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L’os pénien des ours fragilisé par la pollution

Repéré par Bénédicte Le Coz, mis à jour le 28.01.2015 à 14 h 44

Repéré sur NewScientist, Washington Post

Ours polaires au zoo de Prague, 4 janvier 2011. REUTERS/David W Cerny

Ours polaires au zoo de Prague, 4 janvier 2011. REUTERS/David W Cerny

Dur dur d’être un ours polaire. Menacé d’extinction par le réchauffement climatique, il est aussi victime de la pollution. Les produits chimiques polluant l’Arctique réduiraient en effet la densité de son os pénien, faisant courir des risques de cassure à la plus intime partie de son anatomie, rapporte le NewScientist.

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Aarhus au Danemark s’est intéressée à l’influence de polluants appelés organohalogénés sur l’organisme des ours polaires. D’après leurs conclusions, ces produits chimiques et en particulier les biphényles polychlorés –des composés utilisés par exemple dans la fabrication de matériel électrique et que l'on trouve notamment dans les déchets– doteraient les ours de plus petites testicules et pénis, et rendraient aussi moins dense leur os pénien –oui, l'os du pénis, vous aviez bien compris. 

Cette moindre densité pourrait affecter leur capacité à se reproduire: Selon Christian Sonne, à l’initiative avec ses collègues de la recherche, si le fragile os pénien «rompt, l’ours ne se reproduira probablement plus».

Les biphényles polychlorés ont été utilisés aux Etats-Unis pendant de longues décennies, notamment dans l'industrie, rappelle NewScientist. Aujourd’hui bannis, ces composés polluants se trouvent toujours en fines particules dans l’air, la terre et les sols et jusqu'en Arctique. L’agence pour la protection de l’environnement américaine (EPA) écrit:

«les biphényles polychlorés peuvent être transportés sur de longues distances et ont été trouvés dans de la neige et de l’eau dans des zones éloignées d’où ils ont été relâchés. (...) Ils sont aussi assimilés par de petits organismes et poissons. En conséquence, les individus qui ingèrent du poisson peuvent être exposés aux biphényles polychlorés».

Les ours polaires ne sont donc pas les seuls touchés par les biphényles polychlorés. Chez l’homme, ils peuvent provoquer des cancers, et affecter les systèmes immunitaires, nerveux et endocriniens.

Les chercheurs s’inquiètent de voir les effets du changement climatique amplifiés par la pollution industrielle. «Le changement climatique engendre un manque de nourriture, qui rend les ours polaires plus minces. Si leur masse corporelle diminue, alors même des petites doses de polluants sont suffisantes pour réduire leurs chances de reproduction», conclut le Washington Post.

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