Boire & mangerDouble X

La transmission culinaire passe encore beaucoup plus par les femmes que par les hommes

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 04.02.2015 à 17 h 51

Repéré sur Observatoire des Cuisines Populaires

Mais il y a quand même quelques progrès.

Wholegrain Cooking Class at Trupp Cooking School/ Dorota Trupp via Flickr CCLicence By

Wholegrain Cooking Class at Trupp Cooking School/ Dorota Trupp via Flickr CCLicence By

«Les Français et la transmission culinaire»: ce très vaste sujet est le titre d’une étude Ifop/Lesieur pour l’Observatoire des Cuisines Populaires –qui s’intéresse donc à la cuisine de tous les jours, de tout le monde– rendue publique ce mercredi. Parmi les résultats de cette enquête, menée sur un échantillon national représentatif de 1.000 personnes âgées de 18 à 70 ans «cuisinant au moins de temps en temps», on remarque clairement que cette transmission (concernant les techniques, les recettes, les produits...) reste encore largement une affaire féminine.  

Déjà, les chiffres généraux sont parlants: 51% des hommes contre 64% des femmes cuisinent (sous-entendu: préparent et assemblent plusieurs aliments et ingrédients) au moins tous les jours. Comme le soulignait le sociologue Thibaut de Saint Pol (de l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po) lors de la présentation de l'étude, ce chiffre est assez représentatif de la répartition inégalitaire des activités «domestiques» (il y a plus d’1h30 de différence par jour entre femmes et hommes selon l’Insee). 

Les femmes ont en parallèle une image moins agréable de la cuisine, la «nécessité» arrive en première place (pour 35%) alors que c’est plus «un moment de partage et de convivialité» qui emporte les suffrages chez les hommes (33%). Et les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes à aimer beaucoup cuisiner (46% et 45%). Paradoxal s'ils cuisinent moins? Pas vraiment. Selon le sociologue, il faut simplement distinguer la cuisine quotidienne, nécessaire, et celle des occasions particulières, qui concerne plus les hommes, plus liée au plaisir et beaucoup plus valorisante...

Ce qui a été transmis

Fabriquer un fondant au chocolat, faire cuire un oeuf ou réussir une blanquette de veau... quand on se penche sur l’apprentissage à proprement parler, 52% des gens disent avoir appris à l’origine par eux-mêmes. Le support papier arrive alors en tête, suivi d’Internet, et loin derrière de la télé. 

Et 55% des Français ont aussi appris au début grâce à quelqu’un d’autre… La mère, principalement (41%), le père arrivant très loin derrière (5%), précédé par la grand-mère (7%). Et la transmission est passée encore plus par la mère quand on est soi-même une femme. Mais les 18-24 ans ont en moyenne quand même appris un peu plus de choses avec leur papa que leurs aînés. Ouf.

Les personnes sondées ont appris des choses différentes avec leurs deux parents: les mères ont davantage enseigné des «recettes simples à réaliser» ou «traditionnelles», des «techniques de base», des «tours de main, des astuces». Chez les pères, c’est plus «apprendre à reconnaître ce qui est bon» et «à choisir les bons aliments (fraîcheur, maturité, saison)». Bref, là encore, le père a eu le beau rôle dans la transmission, le côté plus culturel, pédagogique, lié au plaisir, tandis que la mère s’est généralement coltiné la technique et les rudiments.

Ce que l'on veut transmettre: encore un peu plus aux filles...

Quand on demande aux personnes interrogées à qui elles transmettent –ou voudraient transmettre– désormais leurs connaissances en cuisine, «ma ou mes filles» arrive en premier (35%), «mon ou mes fils» obtient 26% des réponses. Ces chiffres sont cependant très différents en fonction des âges: les plus jeunes vont plus vouloir transmettre à leurs amis ou conjoint(e), et ne font pas de différence entre fils et fille. Et aujourd’hui on veut transmettre des choses d’à peu près même nature aux enfants, filles et garçons. Et la manière de transmettre (surtout en réalisant des plats ensemble) est aussi la même pour tous. 

Globalement, les réponses des plus jeunes (18-24 ans et 25-34 ans) permettent quand même d'espérer que la transmission de la bonne bouffe et de la manière de la faire sera de plus en plus une affaire autant de pères que de mères, de garçons que de filles.

L’étude met en évidence d’autres résultats très intéressants sur les déterminants de la cuisine populaire, notamment générationnels (on cuisine plus fréquemment entre 35 et 49 ans, mais on aime plus faire la cuisine entre 18 et 24 ans). Mais aussi sur les bonnes raisons générales d’apprendre à cuisiner: pour «manger équilibré et varié» (48%), pour «mon plaisir» (46%), pour «faire plaisir à mes amis/ma famille» (45%) ou encore pour «éviter les plats tout prêts» (42%). 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte