Economie

L'économie américaine au bord de la banqueroute

Oriane Claire, mis à jour le 05.09.2009 à 13 h 15

La croissance des Etats-Unis, toujours construite sur un endettement massif, reste insoutenable.

Depuis une vingtaine d'années les économistes annoncent régulièrement le naufrage de l'économie américaine. Les Etats-Unis se développent sur des bases d'une insoutenable instabilité. En regardant de plus près, on s'aperçoit qu'aucun autre pays développé n'enregistre de tels déséquilibres. Les Etats-Unis affichent toutes les caractéristiques d'un pays émergent au bord de la banqueroute.  Le cumul de l'endettement ublic et privé atteint des montants plus qu'inquiétants.  L'emballement de cette dette globale a débuté vers la fin des années 80 et la crise financière actuelle l'a propulsée à des sommets.  Fin du premier trimestre 2009, la dette américaine totale représentait 368% du PIB (Produit intérieur brut) - dont la dette publique plus de 78% du PIB (un rapport à peu près équivalent à celui de la France), l'endettement domestique 277 % du PIB et la dette courante (les échanges avec l'extérieur) environ 13%  du PIB.

Quand on dit que les Américains vivent entièrement à crédit, ce n'est pas seulement une image. Que ce soient les consommateurs, les entreprises ou encore l'Etat, tous sont en réalité endettés jusqu'au cou! Mais comment tient leur système? Comment font-ils pour que leur économie reste l'indicateur avancé de toutes les autres? Rappelez-vous le dicton: «quand l'Amérique éternue, tout le monde s'enrhume». Et bien c'est exactement pareil au moment de la guérison, l'économie américaine donne le signal de départ de la reprise mondiale. Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds Monétaire International (FMI) le confirme d'ailleurs sans ambiguïté: «La croissance a repris au niveau mondial. Et les Etats-Unis restent au centre de toute reprise mondiale».

Ainsi, encore cette fois-ci, les Etats-Unis vont défier tous les manuels d'économie classique. C'est donc une croissance insoutenable que les américains réalisent et qui est pourtant la seule à entraîner toutes les autres. Mais, vous devez vous demander: «qui paie dans l'histoire?»  Il faut en effet que quelqu'un finance leurs crédits? Et bien l'économie mondiale regorge de fourmis prêtes à soutenir l'économie américaine. Au premier rang, on retrouve les Chinois mais ils ne sont pas les seuls. Les Japonais et les Européens y placent aussi une grande part de leur épargne.  Apparemment tout le monde trouve son compte dans cette organisation mondiale de l'économie à part peut-être l'expert qui annonce depuis maintenant des lustres la banqueroute inéluctable du modèle américain.

Rien ne sert de remettre le système actuel en cause, tant les épargnants préfèrent financer le pays le plus endetté au monde. Tout est une histoire de confiance. Les investisseurs internationaux choisissent toujours in fine de miser sur l'économie qui leur paraît la plus forte. Pour eux, pas de doute, ce sont les Etats-Unis. Alors, oui, certains grognent: l'argent qu'ils prêtent, ne leur paraît pas assez rémunéré pour les risques qu'ils prennent - avec notamment  un dollar qui ne cesse de se déprécier. Bref, les mécontentements existent. Et on entend brandir alors la menace du  découplage des économies.  La Chine pourrait prendre le relais et devenir le moteur de la croissance mondiale.

Pourtant, lorsque tout nous portait à croire que l'économie chinoise allait prendre son indépendance au moment de l'éclatement de la crise, aucun signe manifeste n'est apparu. Aujourd'hui, la Chine attend patiemment que son premier partenaire commercial se remette à consommer. Les pays émergents ont encore besoin du commerce américain pour se développer.

Pour l'économiste en chef du FMI, la reprise nécessite un rééquilibrage des comptes courants. Il faut que les pays à forts excédents puissent recourir à la production externe. Comprendre: le chinois doit commencer à acheter américain et l'américain doit arrêter de s'endetter pour épargner.  C'est, semble-t-il, l'unique issue pour assurer une phase de croissance plus équilibrée et durable que les précédentes. L'Europe, pour sa part, doit continuer à ramasser les miettes de la croissance mondiale. C'est un acteur de troisième catégorie. Son économie ne représente une menace pour personne. Les Etats-Unis et la Chine sont tranquilles de ce côté-là. Le risque de découplage de l'économie européenne n'est jamais évoqué. Mais, cela ne choque personne.

Oriane Claire

Image de Une: Une roulette de casino  Bobby Yip / Reuters

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