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Pourquoi les présidents américains ne sont-ils plus bilingues?

Temps de lecture : 2 min

Barack Obama au département de la Sécurité intérieure à Washington le 2 février. REUTERS/Larry Downing
Barack Obama au département de la Sécurité intérieure à Washington le 2 février. REUTERS/Larry Downing

Vous ne vous souvenez pas de la dernière fois qu’un président américain s’est exprimé en français? Et pour cause: depuis Franklin D. Roosevelt (1882-1945), aucun président des Etats-Unis n’a été bilingue. Pour l’historien Gordon Chang, interrogé par Mashable, «avant FDR, il y eu un certain nombre de présidents de haute extraction. Les personnes qui ont un haut niveau d’études ont plus de chances de parler couramment une seconde langue».

Mais cela n’explique pas pourquoi John F.Kennedy, qui avait une éducation de haut niveau, ne parlait qu’anglais. Selon Larry Sabato, directeur du centre de politique de l’université de Virginie, on ne s’intéressait pas assez aux langues étrangères aux Etats-Unis à l’époque:

«Pendant une grande partie de l’histoire américaine moderne, on n'insistait pas sur l’étude des langues, on ne l'encourageait même pas, ni dans nos écoles primaires, ni nos écoles secondaires, ni nos universités.»

D'ailleurs, les capacités linguistiques des candidats à la présidentielle ont souvent été perçues de manière négative par les Américains. C’est le cas pour Mitt Romney, accusé en 2011 par ses détracteurs d’être «trop Français», ou encore pour le francophile John Kerry. Comme l'explique Larry Sabato:

«Il y a toujours une crainte américaine cachée au sujet du "candidat de la Mandchourie", l’idée que quelqu’un qui ne soit pas un vrai Américain puisse devenir président.»

Une crainte handicapante pour un pays dont la population sera composée à 37% d’immigrés en 2050, selon une étude de Pew Resarch.

Mais cette peur est également ancrée dans d’autres cultures, comme en Inde, où le premier ministre Narendra Modi a décidé, en juin dernier, de ne plus parler qu’en hindi durant ses rencontres avec d’autres leaders internationaux.

En 2010, Arne Duncan, le secrétaire américain à l’Education, avait évoqué ce «fossé linguistique» entre les Etats-Unis et le reste du monde, soulignant que seulement 18% des Américains parlent une seconde langue, contre 53% des Européens. De quoi redonner confiance aux présidents français, dont la maîtrise de la langue de Shakespeare laisse parfois à désirer, comme le souligne le site French Morning.

On se souvient par exemple du «Friendly» lancé par François Hollande à la fin d'une lettre adressée à Barack Obama, et qui ne signifie pas «amicalement» mais «sympathique», ou encore du «Do you want me to go back to my plane?» de Jacques Chirac à Jérusalem.

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