Boire & manger / Santé

Les Suisses vont-ils manquer d'iode?

Temps de lecture : 2 min

L'office fédéral de la sécurité alimentaire essaye en tous cas de trouver de nouvelles idées pour que les gens consomment plus d'iode.

Salt-(sea)_B130623/ Dubravko Sorić via Flickr CCLicence By

Les Suisses risqueraient de souffrir d’une carence en iode, cet oligo-élément essentiel pour le corps humain. La Commission fédérale de l’alimentation (COFA) a constaté que la consommation d’iode de la population s’était détériorée dans les dernières années (et c’est entre autres dû à une baisse de la consommation de sel). Et selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), l’apport journalier est déjà insuffisant pour 14% des femmes en Suisse.

Du coup, pour prévenir ces carences, Alain Berset, Conseiller fédéral suisse, a demandé l’année dernière aux producteurs helvétiques d’augmenter encore la teneur en iode de 20 à 25 microgrammes par 100 grammes de sel.

Grâce à l'adjonction progressive d’iode dans le sel de cuisine commencée dans les années 1920, la Suisse a éradiqué des maladies des montagnes autrefois répandues et liées au manque d'iode, comme le goitre ou le crétinisme. Le Temps racontait l’histoire de ces «maux d’un autre siècle» en mars dernier. Et comme l’explique l’OSAV:

«En Suisse, les sols ainsi que les produits agricoles qui en sont issus sont pauvres en iode et notre pays fait partie des régions du monde où sévit une carence d’iode. La population suisse consomme relativement peu de poissons et de fruits de mer, qui constituent la principale source naturelle en iode».

Le problème avec ce sel de cuisine enrichi en iode, c’est que les Suisses devraient normalement encore réduire leur consommation moyenne de sel, selon les recommandations de l’OMS. Alors l’OSAV a commencé à expérimenter de nouvelles idées pour faire manger de l’iode aux Suisses. Parmi les pistes étudiées par une équipe de chimistes, explique La Tribune de Genève cette semaine, il y a les produits d’origine animale.

Par exemple, si les fourrages sont enrichis avec de l’iode, l’oligo-élément passe ensuite dans le lait des vaches. C’est une bonne source, mais insuffisante selon Vincent Dudler, chef de la division évaluation des risques à l’OSAV et chargé de faire de nouvelles propositions.

Autre voie explorée: le fromage, grâce à l’utilisation de saumure iodée. Ou encore les graisses, beurre et margarine, largement consommées et ayant donc «le profil idéal pour une «mule» à iode».

Vincent Dudler explique à la Tribune de Genève:

«Le processus est plus complexe, mais on serait capable d’ioder des graisses de manière efficace. Car l’iode n’est pas éternel dans le sel, il a tendance à disparaître, mais il serait fixé définitivement dans les graisses.»

Les propositions concernant ces pistes seront faites d’ici un an. Cette politique de santé publique demeure bien sûr basée sur la bonne volonté du consommateur de manger sa dose d'iode: il est par exemple tout à fait possible en Suisse d'acheter du sel «nature».

Slate.fr

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