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En France, plus de 40% des adultes ont un niveau d'étude supérieur à celui de leurs parents

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.02.2015 à 14 h 39

Repéré sur OCDE

Lycée Bartholdi / francois schnell via Flickr CC License By

Lycée Bartholdi / francois schnell via Flickr CC License By

L’OCDE publie une étude qui compare le niveau de diplôme des adultes à celui de leurs parents [PDF] dans les pays membres de l'organisation.

En France en 2012, un peu plus de 40% des adultes âgés de 25 ans à 64 ans possédait un niveau de formation supérieur à celui de leurs parents. C’est ce qu’on appelle la mobilisation ascendante. Seule une minorité connaît une mobilité descendante –moindre niveau de diplôme que les parents.

Attention toutefois à ne pas trop s’enflammer sur ces résultats.

Si la mobilité ascendante observée dans d’autres pays comme les Etats-Unis ou les pays scandinaves est plus faible qu’en Fance, cela s’explique aussi par le fait que le niveau obtenu par les parents est déjà haut chez ces derniers, limitant mécaniquement les possibilités d’ascension chez les plus jeunes. De plus «la mobilité ascendante connaît un ralentissement parmi les jeunes générations» dans la plupart des pays. La massification de l’accès à l’enseignement supérieur ayant produit ses effets, il n’est pas étonnant que le niveau de formation des jeunes générations se rapproche de celui de leurs parents.

D’autre part, même si la France se classe en haut de tableau en matière d’élévation du niveau de diplôme, les inégalités d’accès aux études supérieures y sont importantes et dépendent beaucoup du niveau de formation obtenu par les parents.

OCDE. Les jeunes atteignent-ils un niveau de formation supérieur à celui de leurs parents?

Le rapport rappelle également qu’une faible mobilité ascendante est préoccupante quand elle «implique la reproduction chez les jeunes générations du faible niveau d’instruction de leurs parent». C’est le cas en particulier en Espagne et en Italie avec entre 40% et 50% d’adultes qui, comme leurs parents, ne sont pas diplômés du deuxième cycle du secondaire (lycée).

Cette note de l’OCDE s’inscrit dans la volonté des pays développés de former des «jeunes actifs hautement qualifiés» pour soutenir leur croissance.

Un rapport des économistes Philippe Aghion et Elie Cohen en 2004, Education et croissance, distinguait les économies d’imitation et de rattrapage comme la France, qui nécessitent un investissement éducatif sur le primaire et le secondaire des économies d’innovation, celles qui sont en tête de la compétition internationale, et pour lesquelles un haut niveau d’étude est nécessaire pour alimenter la R&D des entreprises et de la recherche publique.

On trouve chez le sociologue américain Randall Collins une thèse inverse, celle de la «spirale inflationniste en matière d’éducation», selon laquelle la banalisation des diplômes les dévalorise et oblige les jeunes à entrer dans une course pour des qualifications toujours plus longues à obtenir sans garantie d’être récompensé à la hauteur des efforts demandés. Comme il l’écrit dans un ouvrage collectif récemment paru, Le capitalisme a-t-il un avenir?

«Le système scolaire massifié et sa logique inflationniste prétendent fournir aux étudiants une voie d’accès aux emplois d’élite mais, en réalité, ils les abandonnent pour la plupart à un marché du travail où ce ne sont justement que des emplois subalternes qui sont disponibles –à moins que vous ne soyez plus brillant que 80% de vos camarades de classe.»

Le diplôme reste cependant un rempart efficace contre le chômage. Une autre note de l’OCDE montre qu’avoir une proportion élevée d’étudiants parmi les 20-29 ans ne réduit pas le taux d’emploi des 25-34 ans diplômés du tertiaire… Sauf en Grèce. 

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