Culture / France

Virginie Despentes: «Je crois que ce régime des armes et du droit à tuer reste ce qui définit la masculinité»

Temps de lecture : 2 min

Lors d'une opération du GIPN le 8 janvier 2015 à Corcy REUTERS/Christian Hartmann
Lors d'une opération du GIPN le 8 janvier 2015 à Corcy REUTERS/Christian Hartmann

La romancière Virginie Despentes, qui a sorti récemment son nouveau roman, Vernon Subutex sur un ancien discaire qui sombre, sur la fin d'une génération, sur la naissance d'une nouvelle, sur le monde contemporain, a réagi dans les Inrocks à l'attentat contre Charlie Hebdo, aux événements de cette semaine-là.

Elle dit que, comme tout le monde, elle a d'abord eu une phase d'amour, de «plane intense». Et puis elle s'est remise à la vie, et elle s'est remise debout, sur son fil de pensée: et elle s'est remise à penser à la masculinité. Elle la perçoit comme une grille de réflexion possible des événements:

«On a tous nos obsessions. (...). La mienne, c’est la masculinité. Je crois que ce régime des armes et du droit à tuer reste ce qui définit la masculinité. (...)

Parce que c’est ça, au final, ce que nous vivons depuis une semaine: les hommes nous rappellent qui commande, et comment. Avec la force, dans la terreur, et la souveraineté qui leur serait essentiellement conférée. Puisqu’ils n’enfantent pas, ils tuent. C’est ce qu’ils nous disent, à nous les femmes, quand ils veulent faire de nous des mères avant tout: vous accouchez et nous tuons. (...) Et je n’ai pas entendu un seul homme se défendre de cette masculinité, pas un seul homme s’en démarquer– parce qu’au fond, toutes les discussions qu’on a sont des discussions de dentelière.

Sinon, la seule préoccupation qu’on aurait, aujourd’hui, pour imaginer un futur différent, ce serait –puisque tous les dirigeants sont là, discutons: quand et comment ferme-t-on les usines d’armement. Quand et comment en finit-on avec votre merde de masculinité, qui ne se définit que sur la terreur que vous répandez?

Un peu plus haut dans son texte elle disait: «C’est un dialogue qu’ils ont entre eux. Ce sont les hommes qui veulent la guerre. Je comprends qu’on me réponde "ne mélange pas tout". Mais il faut comprendre qu’en moi tout se mélange. (...) Je crois que ce dialogue cacophonique est international, c’est celui des gens convaincus que les civils non armés doivent vivre dans la terreur»

>> Lire l'article des Inrocks

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