Société

Nous ne connaîtrons sûrement jamais tous les noms des victimes de la Shoah

Temps de lecture : 2 min

Le livre des Noms (Book of Names), musée d'Auschwitz-Birkenau, le 12 juin 2013. REUTERS/Peter Andrews
Le livre des Noms (Book of Names), musée d'Auschwitz-Birkenau, le 12 juin 2013. REUTERS/Peter Andrews

Alors que l'on commémore le 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, FiveThirtyEight attire l’attention sur le fait que près d’un million de victimes n’ont toujours pas été identifiées.

Il est estimé qu’entre 5 et 6 millions de juifs sont morts durant la Shoah. Jusqu’à présent, Yad Vashem, le musée de l'Holocauste et centre de recherche de Jérusalem, n'a pu recenser que 4,3 millions de victimes et considère n’avoir d’informations que sur 3,5 millions d’entre elles.

Des zones d'ombre persistent. Si l'identité de 98% des victimes françaises est connue selon Yad Vashem, ce chiffre descend à 35% pour la Russie et la Biélorussie. «En Pologne, en Roumanie et en Union soviétique, seulement la moitié des victimes a été identifiée», explique FiveThirtyEight.

Yad Vashem a commencé à réunir les noms de juifs d’Europe et d’Amérique du Nord morts sous le régime nazi en 1955. Quarante employés du musée continuent encore aujourd’hui à se vouer à cette tâche, cherchant des indices sur ceux qui sont morts, où et quand. Alexander Avram, chargé de la base de données centrale, décrit un travail «compliqué et éprouvant» car «les nazis ont laissé peu de preuves de leur génocide» et de nombreux informateurs sont morts, tout comme la plupart des survivants de l’Holocauste.

«Nous n’aurons jamais le nom de toutes les victimes juives», dit Cynthia Wroclaski directrice du projet. «Dans certains lieux, des communautés entières ont été anéanties», ne laissant aucun survivant, pas même un nom.

Pour combler au maximum les trous, les chercheurs ont lancé un appel aux familles et communautés juives d'Europe de l'Est, les pressant de témoigner. «Nous menons une véritable course contre la montre, avant que ceux qui se souviennent ne nous quittent», peut-on lire sur le site du musée. Le rabbin Yakov R. Hilsenrath alertait en 1995: «Chaque jour c’est un peu plus de connaissance qui meurt», reprend le LosAngelesTimes.

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