Monde

Le voyage en ballon d'affiches de «The Interview» et de tracts pro-démocratie vers la Corée du Nord

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 21.01.2015 à 12 h 04

Repéré sur The Atlantic, The Wall Street Journal, The Daily Beast

Des opposants utilisent régulièrement des ballons dirigeables pour fournir des informations aux Coréens du Nord.

James Franco et Seth Rogen dans «The Interview» Via Allociné

James Franco et Seth Rogen dans «The Interview» Via Allociné

Kim Jong-un est colère. Le dirigeant nord-coréen, qui contrôle avec une main de fer toutes les informations qui transitent par ses frontières, a fort à faire avec un petit groupe d'irréductibles opposants. Depuis quelques années, ces expatriés et défenseurs des droits de l’homme envoient, via des ballons dirigeables, des informations sur le monde extérieur ou des messages demandant par exemple à ce que le régime du leader nord-coréen tombe, comme le racontait il y a peu The Atlantic. Une fois la frontière passée, des minuteurs crèvent le ballon pour que ces messages, inscrits sur des tracts ou dans des clés USB puissent être récupérés par les populations.

Cette technique agace tellement la dictature que son armée a promis «d’éliminer physiquement» ceux que le gouvernement nord-coréen appelait des «ordures humaines», comme le rappelait en juillet 2013 le Wall Street Journal. 

Park Sang-hak, «l’ennemi zéro» du régime dictatorial, est au cœur de cette opposition depuis la Corée du Sud. Depuis 2003, celui qui s’est échappé de son pays natal et a échappé à une tentative d’empoisonnement, a envoyé, avec l’aide d’associations, entre 60 et 80 millions de tracts.

Et les menaces ne les ont pas découragés. Avec le hack Sony et la polémique autour du film The Interview, une comédie où l’on voit deux journalistes se rendre en Corée du Nord pour assassiner Kim Jong-un, Park Sang-hak et la fondation des droits de l’homme ont saisi leur chance. Pour la campagne «Hack Them Back» («hackez-les en retour»), ils ont décidé de lever des fonds et espèrent à terme réussir à envoyer 100.000 copies du film en Corée du Nord sur DVD et clés USB. 

C’est ainsi que James Kirchick, de The Daily Beast, s’est retrouvé dans la zone démilitarisée près de la frontière nord-coréenne, pour assister au lancement des ballons.

A l’intérieur, une affiche inspirée de la comédie polémique, des tracts, et de l’argent pour aider les gens à s’enfuir de Corée du Nord.

«Une fois gonflés avec de l’hydrogène, raconte-t-il, les ballons ressemblaient à des préservatifs géants. Avec la bande-originale du film The Interview en fond sonore, et des chants “Mort à Kim Jong-un” et “Libérez le peuple de Corée du Nord”, nous avons lancé les ballons, cinq en tout, dans le ciel.»


L'un des ballons, poussé par le vent, est revenu vers le sud. Les quatre autres, qui contenaient 80.000 tracts, ont peut-être réussi leur atterrissage du bon côté de la frontière. «Si un seul de ces tracts trouve son chemin vers les yeux d’un citoyen nord-coréen, alors ça en valait la peine», conclut le journaliste.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte