Égalités / Culture

«Peu séduisante et en surpoids»: la nécrologie sexiste de Colleen McCullough, l'auteure des «Oiseaux se cachent pour mourir»

Temps de lecture : 2 min

L'auteure australienne du best-seller Les oiseaux se cachent pour mourir est décédée jeudi 29 janvier, et la presse du monde entier lui rend hommage. En général, les articles évoquent que son roman le plus célèbre s'est vendu à 30 millions d'exemplaires et qu'avant de devenir écrivain, elle était chercheuse en neurosciences à la prestigieuse université de Yale aux Etats-Unis.

Mais le quotidien The Australian a tenu à parler de son physique dès le premier paragraphe:

«Colleen McCullough, l'écrivaine la plus populaire d'Australie, avait un charme unique. Peu séduisante et en surpoids, elle était cependant chaleureuse et pleine d'esprit. Dans une interview, elle avait dit: “Je ne me suis jamais intéressée à la mode ou à ma silhouette, mais pourtant, je n'ai jamais eu de mal à attirer les hommes.”»

Comme le rapporte The Telegraph, ces phrases ont rapidement été ridiculisées sur Twitter sous le hashtag #myozobituary, ma nécrologie australienne (Oz veut dire Australie). De nombreux internautes ont écrit des parodies de biographies, comme la journaliste Jessica Valenti:

«Avec des nichons potables mais un visage pas terrible, elle a quand même réussi à trouver un homme. Il paraît qu'elle a aussi écrit des livres.»

Le Sydney Morning Herald a également répliqué en créant de fausses nécrologies d'écrivains:

«Dégarni et ressemblant au clown Ça sans maquillage, Roald Dahl avait malgré tout un certain talent pour le grotesque.»

Comment un tel paragraphe d'introduction sur le surpoids de Colleen McCullough a-t-il pu passer inaperçu dans The Australian, un journal par ailleurs respectable? Selon le site australien Crikey (cité par Jezebel), la nécrologie avait été préparée il y a quelques années par un journaliste décédé depuis, et l'éditeur qui l'a relue avant le bouclage n'a bizarrement pas été choqué par le «peu séduisante et en surpoids».

Dans The Guardian, la chroniqueuse Rebecca Shaw rappelle un épisode similaire, lorsqu'en 2013, le New York Times avait commencé sa nécrologie de la scientifique Yvonne Brill avec cette phrase (désormais coupée sur le site du journal):

«Elle faisait un super boeuf Stroganoff, a suivi son mari dès qu'il changeait de poste, et a arrêté de travailler pendant huit ans pour élever ses trois enfants.»

L'idée était certes de contraster ce tableau traditionnel avec les réussites scientifiques de Brill (qui a inventé un système de propulsion pour garder les satellites de communication en orbite), mais le rappel de son rôle de femme au foyer dès l'ouverture était incroyablement malvenu.

Slate.fr

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