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Arko Datto: à la découverte de la dépression saisonnière au Danemark

David Rosenberg, traduit par Grégor Brandy, mis à jour le 06.02.2015 à 18 h 00

Tejs Møller préfère quitter le Danemark au moment de l'hiver pour éviter de souffrir de dépression saisonnière. / Arko Datto

Tejs Møller préfère quitter le Danemark au moment de l'hiver pour éviter de souffrir de dépression saisonnière. / Arko Datto

Pour beaucoup de gens, l'hiver marque le début d'une période récurrente de dépression connue comme la «dépression saisonnière».

Arko Datto a déménagé au Danemark en 2013 pour étudier à l'Ecole danoise de journalisme. Il est arrivé en janvier pendant l'un des hivers les plus froids que le Danemark ait eu à affronter dans son histoire récente: «Ça m'a frappé de plein fouet. Je me suis replié sur moi-même, et je n'avais pas beaucoup d'énergie.»

C'est en partie parce qu'il savait qu'il allait retourner en Inde d'ici la fin de l'année qu'il a réussi à surmonter tout cela. Quand il a finalement pu ressortir son appareil photo, il sentait qu'il comprenait mieux ce que vivaient les gens qui souffraient de dépression saisonnière et a commencé à travailler sur une série à propos de ce trouble.

En revanche, trouver des gens à photographier était compliqué. Arko Datto explique que même s'il a trouvé que les Danois étaient sympathiques, il les a également trouvés réservés et estimait qu'ils avaient du mal à engager un dialogue émotionnel. Il a créé une page Facebook sur ce projet et a commencé à approcher des gens dans la rue. Un ami danois l'a aidé à construire une pancarte pour son projet et il la transportait devant les stations de transports en commun à Copenhague et Aarhus, en espérant qu'ils trouveraient plus de monde pour participer. Finalement, il a réussi à entrer en contact avec plusieurs volontaires. «J'ai interagi avec ces gens pendant une longue période», raconte Arko Datto.

«Je leur ai parlé de leur problème, ils m'ont raconté par écrit comment cela les affectait et ensuite on parlait de comment on pouvait faire un portrait basé sur comment ils se sentaient quand ils étaient affectés par cela. Et finalement, j'en arrivais au portrait qui capturait le mieux dans quelle situation ils étaient.»

L'hiver mais aussi l'été

A côté des portraits inclus dans le projet qu'il a intitulé S.A.D., Arko Datto a interviewé ses modèles et a recherché les symptômes et traitement de la dépression saisonnière, ainsi que des informations sur un plus petit groupe de gens qui souffrent de ce trouble pendant les mois d'été.

Pour l'instant, le travail d'Arko Datto se concentre sur le Danemark, mais il dit espérer continuer à rencontrer des gens dans d'autres pays scandinaves ainsi qu'au Canada. Il aime travailler sur plusieurs projets en même temps pour s'imprégner de ses nouvelles idées.

«C'est important de prendre un peu de recul sur ce que l'on a fait et revenir dessus ensuite.»

Il a découvert que, comme pour les autres maladies mentales, beaucoup de gens acceptent simplement qu'il n'y a pas grand chose à faire à propos de la dépression saisonnière, que c'est une autre partie de la vie avec laquelle il faut vivre.

Comme les discussions sur ce sujet se poursuivent et que les traitements sont de mieux en mieux connus, on peut espérer que ces douleurs vont prendre fin.

«C'est une lutte cyclique pour beaucoup de monde. C'est marrant parce que le nombre de personnes atteintes est énorme, mais d'une certaine façon, c'est accepté. Les gens savent qu'il y a une raison à cela, mais ce n'est que depuis peu que l'on a des discussions médicales sur ce sujet.»

David Rosenberg
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