Allemagne

C'est officiel, les locataires allemands ont le droit d'uriner debout

Temps de lecture : 2 min

Un petit garçon dans des toilettes pour hommes à Pékin, en 2013. REUTERS/Kim Kyung-Hoon
Un petit garçon dans des toilettes pour hommes à Pékin, en 2013. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

C'est un jugement de prime abord assez lunaire qui vient d'être rendu par un tribunal allemand, rapporte le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui reprend une dépêche de l'agence de presse allemande DPA. Saisi par un locataire, le tribunal d'instance de Düsseldorf a dû se prononcer sur un cas plutôt loufoque: le plaignant était accusé par le propriétaire du logement qu'il occupait d'avoir dégradé le sol en marbre de la salle de bain en urinant debout, et le propriétaire refusait donc de lui rendre les deux-tiers de sa caution de 3.000 euros.

S'appuyant sur l'expertise menée par un spécialiste, dont le rapport concluait que les dégradations à la surface du marbre étaient imputables aux projections d'urine quotidiennes du locataire, le tribunal n'a pas mis en doute la véracité des faits, mais a donné raison au locataire, estimant, dans un verdict non dénué d'humour:

«Malgré la domestication de l'homme dans ce domaine, l'action d'uriner debout est encore tout à fait répandue. La personne qui a encore recours à cet usage autrefois dominant doit certes généralement s'attendre à avoir de temps à autre des conflits considérables avec ses colocataires –en particulier féminins–, mais pas à une corrosion du sol en marbre posé dans la salle de bain ou dans les WC réservés aux invités.»

Cette anecdote amusante en dit long sur la société allemande. Contrairement aux Français, où le sempiternel conflit entre utilisateurs masculins et féminins des toilettes repose souvent sur la lunette des WC –à relever ou à abaisser, selon le degré d'hygiène et de fainéantise des utilisateurs– les Allemands n'ont pas la culture du compromis dans ce domaine.

Chez les jeunes générations, il est tout à fait socialement accepté que les hommes eux-aussi doivent s'asseoir en toutes circonstances sur ladite lunette, comme en témoignent d'ailleurs ces innombrables modèles d'écriteaux rappelant les rebelles de la cuvette à l'ordre qu'il n'est pas rare de trouver dans les cafés, les restaurants, les bureaux, et même parfois chez les gens –et qui sont quasiment inexistants en France, où la culture du pisse debout semble avoir de longs jours devant elle.

Il n'en reste pas moins que «Sitzpinkler» («pisseur assis») reste une insulte assez prisée en Allemagne, au même titre que «Warmduscher» (expression qui signifie «celui qui se douche à l'eau chaude»), et qu'il y a toujours quelques voix masculines pour s'indigner de cet hygiénisme forcené de temps à autre. Comme par exemple le journaliste Axel Brüggemann en 2012 dans l'hebdomadaire Der Freitag, où il réagissait à un appel lancé par le ministre de l'Environnement taïwanais Stephen Shen, qui enjoignait ses concitoyens masculins à uriner assis pour améliorer la propreté des toilettes. Le journaliste allemand s'époumonait en ses termes:

«Alors qu'en Europe les hommes découvrent leur barbe de trois jours, portent le wild life look aux nues [...], nous devons désormais nous compliquer à nouveau la vie à déboucler la ceinture, à baisser le pantalon, à mettre du papier toilette sur la lunette et ensuite –au bout d'un moment– vider sa vessie? Lénine, Marx et Mao n'ont sûrement pas pensé à ça quand ils parlaient de révolution ou d'émancipation.»

Le privilège d'uriner debout n'est en tout cas plus uniquement réservé aux hommes outre-Rhin, où l'urinette, cette invention qui permet aux femmes elles-aussi d'uriner debout connait un certain succès depuis quelques années, et est même distribuée gratuitement dans certains festivals, garantissant aux femmes qui l'adoptent une utilisation des plus hygiéniques des toilettes traditionnellement immondes des festivals.

Annabelle Georgen Journaliste

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