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A quoi servira la «bibliothèque de venin» bientôt ouverte en Australie?

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 06.02.2015 à 11 h 26

Repéré sur The Sydney Morning Herald, The Guardian, Sciences et Avenir

Une dose de venin du taïpan du désert suffit à tuer 100 hommes adultes. Oxyuranus microlepidotus at the Universeum Science Park in Gothenburg, Sweden via Wikimedia Commons

Une dose de venin du taïpan du désert suffit à tuer 100 hommes adultes. Oxyuranus microlepidotus at the Universeum Science Park in Gothenburg, Sweden via Wikimedia Commons

L’Australie s’apprête à créer une banque de venin selon le Sydney Morning Herald. Celle-ci sera installée au musée de Melbourne, et comprendra des échantillons de venin et de tissus des centaines d’espèces dangereuses présentes sur le sol australien.

La plupart du temps, le venin est récolté dans le but de fabriquer des antidotes. Mais d’après Nick Clemann, qui travaille à l’institut Arthur Rylahbeaucoup de choses sont encore à découvrir à ce sujet. Les chercheurs tentent par exemple de découvrir si le venin d’animaux de la même espère varie selon leur âge ou leur origine géographique.

En France, il y a peu d'espèces dangereuses. Si chaque année 1.000 morsures de vipères sont recensées, seulement 1 à 5 personnes en meurent. Dans un dossier, le CHU de Rouen explique que les abeilles, guêpes et frelons sont le plus souvent responsables des décès liés à des animaux en Europe.

Pourtant, il existe bien un risque, puisque de plus en plus de particuliers se mettent à avoir chez eux des animaux dangereux importés d’autres continents. Le dossier du CHU de Rouen évoquait déjà ce problème en 2000: la prise en charge des patients est plus compliquée puisque les anti-venins correspondant à des animaux exotiques ne sont pas disponibles sur le marché français. Posséder une sorte de bibliothèque recensant les venins d’espèces dangereuses, comme c’est le cas pour le musée de Melbourne, pourrait notamment permettre une prise en charge plus rapide des patients dans les centres anti-poison.

Mais ce n’est pas la seule utilité d’une banque de donnée comme celle que s’apprête à créer l’Australie. Comme le rapporte le Sunday Morning Herald, le venin est utilisé dans les préparations pharmaceutiques: un ingrédient dérivé du venin de l’escargot de mer sert à préparer un antidouleurs. Cette toxine est 1.000 fois plus puissante que la morphine.

Ces six derniers mois, les scientifiques australiens de l’institut Arthur Rylah ont collecté le venin de 12 serpents, qui ont ensuite été gardés dans du formol. Si ces serpents appartiennent pour l’instant tous aux espèces issues du serpent-tigre –une espèce que l’on trouve facilement en Australie– la bibliothèque de venin sera bientôt plus fournie, comme l’explique au Guardian Nick Clemann:

«Le ciel est la limite, on pourrait avoir des méduses, des abeilles, ou encore des scorpions. Nous utiliserons cette banque pour améliorer la société, mais il y aura aussi des bénéfices pour la biodiversité puisque nous l’utiliserons pour mieux comprendre les relations entre les différentes espèces.»

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