France

Dans le Doubs, le PS bat le FN sans triomphalisme, grâce à la hausse de la participation

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 08.02.2015 à 22 h 06

Photo d'illustration. REUTERS/Charles Platiau

Photo d'illustration. REUTERS/Charles Platiau

Article mis à jour à 21h10

Dans la 4ème circonscription du Doubs, où le résultat de la législative partielle était très attendu, le socialiste Frédéric Barbier remporte l'élection (51,43%) face à la candidate du Front national, Sophie Montel (48,57%). La participation a connu une forte hausse entre les deux tours, avec près de dix points supplémentaires, passant de 40 à 50%.

Le candidat PS devance Sophie Montel de 863 voix.

Une victoire loin d'être acquise si on se réfère au rapport de force à l'issue du premier tour et à l'évolution du FN depuis les dernières législatives. Lors des élections législatives de juin 2012, 22 circonscriptions avaient connu un duel de second tour opposant la gauche au FN, tous gagnés par la gauche. Cependant les candidats de gauche n'avaient alors jamais gagné plus de 10 points entre les deux tours. Ce qui ne pouvait suffire si on s’en tient aux résultats du premier tour dans le Doubs:

  • Avec un total de voix de gauche au premier tour de 37,68%, dont 28,85% pour Frédéric Barbier, contre 32,65% pour le FN, la gauche avait perdu plus de 10 points depuis 2012, quand Pierre Moscovici avait remporté 40,81 % des voix au premier tour, et avait été élu au second dans une triangulaire. 
  • L'abstention n'était alors "que" de 40%, contre 60% dimanche dernier.

Le PS devait donc compter sur les abstentionnistes et sur un bon report des voix de l’UMP, dont le candidat a obtenu trop peu de suffrages pour se maintenir au second. Or les duels PS-FN qui ont eu lieu lors des législatives en 2012 montrent que les électeurs de droite se sont tournés vers le candidat FN dans des proportions allant de la moitié aux deux tiers (et parfois plus). Et de plus, l'UMP avait appelé à voter blanc ou à s'abstenir, à l'issue d'un débat mouvementé et cacophonique. Dans cette élection, la candidate améliore son score de près de 17 points, signe d'un bon report sur elle des voix de l'UMP. 

C'est probablement la plus forte mobilisation d'électeurs qui avaient voté à gauche en 2012 et qui étaient restés chez eux le dimanche précédent qui a permis au PS de sauver la mise. Sans triomphalisme: l'abstention reste élevée, et le FN passe de 24,47% au second tour de la triangulaire de 2012 à 48,57%.

"Je ne me réjouis pas, je ne pavoise pas, ce succès je le dois aux forces républicaine", a d'ailleurs déclaré le candidat victorieux

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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