Culture

Comment les mèmes de Ryan Gosling peuvent rendre les hommes plus féministes

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 29.01.2015 à 17 h 24

Montage Slate.fr à partir d'une photo de Ryan Gosling pendant un photocall à Cannes le 20 mai 2014. REUTERS/Yves Herman

Montage Slate.fr à partir d'une photo de Ryan Gosling pendant un photocall à Cannes le 20 mai 2014. REUTERS/Yves Herman

Ryan Gosling a beaucoup de qualités. D'abord il ressemble à ça: 

Ensuite c'est un très bon acteur –on peut parler de Drive... ou on peut parler de The Notebook (N'oublie jamais en VF), contribution non négligeable à l'histoire des comédies romantiques, au panthéon mondial des fantasmes, et à celui des baisers sous la pluie.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, Ryan Gosling a aussi enrichi l'Internet mondial en inspirant le mème «Feminist Ryan Gosling» –des propos féministes écrits sur des photos de lui (qui est par ailleurs féministe).

Et ce mème-là pourrait aider à changer le monde. 

Le Hollywood Reporter rapporte en effet que des étudiantes de l'université de Saskatchewan se sont penchées sur la façon dont le «feminist Ryan Gosling»  influe sur les convictions féministes. «Leur étude a montré que les hommes qui avaient vu une photo de Ryan Gosling avec des propos féministes écrits dessus étaient plus susceptibles de souscrire à des thèses du féminisme radical que le groupe témoin, qui n'observait que des photos de Ryan Gosling sans texte», explique le Hollywood Reporter.

Un exemple donné par le Hollywood Reporter: des hommes ayant vu ce mème étaient plus enclins à adhérer à l'idée que «les hommes utilisent les lois sur l'avortement et les techniques de reproduction pour contrôler la vie des femmes». Ils n'avaient pas plus tendance que les autres à s'identifier comme féministes cependant. «Feminist Ryan Gosling» n'avait pas de conséquence notable sur les femmes.

Les deux étudiantes n'ont pas choisi de montrer à un groupe uniquement des phrases féministes –sans Ryan–, parce qu'elles voulaient tester la façon dont des images circulant largement sur Internet pouvaient affecter les gens, détaille le Hollywood Reporter.

Cette étude permet de tirer deux conclusions: les mèmes sont plus que des petites blagues sur Internet, ils peuvent avoir un impact idéologique.  

La deuxième: c'est important que les hommes soient associés au féminisme. Cette étude est une étude, réalisée à petite échelle, et relativement peu d'informations sont données. Mais il est précisé néanmoins que l'impact du mème a été plus grand sur les hommes que sur les femmes. Et je déduis –c'est une supposition– que le fait de voir un type beau, sexy, reconnu comme viril, accolé à des propos féministes, autorise en quelque sorte à penser le féminisme comme quelque chose qui ne déviriliserait pas les hommes. L'une des doctorantes, Sarah Sangster, avance d'ailleurs au National Post qu'il est «vu comme un concurrent sexuel, et qu'il devient donc quelqu'un dont on veut être à la hauteur».

Vous allez dire: les hommes qui ont peur d'être dévirilisés sont ceux qui ne sont pas franchement prêts à remettre en question la notion même de virilté, sa supériorité supposée, et à envisager l'importance de lutter contre les stéréotypes et pour le féminisme. 

Je pense au contraire qu'aider à briser cette barrière, en disant aux hommes qui le craignent que leur virilité n'est pas mise en danger par le féminisme, peut les amener au féminisme et leur faire repenser ensuite la virilité. 

Pour cela, c'est important que des hommes fassent partie du combat féministe. Comme Ryan Gosling et son mème. Ce n'est pas toujours simple à faire, et il ne s'agit pas de prendre la parole à la place des femmes pour expliquer qu'il faut mettre fin au patriarcat (vous voyez l'ironie de la chose non?). Mais cette étude rappelle que certains discours sont simplement plus audibles par certaines personnes quand elles sont prononcées par certaines autres. Elle réaffirme l'importance de l'allié. Comme les y invitait déjà une autre personnalité d'Hollywood il y a quelques mois dans un discours émouvant: Emma Watson. 

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte