Culture / Slatissime

Un vrai –beau– paravent, c'est ça

Temps de lecture : 2 min

Si vous pensiez que les paravents étaient des vieux trucs de grand-mère, vous faites erreur.

©xavier scheinkman
©xavier scheinkman

On ne vantera jamais assez l'art (si délicat) du paravent. Le vrai, s'entend, pas l'objet bringuebalant et vendu à la chaîne chez Ikea, mais ce petit joyau de technicité qui a enchanté l'histoire des arts décoratifs.

Inventé par les Chinois un millier d'années avant Jésus Christ, articulé par les Japonais au VIIIe siècle, tendu de cuir, de tissu ou tapissé par les Français au XVIIe siècle, il fait un retour remarqué.

Celui-ci, sorte de vision neo-Art déco du paravent, est né d'une collaboration entre la designer Anouchka Potdevin et le peintre en décor Alexandre Poulaillon.

atelier ©xavier scheinkman

Ce dernier a relancé la fabrication de ces papiers imprimés et coloriés appelés «papiers dominotés» ou «dominos» (de l'art de la dominoterie, née au 18e siècle), feuilles de papier décorées de petits motifs répétitifs, utilisées pour la couverture de livres en attente de reliure ou pour garnir des boîtes et des coffrets. Les contours des motifs étaient imprimés directement sur le papier vergé (pur chiffon et fabriqués à la main) au moyen d'une planche de bois gravée, avant d'être colorisés aux pochoirs ou peints à la main. L’invention du papier continu en rouleau en 1799 eu raison du papier dominoté: le 19e siècle fut celui de la tapisserie.

atelier ©xavier scheinkman

atelier ©xavier scheinkman

Deuxième étape de la collaboration Potdevin/Poulaillon (l'acte 1 avait été dévoilé à Paris quelques mois plus tôt). La designer avait depuis longtemps l'envie de se frotter à cette pièce de mobilier tout à fait particulière. «Ambivalent, le paravent dissimule autant qu’il suggère, sépare autant qu’il relie. Il s’adapte à l’espace et le module: il est inspirant parce que multiple» explique-t-elle.

atelier ©xavier scheinkman

Pour la Biennale Intérieur de Courtrai, Anouchka Potdevin a donc imaginé un paravent contemporain, composé de pans isométriques de métal, ensuite habillés d’une peau de papier «LeFoli», conçu et imprimé par Alexandre Poulaillon dans ses ateliers à Mulhouse.

atelier ©xavier scheinkman

Elodie Palasse-Leroux

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