Consommation: la guerre de l'eau aura bien lieu
Anti-écologiques, trop chères, les eaux en bouteille touchent le fond. La bonne vieille eau du robinet en profite.
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Une période de marasme qui n'est que «transitoire», comme l'affirme Denis Cans? Pas si sûr. Selon Brice Auckenthaler, dirigeant du cabinet conseil en innovation ExpertsConsulting, le mal est profond. «Le consommateur ne croit plus aux avantages de l'eau en bouteille sur l'eau du robinet pour leur santé. Or, les marques ne font qu'argumenter sur le contenu, les apports en sels minéraux, en calcium, en magnésium. Un discours usé qui ne fonctionne pas et qui sème encore plus le doute. Le vrai problème, c'est la bouteille. Elles doivent se battre là-dessus».
De fait, c'est sur le contenant que portent aujourd'hui les attaques. On connaît les arguments des organisations écologistes: la consommation de ces produits génère des centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques dont une bonne partie échappe encore au recyclage. En outre, le transport des bouteilles depuis la source jusqu'au client final est un important facteur de pollution en CO2. Il y a encore dix ans, ce discours était facilement tourné en ridicule et les «Verts» prêchaient dans le désert. Aujourd'hui, ils ont l'oreille des consommateurs, de plus en plus sensibles à l'impact de leurs achats sur l'environnement.
L'eau en bouteille serait-elle devenue le «produit à abattre»? On n'en est pas loin. Partout dans le monde, les exemples de frondes se multiplient. Dans un village d'Australie, les habitants viennent de voter l'interdiction de vendre des eaux en bouteille afin d'éviter le gaspillage des ressources naturelles. Cet été, aux Philippines, un évêque influent, Carlito Cenzon, a prêché leur boycott au nom de la protection de la nature.
La «crise du pouvoir d'achat» n'arrange rien. En France, l'eau embouteillée est de 100 à 300 fois plus chère que l'eau du robinet. En ces temps de vache maigre, l'un des moyens les plus directs de faire des économies est d'abandonner ses packs d'Evian ou de Vittel à 3,90 euros. Les grands distributeurs d'eau, comme Veolia ou Suez Environnement, jubilent. Par la voix de leur organe de communication, le centre d'information sur l'eau (CI.EAU), ils affirment, sondage à l'appui (TNS Sofres), que les Français goûtent de plus en plus souvent à l'eau du robinet. En 2009, 71% en consomment au moins une fois par semaine, c'est quatre points de plus qu'en 2008. Visiblement, les ménages retrouvent des vertus à la bonne vieille eau courante: ils seraient 85% «à lui faire confiance».
Mais cette confiance n'est pas inaltérable, loin de là. Peut-être a-t-elle été entamée par la récente campagne de WWF qui pointait l'impact néfaste de l'eau du robinet sur les malades du cancer. Le mouvement écologiste y dénonçait certaines zones de captage d'eau potable trop proches de cultures traitées à coup de pesticides. Difficile de dire si l'eau en bouteille en a profité, au moins ponctuellement. Une chose est sure, il faudra sans doute plus qu'une campagne écolo un peu confuse pour la sauver de la noyade.
Bruno Askenazi
Image de Une: ERIC THAYER / Reuters
Mis à jour le 03/09/2009 à 17h26









































Il n'y a pas de guerre... que des entreprises qui se gavent de profits et commencent à communiquer autrement quand le vent tourne. Oui l'écologie dénonce depuis des lustres le gaspillage occasionné par les ventes d'eaux en (petites) bouteilles et ces entreprises n'en avaient que faire jusqu'à ce que le consommateur réagisse de lui-même.
La solution pour les entreprises sera de passer par la vente d'eau en bombonnes de 20 ou 50 litres, avec caution pour la bombonne qui est ainsi certaine de rester dans une filière de recyclage jusqu'à sa plus belle mort. De plus, quelques petits emplois de livreurs (pour étudiants costauds) seront à la clé.
Vous verrez bientôt les entreprises telles que Nestlé ou Danone le comprendre et nous abreuver de pubs bienfaisantes pour la grosse bombonne d'or transparent, on parie?
Certes l'eau du robinet est encore moins chère pour le consommateur, mais celui-ci doit s'assurer que ses canalisations sont en assez bon état (sans plomb surtout) pour qu'il puisse la consommer sans danger et que, effectivement, comme le souligne l'article, les captages ne se produisent pas dans des zones sur-polluées de pesticides. Ce qui laisse encore à l'eau en bouteille un marché suffisamment vaste, malheureusement.
L'eau bien fraîche (ou chaude) en bombonne que vous tirez au robinet de votre place de travail ou à la pharmacie: c'est l'avenir des multinationales de l'eau.
Je me souviens d'une conversation que j'avais eue avec un cadre supérieur d'un grand distributeur d'eau, à l'époque du "business en or massif" des eaux en bouteille.
Je disais que ce devait être râlant pour lui, tous ces gens qui refusent de boire l'eau du robinet. Il m'avait répondu du tac au tac : "On se fiche éperdument de ce que les gens boivent, ce qui nous intéresse c'est qu'ils tirent la chasse !"
Conclusion : si guerre il y a, elle sera entre les divers industriels de l'eau en bouteille.
Vive les toilettes sèches de José Bové !
Je vois poindre la nouvelle taxe Ecolo pour épurer l'eau du robinet des nitrates et imposer aux français de boire moins d'eau du robinet chère et de plus en plus rare.
Je fais confiance aux les écologistes pour nous pondre une nouvelle taxe " la pénurie de l'eau"