L'économie américaine au bord de la banqueroute
La croissance des Etats-Unis, toujours construite sur un endettement massif, reste insoutenable.
- Une roulette de casino Bobby Yip / Reuters -
Depuis une vingtaine d'années les économistes annoncent régulièrement le naufrage de l'économie américaine. Les Etats-Unis se développent sur des bases d'une insoutenable instabilité. En regardant de plus près, on s'aperçoit qu'aucun autre pays développé n'enregistre de tels déséquilibres. Les Etats-Unis affichent toutes les caractéristiques d'un pays émergent au bord de la banqueroute. Le cumul de l'endettement ublic et privé atteint des montants plus qu'inquiétants. L'emballement de cette dette globale a débuté vers la fin des années 80 et la crise financière actuelle l'a propulsée à des sommets. Fin du premier trimestre 2009, la dette américaine totale représentait 368% du PIB (Produit intérieur brut) - dont la dette publique plus de 78% du PIB (un rapport à peu près équivalent à celui de la France), l'endettement domestique 277 % du PIB et la dette courante (les échanges avec l'extérieur) environ 13% du PIB.
Quand on dit que les Américains vivent entièrement à crédit, ce n'est pas seulement une image. Que ce soient les consommateurs, les entreprises ou encore l'Etat, tous sont en réalité endettés jusqu'au cou! Mais comment tient leur système? Comment font-ils pour que leur économie reste l'indicateur avancé de toutes les autres? Rappelez-vous le dicton: «quand l'Amérique éternue, tout le monde s'enrhume». Et bien c'est exactement pareil au moment de la guérison, l'économie américaine donne le signal de départ de la reprise mondiale. Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds Monétaire International (FMI) le confirme d'ailleurs sans ambiguïté: «La croissance a repris au niveau mondial. Et les Etats-Unis restent au centre de toute reprise mondiale».
Ainsi, encore cette fois-ci, les Etats-Unis vont défier tous les manuels d'économie classique. C'est donc une croissance insoutenable que les américains réalisent et qui est pourtant la seule à entraîner toutes les autres. Mais, vous devez vous demander: «qui paie dans l'histoire?» Il faut en effet que quelqu'un finance leurs crédits? Et bien l'économie mondiale regorge de fourmis prêtes à soutenir l'économie américaine. Au premier rang, on retrouve les Chinois mais ils ne sont pas les seuls. Les Japonais et les Européens y placent aussi une grande part de leur épargne. Apparemment tout le monde trouve son compte dans cette organisation mondiale de l'économie à part peut-être l'expert qui annonce depuis maintenant des lustres la banqueroute inéluctable du modèle américain.
Rien ne sert de remettre le système actuel en cause, tant les épargnants préfèrent financer le pays le plus endetté au monde. Tout est une histoire de confiance. Les investisseurs internationaux choisissent toujours in fine de miser sur l'économie qui leur paraît la plus forte. Pour eux, pas de doute, ce sont les Etats-Unis. Alors, oui, certains grognent: l'argent qu'ils prêtent, ne leur paraît pas assez rémunéré pour les risques qu'ils prennent - avec notamment un dollar qui ne cesse de se déprécier. Bref, les mécontentements existent. Et on entend brandir alors la menace du découplage des économies. La Chine pourrait prendre le relais et devenir le moteur de la croissance mondiale.
Pourtant, lorsque tout nous portait à croire que l'économie chinoise allait prendre son indépendance au moment de l'éclatement de la crise, aucun signe manifeste n'est apparu. Aujourd'hui, la Chine attend patiemment que son premier partenaire commercial se remette à consommer. Les pays émergents ont encore besoin du commerce américain pour se développer.
Pour l'économiste en chef du FMI, la reprise nécessite un rééquilibrage des comptes courants. Il faut que les pays à forts excédents puissent recourir à la production externe. Comprendre: le chinois doit commencer à acheter américain et l'américain doit arrêter de s'endetter pour épargner. C'est, semble-t-il, l'unique issue pour assurer une phase de croissance plus équilibrée et durable que les précédentes. L'Europe, pour sa part, doit continuer à ramasser les miettes de la croissance mondiale. C'est un acteur de troisième catégorie. Son économie ne représente une menace pour personne. Les Etats-Unis et la Chine sont tranquilles de ce côté-là. Le risque de découplage de l'économie européenne n'est jamais évoqué. Mais, cela ne choque personne.
Oriane Claire
Image de Une: Une roulette de casino Bobby Yip / Reuters
Mis à jour le 05/09/2009 à 13h15










































La réponse est induite dans cet article, les chinois et les pays du moyen orient paieront la dette pour une bonne partie des que le dollar se depreciera.
Vous dites que la dette publique américaine s'élève à 78% du PIB, soit équivalente à la France. Or ce n'est pas vrai car on ne parle pas du même périmètre. La dette publique US intègre le capital inveti dans le fonds de retraite des fonctionnaires, qui sert à générer des revenus financiers pour payer les retraites (selon le principe de la retraite par capitalisation), alors que la France n'a pas provisionné l'ensemble des retraites futures qu'elle doit à ses fonctionnaires en retraite ni investi dans un fonds (l'Etat finance les retraites des fonctionnaires annuellement par le déficit directement).
Sur les chiffres de l'an dernier, où la dette US représentait 70% du PIB, près de la moitié de cette dette était détenue... par l’Etat lui-même et plus précisément par des fonds de garantie des retraites, qui ont accumulé des réserves sous forme de bon du trésor. En d’autres termes, la dette nette réelle (ce que l’Etat américain doit aux acteurs économiques extérieurs à lui) s’élève seulement à 38 % du PIB en 2008. Ce qui fait de l’Etat américain un des Etats les moins endettés des pays développés. La France, en comparaison, n’est pas dans ce cas de figure, car la plus grande partie de sa dette est due à des agents extérieurs à elle.
Si on voulait faire l'inverse, pour comparer les dettes publiques américaines et françaises en ajoutant à la dette publique française un montant équivalent à un provisionnement de retraites des fonctionnaires, il faudrait ajouter environ 900 milliards à la dette publique française! Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique (décembre 2005) précise que "À cette dette doivent être ajoutées les prévisions de dettes correspondant aux engagements de l'État, dont notamment la retraite des fonctionnaires", l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros. La proportion de retraités augmentant, le financement de leurs retraites ne pourra pas se faire ceteris paribus à niveau de dépenses publiques constant."
Sur cette simulation, suivant les dernières estimations de la dette publique française
(Le Fonds monétaire international a estimé, jeudi 30 juillet que la dette publique de la France devrait atteindre en moyenne 95,5% de son produit intérieur brut en 2014, contre environ 73% actuellement et 63,8% avant la crise), si on ajoute 900 Mds eur à la dette actuelle 2009 estimée à 73% du PIB pour un PIB de 2000 Mds eur, on arrive à une dette publique française de 118% !
En fait la dette américaine, financée par des bons du trésor et obligations d'Etat US,comprend une dette de l'Etat sur lui-même au travers de ces fonds de garantie, qui eux-mêmes investissent une grande partie des réserves en bons du trésor et Govies, placement le moins risqué, qui eux-mêmes financent la dette américaine ... Vous suivez ?
C'est ce que l'on appelle une "mise en abyme" de la dette ! Qui en quelque sorte est aussi une mise en abîme ! ;-)
L'article montre ce que l'on comprend depuis 10 ans lque e monde se résume aux US & à la Chine le reste ne compte pas, même l'Inde par son système des castes ne peut pas se hisser au niveau de ces "meneurs". L'Europe oui une naine, par la faute des politiques et des grands industriels, gérés par l'argent des Fonds, et que dire de notre pays gesticulateur dont l'industrie décline, qui est passé à côté des nouvelles technologies dont les finances sont en comparaison aussi désatreuses que celles des US et des politiciens sans vision.
Je pense que nous payons un peu plus chaque jour toute cette incompétence de visionnaire de nos politiciens bien assis pour dormir à l'assemblée et qui dans les universités d'été, de gauche comme de droite, font croire au bon peuple qu'ils seront nous sortir du tunnel dans lequel il nous ont conduits.
Le citoyen doit penser sans l'état car demain se dernier restera le seul à croire encore à ses paroles d' un autre siècle .
Il ne me semble pas exact de dire que les investisseurs prétent à l'économie la plus forte, ce serait plutot à celle qui obtient les meilleures notations, certes parce qu'elle inspire le plus confiance. La nuance a un interet car lorsque les notations (par essence comparatives) jugeront trop élevée la dette américaine et dégraderont sa notation, les preteurs exigeront des taux plus élevés et la capacité d'emprunt américaine s'en trouvera réduite. Les américains consommeront moins et progressivement réduiront la dette. Mais les préteurs préfereront encore longtemps un emprunteur qui a toujours honoré sa parole à un emprunteur incontrolable comme la Chine. On a donc le temps.
la remarque sur la comparaison de la dette américaine et française est trés pertinente. La France ne tire pas l'économie mondiale mais sa note va finir par se dégrader de plus en plus. Nous payons déjà plus cher nos emprunts que les Allemands.