Culture

La pauvreté n'a pas sa place à la télé

Temps de lecture : 2 min

«Paris», ©Arte
«Paris», ©Arte

Dans un long article repéré par Reader, Télérama se penche sur la façon dont la pauvreté (n') est (pas) représentée dans la fiction télé française: en 2013, sur l'ensemble des personnages indexés, 55% appartiennent à la catégorie CSP+, qui ne représente en réalité que 21% de la popu­lation française. Et les ouvriers ne représentent qu'1% des personnages de fiction contre 9% dans la société.

Un problème baptisé Télénie par les historiens du cinéma Noël Burch et Geneviève Sellier qui décrivent, un «pays heureux», sur lequel ils ont publié une étude. Ils expliquent:

«En Télénie, la pauvreté a pratiquement disparu : ce pays est peuplé d'une vaste couche moyenne, des logements décents y sont à la portée de tous, les "problèmes d'argent" au quotidien sont rarissimes et s'il y a quelques chômeurs, ceux-ci sont si qualifiés qu'ils ne tardent pas à retrouver un emploi. Nous n'avons vu qu'un ou deux SDF ou autres signes publics de la misère si courants chez nous.»

Virginie Brac, scénariste (Engrenages notamment) explique que pour sa nouvelle série Paris, diffusée sur Arte, la chaîne a voulu réduire la durée des épisodes: «devinez dans quoi ils ont coupé. Dans le rôle de la femme de ménage et celui de la conseillère de communication d'origine antillaise! (...) Rien ne nous oblige à faire du Zola tous les soirs : c'est le rôle de la fiction de sublimer, d'insuffler du romanesque, de soulever des questions. Mais aujourd'hui, les chaînes ont peur de tout.»

Différentes explications se juxtaposent: le règne du marketing, le manque d'audace, les milieux sociaux plus privilégiés dont sont issus beaucoup de scénaristes...

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