestent de plus en plus.
les professeurs qui, s'ils sont souvent compétents dans leur matière, ne savent pas la transmettre ou la rendre intéressante. Dans ce cadre, l'éducation nationale a beaucoup de tords dans la formation et l'ouverture vers l'hétérogénéité des méthodes admises.
l'éducation nationale qui fait à la fois de la politique politicienne donc de la communication et qui reste immobile par bien des aspects et notamment sur le contenu des programmes, la formation des enseignants, l'adaptation permanente nécessaire.
la collectivité au sens large qui doit accompagner les éducateurs et les enseignants pour aider ceux qui en ont besoin à aller vers le niveau à atteindre mais qui n'a pas les moyens de le faire. Si une frange aisée de la population a les moyens de payer Acadomia et consorts (massivement des professeurs de l'éducation nationale qui font des heures supp'), la plupart ne peut le faire ce qui accroit les inégalités dans la réussite.
Monsieur Grimpet a donc raison de dire qu'il aimerait transmettre ses connaissances à des élèves attentifs, poussés à apprendre par leurs éducateurs et dans un cadre organisé et efficace autour duquel les plus faibles seraient soutenus par la collectivité. Il a raison parce qu'un système efficient est tiré vers le haut, se fixe des objectifs ambitieux et met en oeuvre les moyens de les atteindre.
Malheureusement pour Monsieur Grimpet, il n'est pas au bout de ses peines car chacun dans son domaine tire contre l'autre plutôt qu'avec lui.
Monsieur le professeur, vous écrivez bien, j'aime beaucoup votre style.
en commençant la lecture de cette tribune, j'ai eu une impression très positive de quelqu'un qui comprend, qui prend le temps de comprendre, ce qui signifie une qualité d'écoute, d'observation, une disponibilité et une générosité ... trop rares. plaisir et espoir...
Et tout à coup, virage. Le texte devient n'importe quoi !
je cite :
Que veut dire «travailler», pour un enfant ou un adolescent? En premier lieu, un impératif simple: exécuter à la lettre ce que demande le professeur, c'est-à-dire écouter en classe, apprendre ses leçons, faire ses exercices, réviser pour les contrôles. Ni plus, ni moins. C'est la règle. Et, comme disaient les moines d'autrefois: «La règle, rien que la règle, mais toute la règle.»
AU SECOURS !!!!
on se croirait chez les jésuites !!!
Tu vas obéir et réciter ta leçon et me ramener un bon bulletin sinon tu seras puni !!
Eh, mais attendez, vous avez bien été enfant dans votre vie, non ? Vous ne vous souvenez pas à quel point nombre d'ados ont bien d'autres soucis que de subir ce bourrage de crâne ? Comme l'écrit très bien JBoss ci-dessus, la question n'est pas tant pour l'enseignant de remplir la tête des bons élèves (ça l'éducation nationale c'est son truc- le sacro-saint programme), mais de donner le gout de la connaissance et de la vie à ceux qui ont du mal, justement ! Aller chercher dans leurs qualités, leurs compétences, leurs lueurs d'espoir les enfants qui ne sont pas sur les rails, pour leur proposer autre chose que des punitions, une orientation par défaut et la relégation de "mauvais élève" qui colle à la peau et au moral...
Comme si les enfants faisaient exprès, juste pour vous embêter, de ne pas travailler, de ne pas écouter, de ne pas faire leurs exercices...
J'appelle ça de l'abus de pouvoir, cette violence ordinaire qui consiste à forcer le passage dans le moule : soyez bien obéissants, conformes au standard, ne nous dérangez pas, ne soyez pas créatifs ou libres, parce ça on ne sait pas gérer, il faut qu'on garde le pouvoir, la maitrise des cerveaux. Votre avenir c'est d'être de bons salariés qui consomment et paient des impôts.
Et après on voit tous ces adultes autoritaires, arcboutés sur la reproduction du formatage qu'ils ont eux-mêmes subi (parce que c'est pas nouveau, ce système), faire subir aux autres tous ces carcans d'entraves de l'esprit, saisir chaque occasion de la vie courante pour ne pas les respecter, les règles !
Je roule n'importe comment, je suis en retard, je gruge la file d'attente, je gruge les impots, je grignote tel petit privilège pour compenser... LA FRUSTRATION !
de ne pas etre créatif, de ne pas etre libre, de ne pas etre moi-même.
Les enseignants ne sont qu'une partie de ce système, les parents en font partie au premier chef, mais souvenez vous, à quel point justement toutes ces heures passées sur les banc de l'école (35h par semaine, env. pendant 12 ans minimum quand même) sont décisives ? tel professeur qui a donné le gout, ou dégouté ? tel professeur qui a valorisé un talent, montré une voie ou au contraire cassé tous les élans ?
Vous avez une place décisive dans la construction des individus, c'est une responsabilité considérable, elle dépasse largement les programmes scolaires et les bonnes notes.
C'est la frustration qui génère la violence dans le monde, la votre comme celle des élèves.
On n'en a pas fini avec la révolte des jeunes, ils ne se laissent plus impressionner...
