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Conducteurs de car, ils font le trajet Liban-Syrie, en dépit du danger

Temps de lecture : 2 min

Un car victime d'une explosion, à Damas, le 1er février 2015 REUTERS/Omar Sanadiki
Un car victime d'une explosion, à Damas, le 1er février 2015 REUTERS/Omar Sanadiki

En pleine guerre civile, certains transports en commun continuent de fonctionner en Syrie. Une journaliste du quotidien The Telegraph a interviewé Mohammed, un conducteur de car qui fait régulièrement le trajet de Beyrouth à Alep. Son véhicule est criblé de balles et il a été blessé à l'oeil par un éclat d'obus.

La route qu'il emprunte passe par des zones où il y a parfois des échanges de tirs entre djihadistes de l'Etat islamique et forces gouvernementales, et les passagers courent le risque d'être kidnappés ou volés.

La ville d'Alep, actuellement divisée entre forces pro-Assad et djihadistes, a été presque entièrement détruite, «mais les gens veulent tout de même rendre visite à leur famille ou voir ce qu'il reste des maisons qu'ils ont quittées», explique Ruth Sherlock, la correspondante du Telegraph.

En 2013, un article de Al Monitor expliquait que de nombreux réfugiés syriens au Liban faisaient en effet le voyage jusqu'en Syrie pour voir leurs proches, malgré le danger. Avant la guerre, le trajet Beyrouth Alep prenait 5 heures, mais avec les checkpoints, il dure plutôt 10 heures.

Ceci dit, la situation s'est quelque peu améliorée en matière de transport depuis que le gouvernement syrien autorise les autocars à utiliser une route militaire dans la région de Lattaquié, explique The Telegraph.

A Beyrouth, la journaliste a aussi interviewé Abed, un conducteur de car qui fait la route jusqu'à Raqqa, une ville entièrement contrôlée par l'Etat islamique. Pour faire son travail, il a été obligé de se laisser pousser la barbe. «Si je n'ai pas de barbe, au mieux, les djihadistes ne me laisseront pas entrer», explique-t-il au Telegraph.

Avant l'arrivée à Raqqa, le chauffeur fait une pause pour que les femmes se recouvrent du voile intégral, qui est obligatoire dans la ville. De Raqqa à Beyrouth, Abed explique qu'il ne peut pas vendre de billets à des hommes nés après 1985, car l'Etat islamique craint que les résidents en âge de se battre quittent la ville pour rejoindre les forces militaires syriennes.

Mohammed et Abed ont chacun des collègues conducteurs qui ont été tués par des snipers ou des explosions, mais ils ont besoin de continuer à travailler pour nourrir leurs familles.

Des envoyés spéciaux de France Inter, Valérie Crova et Gilles Gallinaro avaient aussi récemment interviewé des passagers dans un autocar allant vers Raqqa. Avant l'arrivée, un homme âgé faisait une pause cigarette, sa dernière avant l'arrivée:

«S'ils nous voient en train de fumer, ils nous fouettent. Même s'ils trouvent un paquet caché dans la poche, c'est sept jours de prison!»

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