Partager cet article

SwissLeaks: les femmes au foyer bien occupées chez HSBC

Housewife / Ethan via Flickr CC License By

Housewife / Ethan via Flickr CC License By

Avec les SwissLeaks, des dizaines de journaux partout sur la planète publient ce lundi des articles sur des clients qui ont placé des millions dans des comptes très secrets de la banque HSBC. Les fichiers récupérés par les journalistes rassemblent les informations contenues par l'application Customer Relationship Management de la banque, essentiellement entre 2006 et 2007.

Sur son site, l'ICIJ –l'International Consortium of Investigative Journalists, qui a travaillé avec Le Monde pour sortir des informations au même moment dans plusieurs rédactions– s'intéresse à une étrange catégorie: le nombre de «femmes au foyer» répertoriées dans les dossiers d'HSBC, qui compilait toutes sortes d'informations sur les visites en Suisse de ses clients.

Quand les comptes en banque indiquaient la profession de leur propriétaire –et beaucoup ne l'indiquaient pas, précise l'ICIJ– «femme au foyer apparaît à une fréquence incroyable, bien plus souvent que des professions plus logiquement rentables comme docteurs, avocats ou diamantaires».

Les femmes au foyer représentent ainsi plus de 7.300 clients du nombre total de propriétaires de compte dont HSBC indiquait la profession, loin devant deux autres catégories non-associées à une compensation financière: les «sans profession» et les «étudiants» représentent ensemble moins de 4.000 clients.

L'ICIJ note que ces «femmes au foyer» sont parfois bien des femmes au foyer, mais pas que. Ainsi, Mary Wells Lawrence, 86 ans, qui a fondé une entreprise de publicité en 1966 et à qui l'on doit entre autres le slogan  «I love New York». Lolowah al-Faisal al-Saud, princesse saoudienne, vice-présidente du conseil d'administration de la première université privée pour les femmes en Arabie saoudite. Khunying Patcharee Wongpaitoon, une femme d'affaires thaïlandaise qui a eu un compte chez HSBC de 1992 à 1994 et a fui la Thaïlande après avoir été accusée dans une affaire de criminalité financière. Ou encore Arlette Ricci, héritière de 74 ans de la célèbre couturière Nina Ricci, et dont le procès pour fraude fiscale s'ouvre en France le 16 février.

Les clients d'HSBC utilisaient toutes sortes de stratégies pour ne pas trop en révéler sur eux, parmi lesquelles la possibilité d'avoir un compte lié à un numéro plutôt qu'à un nom, comme celui du roi du Maroc Mohammed VI. Ou encore celle d'avoir un nom de code pour garder plus secrète son indentité –The Guardian a notamment repéré «Capitaine Kirk» et «Capitaine Haddock».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte