Science & santé

«Deux jours après ma première fois, il m'a proposé que notre relation se résume à des échanges sexuels»

Lucile Bellan, mis à jour le 20.01.2015 à 18 h 34

Ask me no more, de Lawrence Alma-Tadema

Ask me no more, de Lawrence Alma-Tadema

«C'est compliqué» est une sorte de courrier du coeur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c'est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

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Je suis une jeune fille de 22 ans. Dans le cadre de mes études, j'ai été amenée à partir au Canada pour 6 mois en échange universitaire. Quelques mois avant, j'ai fait la connaissance d'un camarade de classe qui partait aussi au Canada. Notre séjour au Canada nous a rapprochés. Avant, nos échanges étaient restreints aux études et à l’organisation de notre séjour à l'étranger, pas plus.

Notre histoire a évolué. Peut-être parce que nous étions seuls dans un pays étranger, (même si pas dans la même ville canadienne). Je ne comprends pas comment il a pu m'attirer vers lui. Notre dernier jour au Canada s'est terminé par des baisers.

Pour moi, c'était une histoire close car chacun avait à reprendre sa route. Et non, l'histoire a continué. C'est fou ce que je me suis attachée à lui alors qu'on ne se voyait pas beaucoup. On s’envoyait plus de 100 sms par jour...

Installée à Paris, je le revois après 3 mois. Il fut mon premier. Je lui ai menti en disant que ce n'était pas ma première fois, mais ma douleur fut remarquable.

2 jours après, il m'avance le fait que je suis trop attachée à lui, et propose que notre relation se résume à des échanges sexuels pas plus.

J'ai accepté ça mais au fur et à mesure tout a changé. On ne se voyait qu'une fois par mois avec pour seul et unique excuse: le travail.

J’y croyais encore mais je n’avais plus de fierté, j’étais toujours celle qui passait en second. J’ai préféré arrêter après un sale coup de sa part. Mais je me retrouve aujourd’hui à courir après alors que c’était l’inverse au début.

Je souffre aujourd'hui, je n'arrive pas à l'oublier, j'en pleure à chaque fois mais j’ai préféré rester dans mon silence, tout laisser pour moi et prendre mes distances. Je peux vous dire que je suis très mal, que me conseillez-vous?

Sara

Chère Sara, bienvenue sur le marché de l’amour et du sexe en 2015. 

Vous faites l’apprentissage difficile des relations entre les hommes et les femmes et vous le faites de la manière la plus dure possible. Cela ne signifie pas qu’il faut perdre confiance. Le jeu consiste justement à vous lancer à corps perdu dans les aventures et les bluettes dans l’espoir d’en trouver enfin un qui vaut la peine. Cela sera peut-être le prochain, cela sera peut-être le 25ème. Je conçois que c’est peut-être dur à lire ou à entendre mais c’est la vérité. 

Il y a, aujourd’hui, peu de place pour le romantisme ravageur et le dépucelage n’est rarement plus qu’une formalité. Profitez d’une soirée un peu arrosée, ça délie les langues, pour en parler avec vos amies les plus proches. Demandez-leur de raconter leurs premières fois. Vous serez surprise de ce que vous allez entendre. Dans quelques années vous pourrez dire «je me suis fait dépuceler par un connard qui m’a jetée juste après» et, en plus d’être une histoire tristement banale, ce sera votre médaille. Votre première décoration dans ce combat, cette guerre qu’est l’amour contemporain. 

Avec les années, vous aurez vos cicatrices et vos blessures, vos faits de gloire, vos marques de bravoure, vous aurez gagné des batailles et en aurez perdu. Il faut le faire la tête haute. Moi-même, je suis fière de mes échecs, ce sont aussi eux qui ont construit la femme que je suis aujourd’hui. Ils construiront la femme que vous serez plus tard, plus sûre d’elle et à l’écoute de ses besoins que ce n’est le cas maintenant, je l’espère.

Vous devez savoir que ce qui est beau et triste avec le premier amour, c’est que ce n’est jamais celui qui dure. Il en va de même pour la première fois. À bien y réfléchir, je ne dois pas connaître plus de 2 personnes en couple avec leur première fois. Et ce n’est pas un mal! Il faut vivre, il faut expérimenter, pour connaître et vous connaître.

Ne souffrez pas pour celui qui vous a déjà oubliée. Savez-vous même pourquoi vous êtes triste? Il n’y a pas à espérer revenir avec lui, qui ne vous a pas respectée et ne vous respecte pas. C’est le moment de réfléchir à ce qu’il vous a apporté, aux bons moments, aux délicieux frissons. Ne gardez au fond de votre cœur que le meilleur. De façon évidente, ce n’était pas le bon. Il ne sert à rien de vous reprocher ou de lui reprocher votre manque de compatibilité. Vous avez souffert fort et vous allez vous relever. Plus forte pour la prochaine fois, prête à être heureuse à hauteur de vos souffrances passées. 

Lucile Bellan
Lucile Bellan (173 articles)
Journaliste
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