Où comment faire entrer l'étoile dans le carré coûte que coûte.
"exécuter à la lettre ce que demande le professeur, c'est-à-dire écouter en classe, apprendre ses leçons, faire ses exercices, réviser pour les contrôles. Ni plus, ni moins."
Voilà pourquoi j'ai préféré faire une autre choix pédagogique pour mes enfants. Et la découverte ? L'expérimentation ? Le plaisir d'apprendre ? La collaboration ? Les centres d'intérêts ? La participation parentale ?
La "transmission du savoir" telle que décrite dans votre article ne fonctionne qu'avec des enfants passifs. Ce n'est pas une question d'époque ou d'éducation : jamais vous n'obtiendrez 100 % d'enfants fonctionnant correctement dans le modèle que vous nous vendez là. C'est quand même incroyable de passer tant de temps avec des enfants et de les comprendre si peu.
Cordialement
Une ex-cancre
Dans cet article M. Grimpet répond de manière très subversive à cette question:
- Non l'école ne sert pas à fournir un emploi aux professeurs.
- Non l'école ne sert pas à remplacer l'éducation des parents et à transmettre les valeurs de l'éducation nationale.
- Non, le but premier de l'école n'est pas d'ouvrir l'esprit des élèves. Ca peut être le second objectif bien sur.
- Ce sont les parents qui au travers de leurs impôts et des missions assignées à l'éducation nationale fournissent un emploi aux profs.
- Ce sont les parents qui doivent faire l'éducation des enfants.
- Le but premier de l'école est de fournir aux élèves les moyens de se débrouiller dans la vie quand ils seront grands.
Et pour ça les profs ont besoin des parents pour que ceux-ci rappellent aux enfants pourquoi ils sont à l'école et les règles de base de l'apprentissage : Ecouter en classe, apprendre ses leçons, faire ses exercices, réviser pour les contrôles.
Une fois ces missions clairement définies, on peut réflechir aux moyens que l'éducation nationale doit mettre en place pour aider les enfants dont les parents ne liront jamais cette lettre.
C'est simple c'est clair, mais c'est surtout subversif car ça va à l'encontre de tous les concepts, tout le vocabulaire, que les profs français ont construit pour empêcher le quidam moyen de venir les remettre en question.
N.B.: Les travailleurs servile au service des patrons sont ceux qui créent la richesse sur laquelle est prélevé l'impôt qui paye les salaires des profs. Un peu de respect pour les masses laborieuses, SVP.
Comment ne pas s'étonner à la lecture des commentaires ci-dessus de l'incompréhension grandissante et persistante entre parents et professeurs ??
Je me demande comment l'Education Nationale a réussi par le passé à créér les conditions de l'ascenseur social et pourquoi aujourd'hui elle n'y arrive plus. Certainement qu'il y a du tort de plusieurs côtés : proffesseurs, parents, Etat...
Mais au-delà d'un débat sur l'Education Nationale, j'aimerais rappeler une chose:
quand on donne aux parents le statut de parents d'élèves avec la loi Jospin 89, il fallait bien s'attendre à des dérapages en tous genres. Car c'est le début de la sacralisation de l'enfant avec son corollaire de "mon chéri mon coeur a toujours raison et il n'a rien fait de mal". Pourquoi croyez vous aujourd'hui que le respect entre individues a disparu, que l'école ne remplit plus sa fonction, que la violence gratuite augmente etc etc...? Parce qu'en donnant toujours raison à des parents benêts qui préfèrent croire leur gosse plutôt que son instituteur, on dévalorise complètement la fonction, on sape l'autorité et on mine le respect mutuel que se doivent des êtres. Sans parler des parents qui chez eux passent tout à leur chérubin...
Mais tant mieux, laissons faire, le fruit est mûr il faut le manger. Une fois que les parents tout puissant qui démissionnent de leurs rôles premiers auront démoli l'Education Nationale et enfanté des gosses pourris gâtés qui pleurent au moindre refus, je souhaite bon courage dans la vraie vie à leur rejeton.
Vive mai 68 !
Je ne vois pas en quoi "apprendre ses lecons, faire son travail, écouter en classe..." amène les individus à devenir des asservis ! Seuls des étroits d'esprit animés par une conscience de lutte des classes d'un autre âge peuvent en conclure des ânneries pareilles ! D'ailleurs je me demande comment le monde occidental a pu se développer avec de telles conditions inadmissibles du début du siècle jusque mai 68 ! Comment l'Education Nationale a pu enfanter des générations de génies scientifiques, littéraires, artistiques avec sa méthode asservissante et violente envers le pauvre petit chérubin ??
Notre Société marche vraiment sur la tête.
Lorsque je me plaignais auprès de mon père le soir après que l'instituteur ait pu me taper avec la règle, il me disait : s'il l'a fait c'est qu'il avait raison. Et bien je n'en suis pas mort figurez-vous ! C'est étonnant pas vrai ! Je ne suis pas pour un retour à la sanction corporelle, mais c'est bien pour vous montrer qu'il y a un juste milieu entre trop d'autorité et trop de laxisme, lequel ne mène absolument à rien. Si, à la médiocrité et au nivellement par le bas.
