Science & santéMonde

La Grande Barrière de corail pourrait être sauvée grâce à des modifications génétiques de ses coraux

Repéré par Fabien Jannic-Cherbonnel, mis à jour le 03.02.2015 à 17 h 55

Repéré sur The Guardian, The Wall Street Journal

Un touriste nage dans la barrière de corail australienne. REUTERS/HO/Great Barrier Reef National Park Authority.

Un touriste nage dans la barrière de corail australienne. REUTERS/HO/Great Barrier Reef National Park Authority.

La génétique sauvera peut-être la Grande Barrière de corail. C’est en tout cas le but de l’agence de recherche marine du gouvernement Australien. D’après le Guardian, celle-ci tenterait d’altérer génétiquement certaines espèces de coraux pour qu'ils résistent au réchauffement des océans.

L’annonce arrive pile au bon moment pour l’Australie: l’Unesco avait récemment critiqué la gestion par le pays de sa Grande Barrière de corail, classée au patrimoine de l’humanité depuis 1981.

Comme l’explique Le Monde, la barrière pourrait être réduite à 10% de sa taille actuelle à cause du réchauffement climatique. La pollution et une augmentation de la température de l’eau de deux degrés pourraient tout simplement faire disparaître la barrière au final. Pire, le nombre de coraux a été divisé par deux en tout juste 30 ans.

L’Australie cherche donc de nouveaux moyens de préserver la biodiversité de ses océans. Le Guardian raconte que de nouveaux travaux de recherche ont commencé à l’institut australien, quand des chercheurs ont décidé de croiser différents types de coraux dans le but de créer de nouveaux hybrides.

Des coraux de la partie centrale de la Grande Barrière de corail ont donc été croisés avec d’autres coraux situés dans la partie sud, aux eaux plus froides. L’idée étant de voir si l’hybride serait plus résistant à des températures élevées. Et ça ne s’arrête pas là: les scientifiques australiens cherchent aussi à savoir si ils peuvent modifier l’algue qui vit à l’intérieur des coraux.

Si la manœuvre fonctionne, l'Australie pourrait bien sauver ses coraux. Il faut normalement des milliers d’années aux coraux pour s’adapter à de nouvelles températures.

Madeline van Oppen, une des chercheuses de l’institut, explique au Guardian le sens de la démarche:

«Nous voulons créer de la diversité génétique ainsi que de nouvelles variations génétiques, ensuite nous laisserons la sélection naturelle faire son travail. (…) C’est théoriquement possible. Nous allons expérimenter pendant les cinq prochaines années pour savoir si ces manipulations fonctionnent.»

Ces recherches permettent en tous cas à l’Australie de montrer patte blanche quand à sa volonté de sauver sa barrière. L’Unesco a annoncé récemment qu’il pourrait considérer la barrière comme «en danger» en juin si l’Australie ne met pas en place des mesures drastiques.

Un état des lieux réfuté par le pays qui a envoyé un rapport à l’organisation internationale lundi pour mettre en lumière les efforts effectués. Le Wall Street Journal note tout de même quelques bonnes nouvelles: le niveau de sédiments présent dans l’eau de la barrière a baissé de 11% et le niveau de pesticide de 28% en juste six ans.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte