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Les Romains étaient-ils de bon «managers» d’esclaves?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 09.02.2015 à 9 h 36

Repéré sur Aeon

Rome / Moyan Brenn via Flick CC License By

Rome / Moyan Brenn via Flick CC License By

La façon dont les Romains traitaient leurs esclaves fournit-elle des indices sur la bonne manière de manager? Oui, selon la thèse provocatrice de Jerry Toner, historien de l’université de Cambridge, qui a écrit un Guide romain du management d’esclaves en 2014 à partir d'un vrai traité écrit par un riche citoyen de Rome, et développe le parallèle dans un article publié sur Aeon.

Après tout, «les propriétaires d’esclaves comme les entreprises veulent extraire le maximum de valeur de leur capital humain, sans l’épuiser ni provoquer une rébellion ou une fuite», et comparer les deux situations n’est donc pas totalement absurde.

Les esclaves, comme les ressources humaines, sont des investissements importants, et les traiter trop sévèrement amoindrit donc la valeur du patrimoine du maître comme du capital humain de l’entreprise. De plus, si un maître pouvait être remboursé en cas d’esclave addict aux jeux, la loi romaine ne prévoyait rien si ce dernier se montrait simplement fainéant. La question de la motivation au travail de l’esclave était donc prise au sérieux, rappelle l’historien. La plupart des Romains trouvaient que la cruauté envers les esclaves était choquante, mais aussi contre-productive. Ils comprenaient que les esclaves ne pouvaient pas être forcés par la terreur à bien faire leur travail.

Via Amazon.
 

Les esclaves pouvaient donc bénéficer de –maigres– bonus, comme du temps libre. Pour s’attacher la loyauté des esclaves les plus efficaces, une forme d’incentive consistait à leur promettre la libération, qui pouvait avoir lieu au bout d’une décennie si l’esclave était méritant.

En revanche, le recours aux châtiments et à la torture, fréquents, comme à la crucifiement, maintenaient la force de travail dans une obéissance absolue et diminuait le risque de mouvements sociaux. Sauf lors des trois révoltes qui ont eu lieu lors du Ier siècle avant notre ère. 

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