Égalités

Par respect pour les transgenres, une université américaine demande à son personnel de ne plus utiliser «Monsieur» et «Madame»

Temps de lecture : 2 min

Plus généralement, la doyenne de la City University of New York veut promouvoir un environnement ouvert à ceux qui ont des identités de genre fluide ou non conformes à la binarité homme/femme habituelle.

A la City University of New York, en avril 2010. REUTERS/Shannon Stapleton.
A la City University of New York, en avril 2010. REUTERS/Shannon Stapleton.

Les journalistes conservateurs américains adorent se moquer de ce qu'ils considèrent être des excès du politiquement correct dans les campus et, cette semaine, ils ont été servis: la directrice du centre doctoral de la City University of New York (CUNY) vient de demander à l'administration et aux professeurs de ne pas utiliser les termes M. ou Mme dans leur correspondance avec les étudiants, rapporte le Wall Street Journal. Les professeurs sont encouragés à utiliser les noms complets des étudiants ou potentiels étudiants.

Derrière cette décision, il y a la volonté de ne pas immédiatement préjuger du fait que si on s'appelle «Laura», on s'identifie en tant que femme. Il s'agit donc de respecter l'identité des personnes transgenres ou de celles qui ne s'identifient pas comme homme ou femme.

Cette note interne a été envoyée ce mois-ci aux professeurs et employés de ce centre universitaire qui accueille environ 5.000 étudiants au niveau master et doctorat. Pour la directrice Louise Lennihan, il s'agit de créer un environnement de travail ouvert aux personnes transgenres et, plus généralement, à toux ceux qui ont des identités de genre fluide ou non conformes à la binarité homme/femme habituelle.

Interviewée par le Wall Street Journal, une représentante de l'association LGBT Empire State Pride Agenda explique que c'est une innovation souhaitable dans la mesure où les termes M. et Madame «sont des formalités dépassées et inutiles... qui risquent de mal caractériser quelqu'un».

Mais certains professeurs ont critiqué cette règle, qui devrait être mise en pratique dès le semestre de printemps. Dans un éditorial intitulé «Master en débilité à CUNY», le quotidien New York Daily News explique qu'on peut probablement être tolérant sans éliminer ces mots:

«Si un homme devient une femme, ou vice versa, ou n'est ni l'un ni l'autre, il ou elle doit être appelé(e) comme il ou elle le souhaite. Mais les universités ne devraient pas tenter de lutter contre les discriminations en modifiant la langue.»

Dans les campus américains, certains étudiants remettent désormais en question la validité de la binarité de genre homme/femme, d'où, par exemple, la revendication d'avoir des toilettes unisexes. Cette nouvelle génération de militants s'intéresse non plus uniquement au combat sur l'acceptation de l'orientation sexuelle, mais à un questionnement sur l'identité sexuelle et sa possible fluidité. Ils sont minoritaires mais certaines de leurs revendications, comme le fait d'utiliser le pronom neutre «ze» au lieu de «he» (il) ou «she» (elle), sont débattues sérieusement dans de nombreuses universités.

Mise à jour pour remplacer le mot «transexuel» par «transgenre» comme traduction de «transgender», et préciser d'autres termes ayant rapport au genre.

Slate.fr

Newsletters

Le legging, outil d'émancipation féminine

Le legging, outil d'émancipation féminine

C'est moche, c'est mou, ça boudine. Pourtant, le legging pourrait bien être, sans le savoir, un vrai vêtement politique.

«J'ai découvert que leur groupe de conversation s'appelait “Week-end entre couilles”»

«J'ai découvert que leur groupe de conversation s'appelait “Week-end entre couilles”»

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Justine, dont le conjoint passe une fois par an un week-end réservé à lui et à ses amis masculins.

Les féminicides sont-ils vraiment en hausse depuis début 2019?

Les féminicides sont-ils vraiment en hausse depuis début 2019?

Derrière l'affirmation récente que désormais, une femme est tuée tous les deux jours par son conjoint ou son ex se cache une réalité statistique bien plus complexe.

Newsletters