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Les bibliothèques françaises devraient organiser des #shelfies

Une série de #shelfies/ Capture d'écran du site Gramfeed

Une série de #shelfies/ Capture d'écran du site Gramfeed

La New York Public Library est bien plus avance que nos bibliothèques françaises en matière de communication...

Pour la deuxième fois cette année, la New York Public Library a organisé un shelfie day. Le jeu de mot? shelf veut dire étagère en anglais. 

La bibliothèque publique américaine, qui a atteint l'âge respectable de 120 ans, incite ainsi les jeunes à se rendre dans une bibliothèque, à y faire des selfies entre les rayonnages ou un livre à la main, seuls ou à plusieurs, et à poster la photo sous le hashtag #libraryshelfie.

En 2014, plus de 1.200 posts Instagram et plus de 1.700 tweets avaient été envoyés avec ce hashtag, de onze pays différents et en 6 langues.

S'il est difficile d'estimer le nombre de personnes qui se sont effectivement rendues dans une bibliothèque à cette occasion, et encore plus de dénombrer celles qui sont reparties avec des livres, l'opération est un succès pour la deuxième fois cette année, au moins en termes de nombre de photos postées dans les bibliothèques, essentiellement par des adolescents. D'autres personnes se sont parfois contentées de publier des clichés des rayonnages de livres de leur propres maison. «Quoi de plus révélateur sur une personne que son étagère de livres?» demandait le Guardian en 2013 dans un article sur les shelfies. (Plein d'autres choses en vrai, comme vos poubelles. Mais personne ne veut apprendre des choses sur vous via des photos de vos poubelles).

Modernisation

La New York Public Library travaille depuis quelque temps sur la modernisation de sa communication, et la façon dont elle pourrait attirer de nouveaux publics. Dès 2013 par exemple, des photomatons y avaient été installés, et les photos étaient visibles directement sur Internet: une initiative visant déjà à se rapprocher des réseaux sociaux. 

A l'époque, Ken Weine, vice-présidente de la communication de la NYPL expliquait au site FastcoExist: 

«C'est un terrain nouveau pour nous. Une institution telle que la notre doit trouver de nouvelles manières de communiquer avec les gens, dans la vraie vie et en ligne, et ce qui est amusant avec ce projet c'est que nous faisons les deux à la fois.»

NYPL VS BNF

Le compte instagram de la bibliothèque new-yorkaise culmine aujourd'hui à près de 70.000 abonnés, un chiffre honorable d'après the Daily Dot mais qu'on ne peut malheureusement pas comparer à un équivalent français, la BNF n'ayant pas de compte instagram...

Notons tout de même une tentative similaire en France, même si elle ne s'adressait pas spécifiquement aux plus jeunes: en octobre 2014, la bibliothèque du Centre Pompidou avait lancé un concours de selfie à l'occasion de leur «Selfie Party» mais c'était pour gagner des cadeaux dans le cadre d'un cycle de réflexion sur l'autoportrait (le selfie des gens morts) comme «genre privilégié dans les pratiques artistiques» notamment par Rembrandt, Courbet ou Van Gogh.

Mais l'audace de nos bibliothèques n'atteint pas celle des consoeurs américaines. La NYPL a par exemple également incité les participants à créer leur propre #emojibooks. A la manière du celèbre Moby Dick réecrit tout en emoji par Fred Benenson. 

Le succès de l'oeuvre avait d'ailleurs conduit la Bibliothèque de Congrès (qui constitue la bibliothèque nationale américaine) à intégrer cette version du roman de l'écrivan Herman Melville dans son catalogue.

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