Bien à vous chers parents !
Je pensais devoir écrire un commentaire mais le votre exprime parfaitement mon avis. Particulièrement votre passage sur l'asservissement et le laxisme qui nivellent par le bas.
Personnellement je viens de la classe moyenne, parents divorcés, collège difficile et pourtant mes parents m'ont soutenus et aujourd'hui je suis en école de commerce et je vais devenir expert-comptable. Et s'il faut à un moment apprendre ses leçon et faire ce que le professeur dit c'est que cela forge l'esprit. Sans matière première, on ne peut pas réfléchir, par exemple pour aller plus loin que les commentaires (presque haineux) contre le "système".
Commentaire que l'on pourrait d'ailleurs appliquer à beaucoup d'autres institutions tellement ils sont générales et vindicatifs.
Merci encore Bobootie, pour votre verve et vos idées. Et puis ça fait toujours plaisir de lire des gens qui prennent le temps de réfléchir avant d'écrire (peut-être car vous avez appris vos leçon ??!!)
Alexis, étudiant boursier
Exactement Alexis ! J'ai appris mes leçons. Et ça ne m'empêche pas de penser librement aujourd'hui...
Bravo pour votre parcours, le diplôme d'expert-comptable est difficile et par ailleurs long !
"Je me demande comment l'Education Nationale a réussi par le passé à créér les conditions de l'ascenseur social et pourquoi aujourd'hui elle n'y arrive plus": vous faites bien de vous poser la question. Quand j'ai passé le bac en 1978, c'est pas si vieux, 25% d'une classe d'age avait le bac (c'est 65% aujourd'hui). Si l'on peut dire, le tri était fait avant avec tout de même 75% d'une classe d'age qui n'avait pas le bac. L'idée que vous soutenez est une idée fausse depuis fort longtemps, c'est une idée reçue. Seulement quand la situation économique est meilleure les 75% ont plus de facilité à se placer et autrefois les métiers manuels n'étaient pas dévalorisés comme aujourd'hui.
Vous avez raison de le souligner, sauf qu'en Allemagne aussi, la sélection est faite à l'image de ce qui se faisait à une époque : bien avant le bac. Ce n'est pas une question d'idée reçue, c'est une question d'adéquation de la formation aux besoins du monde économique en France. On a voulu conduire toute une classe d'âge au Bac général en pensant qu'avec des étudiants diplômés on allait résorber le chômage des jeunes. Quelle vision pleine de sens auourd'hui n'est ce pas ? Cette pédagogie réclamée par la gauche bien pensante a accouché d'une situation inextricable : le Bac ne vaut plus rien et pourtant sans lui personne ne vaut rien, d'autant plus lorsqu'on a dévalorisé la filière manuelle, comme vous le dîtes très justement. Mais ce n'est pas la faute des professeurs ni de l'Education Nationale, ceci est la résultante d'une politique inadaptée...
Tout ceci est bien compliqué.
Regardez déjà le temps que l'on perd quant à la définition même de l'éducation nationale.
Si elle redevenait Instruction Publique, ce serait plus clair non ?
Déjà, je commencerai à imposer le quota chez les instituteurs. La profession s'est trop féminisée, où sont les hommes en costume qui en imposent ?
Quand on est petit, avoir un maître en costume n'est pas la même chose qu'une maîtresse sympa ou non, maternelle ou non.
C'est que ça commence tôt la vie...
Mon coeur saigne à lire cette phrase: "Soyons clairs: la mission première de l'éducation nationale n'est pas de «servir l'esprit» mais de permettre aux enfants de trouver, une fois adultes, les moyens de subvenir à leurs besoins fondamentaux" phrase si simpliste et si partielle qu'elle en devient ridicule.
Bien sûr, il faut maitriser les bases, bien sûr il faut une certaine discipline dans l'apprentissage et,bien sûr, les parents jouent un rôle essentiel. Mais qui ne se souvent de tel ou tel prof qui lui a ouvert l'esprit sur un sujet entièrement nouveau, qui lui appris à être autant quà savoir?
Au CE2, mon instituteur était albigeois. C'était l'époque où on recevait des images. Un jour, il m'a offert une photo de la cathédrale d'Albi; il était si ému, que je lui ai demandé pourquoi (en CE2!). Il a commencé à me parler de sa ville et j'en ai gardé la certitude que je la visiterais un jour, vœu que j'ai réalisé des années plus tard. Au Lycée, mon prof de Maths faisait de temps en temps une pause pour expliquer les prolongements métaphysiques du calcul infinitésimal, avec quelques digressions vers le Bouddhisme et l'hindouisme. J'en commencé à étudier ces religions et je passe maintenant une grande partie de ma vie en Asie du Sud pour mon travail. En Terminale, mon prof de philo était psychanalyste. J'ai découvert avec lui tout un champs inconnu.
Tout cela ne compte pour rien?
A vous entendre, on remplacera bientôt les profs par des ordinateurs?