Monde / Parents & enfants

Est-ce que vous exigeriez d'enfants de demander pardon pour le terrorisme?

Temps de lecture : 2 min

«Si des étrangers vous demandaient de vous excuser pour quelque chose que vous n’aviez pas fait, que leur répondriez-vous?», questionnait le 9 janvier Javaria Akbar dans un article de Vice. Après les attentats de Charlie Hebdo, il a été demandé aux dirigeants de l'islam français et aux musulmans en particulier de condamner l'acte terroriste, de s'en désolidariser. On se rappelle d'Ivan Rioufol poussant aux larmes la journaliste militante Rokhaya Diallo. Si certains ont pu trouver normal ce raisonnement pourtant «tout à fait stupide» –comme le qualifie Thomas Guénolé dans une tribune de Libération– la vidéo ci-dessus pourrait les faire changer d'avis.

Le producteur AbdelKarim El-Fassi filme de jeunes enfants prêts à s'excuser pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Le but: dénoncer le principe de «culpabilité par association» explique The Independent.

Intitulée #Letsunite (unissons-nous), la vidéo montre cinq enfants que l’on persuade de devoir s’excuser pour des attaques terroristes commises par des individus qui, soi-disant, leur ressemblent.

Un enfant d’origine marocaine se voit ainsi poussé à demander pardon cinq fois pour des crimes commis par des Marocains. Un bambin aux cheveux blonds doit s’excuser du meurtre collectif commis par le Norvégien Anders Breivik. Un autre est comparé par son père aux assassins de Charlie Hebdo parce qu’il porte un chapeau et que les frères Kouachi avaient la tête couverte.

Selon Abdelkarim El-Fassi, le clip vise à faire réfléchir sur la culpabilité collective et son impact sur les individus, jusqu’aux enfants dont la confiance peut être endommagée.

«Je ne me suis jamais senti aussi mal à l’aise en réalisant une vidéo», raconte le producteur cité par The Independent.

«Bien sûr, c’est totalement immoral et pédagogiquement irresponsable, et pourtant, en tant que société nous avons pratiqué ça au niveau macro pendant des années. Nous avons poussé certaines communautés à se sentir coupables pendant des années.»

L’année dernière, le réalisateur avait aussi utilisé des enfants pour sa campagne vidéo #doyoucare qui visait à attirer l’attention sur le nombre d’enfants morts durant les conflits à Gaza en 2014, rappelle The Independent.

Il n’est pas rare de voir des enfants jouer dans des vidéos de sensibilisation. Fin 2014, une vidéo de la marque FCKH8 mettait en scène des petites filles pour dénoncer, avec force jurons, les clichés sexistes et les violences faites aux femmes.

Une vidéo choquante d'après certains commentateurs qui s'offusquaient du nombre de gros mots employés par les fillettes. Pourtant ces mêmes petites filles apportent dans la séquence une réponse anticipée à la polémique qu'elle suscite: «Qu’est-ce qui est le plus offensant? Une petite fille qui dit “fuck” ou la manière totalement sexiste dont la société traite les femmes et les filles?»

«Preuve, s’il en fallait une, qu’un enfant peut être indigné par les inégalités» dont il est victime et qu’il est à même de les dénoncer.

Slate.fr

Newsletters

En Irlande, «celles qui n’ont pas d’argent ont des bébés»

En Irlande, «celles qui n’ont pas d’argent ont des bébés»

Ce 25 mai, les Irlandaises et Irlandais sont appelés aux urnes pour le référendum sur la révision du huitième amendement de la Constitution, qui rend l’IVG illégale dans quasiment tous les cas.

La vraie recette du populisme

La vraie recette du populisme

Lignes et esthétiques japonaises

Lignes et esthétiques japonaises

Entre 2004 et 2016, Emily Shur s'est rendue plus de quinze fois au Japon. «J'ai fait un effort conscient pour concentrer ma photographie uniquement sur l'expression de mon point de vue individuel, raconte la photographe. Je ne pense pas que mon...

Newsletters