Culture

Les Oscar ont un problème avec les femmes, mais il y a de l’espoir

Temps de lecture : 2 min

La liste des nominations pour les Oscar 2015 le montre une nouvelle fois: l’Académie a un problème avec les femmes.

La réalisatrice de «Selma» Ava DuVernay avec l'équipe du film. Via Allociné
La réalisatrice de «Selma» Ava DuVernay avec l'équipe du film. Via Allociné

Jeudi 15 janvier, alors que l’acteur Chris Pine et la présidente de l’Académie Cheryl Boone Isaacs égrènent les nominations pour l’édition 2015 des Oscar, les personnes présentes dans la salle ont encore une fois assisté à un triste constat: les femmes se font difficilement une place dans la machine Hollywood.

Slate.com évoque notamment la non-nomination d’Ava DuVernay, réalisatrice du film indépendant Selma, qui retrace le combat de Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens.

«Elle aurait été la première femme noire à être nommée pour l’Oscar de la meilleure réalisation, et la cinquième femme, après Lina Wertmüller pour Pasqualino, Jane Campion pour La leçon de piano, Sofia Coppola pour Lost in Translation, et Kathryn Bigelow pour Démineurs

Selma a pourtant été sélectionné pour l’Oscar du meilleur film, ce qui souligne un autre paradoxe: si un film réalisé par une femme peut être nommé, cette dernière le sera rarement. Amanda Hess cite notamment le film Slumdog Millionnaire, réalisé par Danny Boyle et Loveleen Tandan. Si elle-même dit que ce film est principalement l’œuvre de son collègue, beaucoup estiment qu’elle aurait dû être nommée aux côtés de Danny Boyle, qui a fini par remporter la statuette.

La journaliste Melissa Silverstein de Indie Wire refuse pourtant toute résignation.

«Même si ce jour est dévastateur, ce n’est pas le jour des résignations. Au lieu de ça, c’est un jour d’affirmation, celui du besoin de continuer à pousser vers la parité dans le business du divertissement.»

Pour beaucoup, le problème de fond réside effectivement dans la prédominance des hommes-blancs-âgés dans les votants pour les Oscar. En 2012, le LA Times expliquait qu’il y avait 94% de blancs et 77% d’hommes. «Le problème central est que les réalisatrices et leur travail sont vraiment désavantagés à Hollywood, des parrainages aux financements en passant par les récompenses», note Amanda Hess sur Slate.com.

Malgré ce constat, il y a-t-il encore de quoi espérer? La journaliste Aisha Harris de Slate.com pense que oui.

«Les “histoires de femmes” nuancées et bien accueillies gagnent peu à peu la reconnaissance des récompenses, même si ce n’est pas encore le Meilleur film.»

Elle cite alors Reese Witherspoon, nommée pour Wild, Marion Cotillard pour Deux jours, deux nuits, ou encore Rosamund Pike pour Gone Girl. A chaque fois, la femme est placée au centre du film, et pas pour graviter autour des rôles masculins.

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